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L'hyperhidrose, quand le corps sue trop

Mécanisme naturel, la sueur, produite par les glandes sudoripares, devient handicapante lorsqu'elle est excessive. On parle alors d'hyperhidrose, soit une production de sueur supérieure à la quantité nécessaire à la thermorégulation. « Dans 90 % des cas, on ne trouve pas de causes à une sudation excessive, on dit alors qu'elle est primaire ou idiopathique », note le dr. Faïza Bossy, médecin généraliste à Paris.

La génétique pourrait toutefois en partie l'expliquer, sans qu'aucun lien direct n'ait été toutefois mis à jour. « Il y a très certainement un terrain familial dans l'hyperhidrose. Un enfant a 80 % de chances de souffrir d'hyperhidrose s'il a un père et une mère qui en souffrent », ajoute la praticienne. Dans ce cas de figure, l'hyperhidrose est le plus souvent localisée. Elle ne touche que certaines zones du corps - les mains, les pieds, les aisselles ou le front. « Ce n'est pas une pathologie très fréquente, souvent très supportable, mais parfois insupportable », note la généraliste.

Quand l'hyperhidrose est secondaire

Quand l'hyperhidrose est secondaire © Istock

Une transpiration excessive est souvent ponctuelle. Liée à un épisode fébrile, cette sudation est alors un symptôme, déclenché par une température élevée. Elle est alors dite secondaire. En temps normal, la température corporelle est régulée par une glande située dans le cerveau, l 'hypothalamus. Par différents mécanismes, cette glande assure la thermorégulation du corps grâce à la transpiration, qui apporte de la fraicheur à la peau par l'évaporation de la sueur. Toutefois, en cas d'infection, les cellules de défense de l'organisme la détectent et envoient un signal à l'hypothalamus qui fera alors monter la température du corps. La fièvre, qui est alors à l'origine de l'excès de sueur, servirait à défendre l'organisme contre cet agent pathogène. Aisément identifiable, cette transpiration en grande quantité disparaîtra en même temps que la température élevée du patient et ne nécessitera pas d'exploration plus poussée.

Toutefois, d'autres pathologies donnent chaud et provoquent des coulées de sueurs. « Dans 10 % des cas, surtout lorsqu'elle est généralisée – que l'ensemble du corps transpire de façon excessive -, l'hyperhidrose est secondaire à une maladie et il faut chercher la cause », affirme Faïza Bossy. « Dans un contexte généralisé et associé à d'autres signes, l'hyperhidrose est le symptôme le plus marquant et le plus facile à décrire pour les patients », ajoute la praticienne.

Quelles sont les causes pathologiques possibles d'une transpiration excessive ?

Quelles sont les causes pathologiques possibles d'une transpiration excessive ? © Istock

Un certain nombre de maladies peuvent être à l'origine d'une transpiration excessive. À savoir :

