Est-ce normal d’avoir les yeux qui pleurent ? 4 signes d’alerte !

Publié par Edouard Korvaul
le 08/02/2026
yeux qui pleurent
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Vous avez les yeux qui pleurent parce qu’il y a du vent ? Pas d’inquiétude. Mais si vos yeux pleurent de manière excessive sans raison apparente, ce peut être le signe d'un canal lacrymal obstrué ou une infection nécessitant une consultation rapide.

Avoir les yeux humides en coupant des oignons ou face au vent est une réaction naturelle. Cependant, lorsque les larmes coulent en permanence sur la joue sans stimulus extérieur, on parle de larmoiement chronique. Ce phénomène, loin d’être anodin chez l’adulte, traduit souvent un dysfonctionnement mécanique de l’œil qu’il faut identifier pour éviter une complication infectieuse.

Larmoiement excessif : la distinction entre production et drainage (épiphora)

L'épiphora se définit techniquement comme un déséquilibre entre la fabrication des larmes et leur évacuation vers le nez. Deux scénarios existent : soit l’œil en produit trop (hyper-sécrétion), soit le système de drainage est défaillant. Il est fréquent de confondre ce symptôme avec une allergie saisonnière. Pourtant, la conjonctivite allergique s'accompagne quasi systématiquement de démangeaisons intenses (prurit), absentes dans le cas d'un simple blocage.

Paradoxalement, une sécheresse oculaire peut provoquer ce larmoiement. L’œil, irrité par la mauvaise qualité du film lacrymal, déclenche une production "réflexe" de larmes pour tenter de se protéger, comme le soulignent les manuels MSD, les bibles médicales états-uniennes.

Qu’est-ce qui peut bloquer l'évacuation des larmes ?

Lorsque le problème vient du drainage, l'obstruction du canal nasolacrymal est souvent en cause. Ce rétrécissement des voies d'évacuation empêche le liquide de rejoindre les fosses nasales. Il peut survenir avec le vieillissement naturel, suite à des infections répétées ou après un traumatisme facial.

D'autres causes mécaniques sont liées à la position des paupières. L'ectropion (paupière tournée vers l'extérieur) empêche le point lacrymal de capter les larmes correctement. À l'inverse, l'entropion (paupière vers l'intérieur) entraîne un frottement des cils sur la cornée, générant une irritation constante et un excès de production de liquide.

Les 4 signes qui signalent un problème spécifique du canal lacrymal

Certains symptômes doivent vous pousser à consulter un spécialiste sans délai. Premier signe d'alerte : un gonflement rouge, chaud et douloureux à l'angle interne de l'œil. Cela peut être dû à une infection du sac lacrymal. Ce problème peut provoquer de la fièvre et nécessite une prise en charge rapide.

Deuxièmement, une pression sur cette zone enflammée peut entraîner un reflux de pus ou de liquide mucoïde par le point lacrymal, confirmant le blocage infecté. Troisièmement, soyez attentif si le larmoiement ne touche qu'un seul œil (unilatéral), car cela pointe vers une cause mécanique précise plutôt qu'environnementale. Enfin, si ce larmoiement s'associe à une baisse de vision ou des maux de tête intenses, consultez immédiatement pour écarter des pathologies sous-jacentes graves comme un glaucome ou une kératite.

Diagnostic et options de prise en charge : à quoi s’attendre ?

Si vous êtes concerné, consultez très rapidement. Le diagnostic ophtalmologique repose sur un examen clinique complet, incluant la recherche de malpositions palpébrales et parfois l'injection d'un liquide physiologique pour tester la perméabilité des voies lacrymales.

Face à une infection aiguë comme la dacryocystite, le traitement initial combine souvent des compresses chaudes et des antibiotiques. Si l'obstruction est chronique, une intervention chirurgicale nommée dacryocystorhinostomie (DCR) est souvent requise chez l'adulte pour créer un nouveau passage vers les fosses nasales. De même, les malpositions des paupières se corrigent chirurgicalement pour rétablir un drainage efficace.

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