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Une étape inéluctable de la vie d’une femme survient aux alentours de la cinquantaine : la ménopause. Cet événement est diagnostiqué lorsque les règles n’apparaissent plus depuis un an. Il arrive naturellement avec l’âge, lorsque les ovaires arrêtent de produire des œstrogènes et de la progestérone. Les règles finissent par s’estomper et l’ovulation cesse, rendant impossible toute grossesse.

Ménopause : un bouleversement physique et psychique

La sexologue Hélène Chassang explique : « C’est une nouvelle période de la vie. Il existe deux versants à la ménopause. Le versant biologique, qui signifie l’arrêt complet, irréversible, de la fonction reproductive et de la fonction endocrine. La femme n’a plus de stock de cellules reproductives, les ovocytes, et les sécrétions d’hormones ovariennes s’effondrent, engendrant changements physiologiques et modifications émotionnelles. Le deuxième versant de la ménopause est le passage critique de la personne qu’on appelle climatère. C’est un moment d’inquiétudes, de questionnements et de remise en cause qui peut être tout aussi difficile à appréhender. »

En d’autres termes, la femme traverse bien souvent une période de « crise existentielle » durant les mois (voire les années) qui suivent l’arrêt définitif des règles. En cause, la sensation de perdre son identité féminine, la peur de ne plus être désirable, le sentiment de vieillir inexorablement… Alors qu’elle est à une étape charnière de sa vie, de nombreuses questions et craintes se bousculent dans sa tête.

D’un point de vue strictement biologique, la ménopause entraîne également une baisse de libido, puisqu’elle se traduit par une chute endocrinienne. C’est un fait pour la plupart des femmes. Cependant, certaines vont ressentir cette baisse plus fortement que les autres. Pour celles qui le souhaitent, il est possible de parer cette diminution du désir.

Ménopause : repensez votre vie sexuelle ensemble

Quand vient l’heure de la ménopause, la vie sexuelle peut être différente, mais elle ne doit pas pour autant s’arrêter. Une chose est sûre toutefois : il faut se détacher de la quête de performance à tout prix (un conseil tout aussi valable avant cette étape de la vie). En effet, les effets du temps sur le corps entraînent une diminution sensorielle, et donc des orgasmes généralement moins intenses. Ces derniers ne doivent donc pas être un objectif en soi ; l’acte sexuel doit plutôt être envisagé comme un moment de partage, de plaisir à deux.

C’est pourquoi il est important d’en parler ensemble. Appréhender la ménopause ne doit pas être à la charge de la femme seule. Il s’agit de parler, de communiquer sur les envies de chacun. La sexologue indique que « certaines femmes peuvent profiter de cette période pour assumer le fait d’être moins intéressées par une vie sexuelle aussi active qu’auparavant. On peut aussi souhaiter s’épanouir dans d’autres domaines et se réinventer ailleurs, seule et en couple. »

De plus, les changements corporels comme une entrée du vagin plus étroite ou un retard de lubrification peuvent rendre la pénétration douloureuse. Il est alors important d’en discuter, pour s’aider d’un lubrifiant, par exemple, afin d’éviter les douleurs qui restent sur le long terme ou les cystites.

Être épanoui dans la vie pour l'être sous la couette

Une aide thérapeutique peut également être envisagée. La sexothérapie peut se faire seule ou en couple. Celle-ci vous permettra d’aborder les symptômes et les conséquences sur votre vie sexuelle et érotique, tout autant que cette nouvelle vie à créer ensemble. Peut-être faut-il déménager et quitter cette maison qui fait partie de la « vie d’avant », et aller s’installer à la campagne comme on l’a toujours rêvé ? Au-delà de repenser sa vie sexuelle, il faut repenser sa vie en globalité. Être épanoui dans la vie est essentiel pour l’être sexuellement.

Pour atteindre un meilleur épanouissement, il est notamment conseillé de (re)trouver une complicité au sein de votre couple, comme nous vous le détaillons à la page suivante.

Recréez des moments à deux, en dehors du lit conjugal

La complicité dans une relation participe beaucoup à retrouver sa libido. Hélène Chassang l’affirme : « Recréer des moments de qualité ensemble : fait qu’un couple va tenir sur la longueur. En dehors de la sexualité, c’est très important. »

Pratiquez de nouvelles activités ensemble, sortez, passez plus de temps avec l’autre, invitez votre partenaire au restaurant ou faites un repas à la maison… Vous pouvez aussi essayer d’être de nouveau dans la séduction. Pour cela, n’hésitez pas à surprendre l’autre, à vous renouveler et à bousculer votre quotidien en oubliant vos bonnes vieilles habitudes.

Le désir se cultive plus facilement lorsqu’il est question de nouveauté. Vous pouvez en discuter avec votre partenaire, mais vous pouvez également le surprendre en ajoutant un peu de piquant à votre vie commune.

Acceptez les changements naturels de votre corps

Il est parfois difficile de voir son corps changer. Lorsqu’on arrive à la ménopause, il est vrai, le corps n’est plus le même qu’à 30 ans. Mais rien ne sert de ruminer sur ce corps perdu, concentrez-vous plutôt sur vos nouveaux atouts. De toute façon, le changement est inéluctable.

Gardez à l’esprit que vous êtes toujours désirable. Les changements naturels de votre corps ne doivent pas être un frein pour faire l’amour avec votre partenaire. Un travail sur le lâcher-prise peut être un bon allié pour les accepter.

Si ce cap vous semble trop grand pour le passer seule, une psychothérapie peut s’avérer très efficace. Surtout lorsque les troubles de l’humeur sont amplifiés par un sentiment de dévalorisation. C’est une manière de se prendre en main, de prendre soin de soi. Le pouvoir de la parole a des effets très forts. Mettre des mots sur vos souffrances, vos besoins, vos peurs et vos doutes va vous permettre de prendre de la distance, de se sentir assurée et acceptée.

Ménopause : les traitements médicamenteux qui facilitent la sexualité

Il existe également des traitements médicamenteux pour contrer la perte de l’ovulation ou pour corriger une sécheresse vaginale.

Un traitement hormonal substitutif de la ménopause (THM) peut être proposé par le médecin traitant ou le gynécologue. Ce traitement associe œstrogène et progestatif. Le premier intervient sur les modifications hormonales associées à l’arrêt de la fonction ovarienne et prévient également l’ostéoporose. Le second diminue le risque de cancer du col de l’utérus.

Ce traitement peut être proposé, s’il n’y a pas de contre-indication, aux femmes dont la ménopause entraîne des troubles qui altèrent leur qualité de vie familiale, sociale ou professionnelle (bouffées de chaleur, sécheresse vaginale, sautes d’humeur, troubles du sommeil, incontinence…). Mais aussi aux femmes confrontées à une ménopause précoce. Enfin il peut être donné pour prévenir la perte de densité osseuse qui conduit à l’ostéoporose et aux fractures qui vont avec.

Enfin, la sexologue conseille : « La femme ménopausée va devoir affronter tous ces changements, accepter et s’approprier cette nouvelle image de soi. Les symptômes traités, la crise climatère prise en charge, on peut avoir une vie pleinement épanouie. C’est l’occasion de définir de nouveaux objectifs, de pratiquer de nouvelles activités, de réaliser ses rêves, de réinventer son couple et d’imaginer sa sexualité. Et si c’était finalement l’opportunité pour une vie plus fertile et féconde ? »

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Sources

Merci à Hélène Chassang, sexologue et thérapeute de couple. 

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