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Signes : une perte du tissu osseux

"L'os est un tissu vivant : il est détruit et se reconstitue en permanence, c'est ce que l'on appelle le remodelage osseux. Mais à partir d'un certain âge, la balance se déséquilibre dans le sens de la destruction", explique le Pr Philippe Orcel.

L'ostéoporose serait donc une fatalité ? Non. L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) définit l'ostéoporose par rapport à un seuil de déviation standard (DS), calculé en regard de la masse osseuse moyenne d'un individu au moment où son capital osseux est au maximum (16 ans pour une fille, 18 ans pour un garçon). Ainsi, si votre masse osseuse obtient un score situé au-delà de -2,5 points, l'ostéoporose est avérée, alors qu’entre -1 et -2,5 on parle d'ostéopénie.

Ostéoporose : un mécanisme invisible

"On parle à propos de l'ostéoporose, 'd'épidémie silencieuse'", souligne le Pr Philippe Orcel. "Un terme que je n'aime pas beaucoup parce qu'il exprime une sorte de fatalité. Or si le vieillissement normal entame effectivement le capital osseux, on peut fort bien vivre très longtemps avec des os solides.

Cependant, il est vrai que l'ostéoporose évolue lentement et que, lorsqu'elle se manifeste, le problème est déjà installé. C'est pourquoi il est important que les médecins sachent dépister les facteurs de risques : squelette léger, carences en vitamine D, en calcium, tabac, alcool, sédentarité, antécédents familiaux d'ostéoporose, prise de certains médicaments comme les corticoïdes."

La douleur n'est pas un signe d'appel

Contrairement à une idée reçue, "la raréfaction osseuse est indolore, précise le Pr Philippe Orcel. "Sauf en cas de fractures vertébrales qui peuvent être ponctuellement très douloureuses, l'ostéoporose passe totalement inaperçue." La douleur peut être en revanche un signe d'autres maladies osseuses : une ostéomalacie (un ramollissement des os dû à une carence de vitamine D chez les sujets âgés), un myélome ou un lymphome. Une colonne vertébrale douloureuse peut aussi plus banalement être la conséquence d’une arthrose, très fréquemment en cause.

Ostéoporose : une perte de taille de plus de 4 cm

"L'ostéoporose fragilise les os et notamment les vertèbres. Celles-ci peuvent se fracturer, provoquant parfois une douleur vive qui va durer quelques temps. Mais la personne ne va pas forcément consulter. Elle s'alitera peut-être, accélérant ainsi la perte osseuse ; ce qui pourra entraîner à terme une autre fracture", explique le Pr Philippe Orcel.

Ces atteintes provoquent un affaissement des vertèbres et donc une perte de taille. "C'est pourquoi il est important de mesurer les patients en dépistage. On leur demande quelle était leur taille habituelle et l'on compare. Au-dessus de 4 cm de différence, il faut pratiquer des examens."

Une cyphose est-elle un signe d'ostéoporose ?

La cyphose est une déformation de la colonne vertébrale et peut être une conséquence de la fracture vertébrale. "Dans ce cas, on peut observer une modification de la posture associée à la perte de taille : la personne se voûte, le ventre est projeté vers l'avant ce qui entraîne des troubles digestifs (ballonnements, dyspepsie) et bien sûr un préjudice esthétique.

Ce tableau n'est pas forcément synonyme d'ostéoporose, il peut être associé à une arthrose par exemple, mais il doit conduire à prescrire des examens complémentaires."

Signes d'ostéoporose : la fracture du poignet

Tout le monde peut se casser le poignet en tombant mais, chez une femme ménopausée ou chez un homme suivant un traitement à base de corticoïdes, "cette fracture peut révéler une fragilité osseuse", note le Pr Philippe Orcel.

"Là encore un interrogatoire concernant les facteurs de risques peut éventuellement orienter vers une ostéoporose." La fracture est, en effet, la plus importante des complications de l'ostéoporose. "Les trois principales sont celles du poignet, du col du fémur et de la vertèbre. Elles peuvent avoir des conséquences graves."

Ostéoporose : qui consulter ?

Bien sûr, le rhumatologue est le spécialiste du squelette. Mais désormais le parcours de santé implique une première visite chez son médecin traitant qui vous adressera ensuite à ce spécialiste. Pour les femmes autour de la ménopause, la visite chez le gynécologue peut aussi être l'occasion d'un point sur les facteurs de risques d'ostéoporose.

Ostéoporose : quels examens ?

"En cas de perte de taille, la radiographie du rachis permet de repérer la ou les éventuelles fractures vertébrales", précise le Pr Philippe Orcel.

Des examens supplémentaires peuvent être prescrits qui permettent d'éliminer d'autres causes de déminéralisation du squelette : une analyse sanguine avec dosage de la vitesse de sédimentation, de la formule sanguine, du taux de vitamine D stockée (25OHD3) et de calcium dans le sang. "L'ostéodensitométrie permet de mesurer la masse minérale de l'os. Cet examen est utile dans certains cas, lorsque des facteurs de risques ont réellement été mis en évidence."

Ostéoporose : quels traitements ?

Il existe quatre types de médicaments spécifiques de l'ostéoporose. "Les bisphosphonates, freinent la perte osseuse, ce sont les plus anciens, ils sont administré par voie orale ou par administration intraveineuse, aux hommes comme aux femmes.

Les Serms agissent sur un plan hormonal, ils ont un peu moins d'efficacité sur la perte osseuse que les bisphosphonates, mais diminuent également les risques de cancer du sein ; leur utilisation est limitée aux femmes, en particulier à la soixantaine.

Le ranélate de strontium couvre l'ensemble du spectre puisqu'il est efficace autant pour stimuler la formation du tissu osseux que pour freiner sa destruction.

Enfin, le tériparatide, stimule la formation de tissu osseux et il est réservé aux situations sévères car il est cher et nécessite une injection quotidienne."

Ostéoporose : quels traitements pour demain ?

"Un nouveau traitement devrait être bientôt mis sur le marché : la première biothérapie pour traiter l'ostéoporose, annonce le Pr Philippe Orcel. Il s'agira d'un anticorps monoclonal, mis au point pour cibler la protéine impliquée dans la formation des ostéoclastes, ces cellules responsables de la résorption osseuse. Ce médicament présente un bon spectre d'efficacité et ne nécessite qu'une injection sous-cutanée tous les six mois."

Quand peut-on espérer voir le Denosumab (c'est son nom) prescrit aux patients ? "Lorsque les négociations seront terminées en ce qui concerne son prix et son remboursement, probablement dans les premiers mois de 2011."

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