  • L'hyperthyroïdie : « Il s'agit d'un fonctionnement anormal de la glande thyroïde, qui secrète trop d'hormone thyroïdienne. L'hyperthyroïdie peut être à l'origine d'une tachycardie, d'une augmentation de la température et d'une hyperhidrose », explique le Dr. Faïza Bossy.
  • L'obésité : « Le surpoids et l'obésité sont des facteurs de risques, ce sont des personnes qui suent souvent davantage que la moyenne, notamment au niveau des plis », commente la généraliste. Le tissu adipeux agissant comme une barrière contre le froid, la température du corps peut monter plus facilement chez les personnes en surpoids.
  • Le diabète : « Bouffées de chaleur et hyperhidrose signent souvent l'entrée dans la maladie. Les patients boivent énormément, souffrent de bouffées de chaleur et suent à grosses gouttes. Ce sont d'ailleurs ces signes qui nous aident à nous orienter vers le diagnostic », précise le médecin.
  • L'alcoolisme chronique peut aussi être à l'origine de bouffées de chaleur.
  • Des infections chroniques comme la tuberculose génèrent une transpiration généralisée.
  • Certains cancers : « les cancers à l'origine d'une hyperhidrose sont des cancers qui déséquilibrent la balance hormonale et dérégulent ainsi la température corporelle. Il s'agit notamment des cancers de l'ovaire, de l'utérus, de la prostate et de la thyroïde », énumère notre experte.
  • Des tumeurs ou lésions neurologiques : « L’hypothalamus régule notre température corporelle. Si cette région du cerveau ou le système nerveux sympathique est touchée par une tumeur, cela peur alors provoquer une sensation de chaleur et une hyperhidrose », développe Faïza Bossy.
  • La maladie de Parkison : les sueurs et bouffées de chaleur sont des troubles parfois associées à la maladie.
  • Sur le plan psychiatrique, les troubles anxieux (anxiété, angoisse, panique, phobie...) et le stress se manifestent par un large faisceaux de symptômes qui varient d'une personne à l'autre. Parmi eux, l'hyperhidrose et les bouffées de chaleur sont rapportées par de nombreux patients.
  • La ménopause : « Les bouffées de chaleur et le fait de suer à grosses gouttes sont vraiment les symptômes les plus décrits par les femmes qui atteignent l'âge de la ménopause. Ces symptômes sont liés à une chute des oestrogènes, un déséquilibre hormonal dérègle la température corporelle », décrit Faïza Bossy. La ménopause n'est évidemment pas une maladie. Toutefois, elle est à l'origine de troubles qui nécessitent un traitement. Notons que la grossesse peut également entraîner un déséquilibre hormonal pouvant provoquer une hyperhidrose.
  • Certains médicament s provoquent également une transpiration excessive généralisée, « il s'agit surtout de certains anti-dépresseurs ».

Quels traitements ?

Quels traitements ? © Istock

« En premier lieu, il s'agit de déterminer de quel type d'hyperhidrose souffre le patient. » S'agit-il d'une hyperhidrose généralisée ou localisée ? Les traitements ne seront pas les mêmes en fonction de l'hyperhidrose mise en cause. « Lorsqu'elle est généralisée, il faut chercher la cause sous-jacente. On traite donc la cause et les traitements varient en fonction de cette cause », observe notre experte.

En cas d 'hyperhidrose primaire, dont on ne connaît pas l'origine, le traitement dépendra du niveau de sudation et du ressenti du patient. Le Dr. Faïza Bossy dresse pour Medisite les différents traitements à disposition :

  • Les sels d'aluminium contenus dans les anti-transpirants bloquent l'activité des glandes sudoripares. « A long terme, il y aura une compensation ailleurs, sur une autre partie du corps ».
  • Les anticholinergiques : « il s'agit de médicaments à prendre par voie orale, à l'origine d'effets secondaires comme la bouche sèche et des troubles de la miction ». En cas d'hyperhidrose localisée, ce traitement peut aussi être appliqué sur la zone concernée.
  • La toxine botulique de sérotype A : « elle est injectée dans la région à traiter. C'est efficace mais l'effet est temporaire ».
  • La ionophorèse : « ce traitement consiste à faire passer du courant électrique dans la zone sujette à l'hyperhidrose ».
  • « Certains antidépresseurs sont également efficaces contre l'hyperhidrose généralisée. Mais ils peuvent être à l'origine d'une prise de poids et d'une apathie ».
  • Les traitements chirurgicaux : « Ce sont des traitements de dernier recours. Le premier consiste à sectionner, sous anesthésie générale, une partie du nerf sympathique dont dépend la transpiration. L'hyperhidrose peut dans certains cas se repositionner sur une autre zone, on parle alors d'hyperhidrose compensatrice. Une autre technique chirurgicale, sous anesthésie locale cette fois, consiste à retirer les glandes sudoripares ».

Sources

Remerciements à Dr. Faïza Bossy

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