“Cette étude vient s’ajouter à l’ensemble des preuves indiquant qu’une approche plus prudente de la consommation d’alcool est nécessaire”, a déclaré l’auteur principal de l’étude, le Dr Bethany Wong, de l’hôpital universitaire St. Vincent, à Dublin, en Irlande.

De nombreuses études ont en effet déjà montré les risques liés à la consommation d’alcool pour la santé. Hypertension artérielle, cancers, cirrhose, troubles cognitifs… Cette boisson aurait une influence sur le développement de plus de 200 pathologies. Dans cette nouvelle recherche, les scientifiques avancent que même à faible dose, la consommation de boissons alcoolisées pourrait être plus dangereuse pour le cœur que ce que l’on pensait auparavant.

Alcool : moins d’une bouteille de vin par semaine pour limiter les dégâts

“Pour minimiser le risque de l’alcool sur le cœur, si vous ne buvez pas, ne commencez pas. Si vous buvez, limitez votre consommation hebdomadaire à moins d’une bouteille de vin ou moins de trois canettes et demie de 500 ml de bière à 4,5 %”, a précisé le Dr Wong.

Dans ces travaux, les chercheurs se sont intéressés à savoir s’il existait un rapport entre la consommation d’alcool et les changements cardiaques chez les Européens à risque d’insuffisance cardiaque. En effet, pour ces personnes, le traitement repose en partie sur la gestion des facteurs de risque dont l’alcool fait partie. C’est pourquoi “la connaissance des niveaux de sécurité est cruciale”, ont indiqué l’équipe de scientifiques.

744 adultes de plus de 40 ans ont participé à l’étude, avec 53 % de femmes. Ils présentaient soit un risque de développer une insuffisance cardiaque due à un diabète, une hypertension ou une obésité, soit une pré-insuffisance cardiaque. Les anciens buveurs et patients souffrant déjà d’insuffisance ont été exclus de l’enquête.

Santé cardiaque : risques aggravés de 4,5 fois par les boissons alcoolisées

Pour établir leur analyse, les chercheurs ont classé les patients en fonction des unités d’alcool consommées chaque semaine. Plus de 14 unités d’alcool (c’est-à-dire 140 grammes, soit plus de deux bouteilles de vin à 12,5 % ou sept canettes de 500 ml de bière à 4,5 %) étaient consommées par les plus gros buveurs. Les chercheurs ont mesuré la fonction cardiaque par échocardiographie au début puis tout au long de l’étude.

Résultats ? “Dans le groupe pré-insuffisance cardiaque, par rapport à l’absence de consommation d’alcool, une consommation modérée ou élevée était associée à un risque 4,5 fois plus élevé d'aggravation de la santé cardiaque. La relation a également été observée lorsque les niveaux modérés et élevés ont été analysés séparément”, peut-on lire dans le rapport.

Le Dr Wong précise que cette étude suggère que “la consommation de plus de 70 grammes d’alcool par semaine est associée à une aggravation de l’insuffisance cardiaque ou à une progression vers une insuffisance cardiaque symptomatique chez les Européen”. Il ajoute qu’en plus, ils n’ont observé “aucun avantage d’une faible consommation d’alcool.”

Les scientifiques recommandent donc aux agences sanitaires des pays européens de préconiser des limites inférieures de “consommation d’alcool sans danger” chez les patients en pré-insuffisance cardiaque.

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Sources

https://www.sciencedaily.com/releases/2022/05/220523135032.htm

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