Chaque année en France, entre 25 000 et 68 530 cas de maladie de Lyme sont diagnostiqués dans l’Hexagone après la piqûre d’une tique, d’après Santé publique France. Aujourd’hui, la tique est même devenue le premier vecteur de la pathologie. En effet, la salive transmise lors de la morsure contient de multiples agents pathogènes (bactéries, virus...) qui infectent l’organisme de l'hôte.

Pour rappel, la maladie de Lyme est une maladie infectieuse due à la bactérie Borrelia burgdorferi, d’où son nom de borréliose. Elle touche le système nerveux et le corps dans sa globalité. Elle est par ailleurs difficile à diagnostiquer. D’une part, car les morsures de tiques passent facilement inaperçues et d’autre part, les premiers signes de la pathologie sont des symptômes grippaux banals qui peuvent retarder le diagnostic.

Maladie de Lyme : une carte pour repérer les zones les plus à risque

Pour réduire le risque d’exposition aux tiques, une équipe regroupant des chercheurs de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), l’Institut national d'enseignement supérieur et de recherche VetAgro Sup, l’Anses et le Cirad, ont analysé le risque lié à la tique Ixodes ricinus, “principale vectrice d’agents pathogènes en France et en Europe”.

Leurs résultats, publiés dans Geospatial Health et Scientific Reports, ont donc permis de développer à la fois une carte indiquant les zones les plus favorables à la présence et l’activité des tiques, mais aussi un modèle pour prédire les moments les plus à risque en fonction des saisons et de la météo.

“La France offre un climat et des conditions favorables à la multiplication des tiques Ixodes ricinus sur la quasi-totalité du territoire (à l’exception du climat méditerranéen qui lui est défavorable)”, indique une chercheuse de l’INRAE auprès de Medisite. “Il faut donc rester vigilant partout en France dès lors qu’on fréquente des espaces verts en période d’activité de cette tique (surtout le printemps et l’automne).”

Néanmoins, selon l’experte, de nombreux départements sont davantage exposés aux tiques “notamment dans le Grand Est, le Centre en rejoignant le Sud-Ouest.”

Tiques : les lieux à connaître pour éviter leur morsure

La tique est un arachnide acarien très présent en Europe et aux États-Unis. Pour favoriser son développement et sa reproduction, elle se nourrit du sang de l’hôte qu’elle a mordu. Les petits mammifères comme les rongeurs, les chiens ou les chats sont ses proies favorites. Toutefois, l'Homme qui empiète régulièrement sur l’habitat naturel de l’insecte est aussi de plus en plus exposé au danger des piqûres.

“L’activité et le cycle de vie des tiques dépendent de nombreux facteurs environnementaux tels que le climat (océanique, méditerranéen, continental…), l’altitude, l’occupation du sol (forêts, prairies, zone urbaine…) ou la présence d’hôtes pour leurs repas”, expliquent les chercheurs dans leur communiqué. Généralement, les lieux les plus prisés par les tiques sont :

  • Les forêts et les zones boisées
  • Les points d’eaux : l'humidité des lieux tels que les lacs, les étangs et les mares, favorise l'abondance des tiques
  • Les prairies : haute et dense, l'herbe des prairies permet aux tiques de s'accrocher facilement sur les animaux de bétail. Les sols des champs grouillent également de petits mammifères (rats, souris, musaraignes…)
  • Les parcs et les jardins
  • Les herbes et les buissons côtiers

Cette carte, mise en ligne par l’INRAE, a pour but de mieux prévenir la présence des tiques, ce qui permet notamment aux pouvoirs publics de mieux alerter sur les dangers, notamment dans les zones à risques. Mais celle-ci est également destinée au grand public. En effet, elle permet à ceux qui le souhaitent de vérifier que le lieu de leurs prochaines vacances ou de leur prochaine randonnée n’est pas infesté de tiques.

Morsure de tiques : quels sont les bons réflexes ?

Si vous vous faites piquer par une tique, il est précisé sur le site de l’assurance maladie “qu'il est important d’extraire le ou les tiques le plus vite possible. En effet, si la tique est porteuse de la bactérie Borrelia, le risque de transmission de cette bactérie, responsable de la maladie de Lyme, augmente avec la durée d'attachement de la tique à la peau”.

Pour cela, il est important d’avoir les bons réflexes :

1- Retirez l’insecte à l’aide d’une pince ou d’un tire-tique. Attention, veillez à ne pas briser la tête et à ne pas appuyer sur l’abdomen. Cela pourrait augmenter le risque d’infection.

2- Désinfectez la morsure. Pour cela, utilisez un coton et du désinfectant afin de nettoyer le lieu de la morsure et éviter une inflammation douloureuse.

3- Consultez un professionnel de santé en cas de plaques rouges circulaires autour du point de morsure. Ces traces pourraient être les premiers symptômes visibles de la maladie de Lyme.

Sources

https://www.inrae.fr/actualites/cartes-meteo-tiques-france-metropolitaine

https://www.ameli.fr/assure/sante/urgence/morsures-griffures-piqures/morsure-tique-maladie-de-lyme-que-faire

https://www.ouest-france.fr/leditiondusoir/2022-06-13/ou-risquez-vous-le-plus-de-vous-faire-piquer-par-des-tiques-en-france-une-carte-inedite-le-revele-6b7d0e1e-9c76-4dee-9f9b-e4403cea8dad

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