Variole du singe : “J’ai vécu une semaine atroce en termes de douleurs”Adobe Stock
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“J’ai eu mes premiers symptômes aux environs du 21 juin, avec de la fièvre et des courbatures très fortes”, explique Corentin Hennebert, auteur et metteur en scène pour une jeune compagnie de théâtre à Paris. Si le malade pense d’abord avoir été infecté par le Covid-19, de nouveaux symptômes le poussent à consulter les urgences médicales.

Monkeypox : “Une douleur très intense, très dure à vivre”

“Une gène au niveau de la muqueuse anale s’est assez vite transformée en douleur très intense, très dure à vivre. J’ai donc décidé de me rendre aux urgences trois jours plus tard, le 24 juin. Là-bas j’ai été ausculté et on m’a fait des prélèvements. Deux ou trois jours après j’ai eu les résultats confirmant une infection du virus de la variole du singe. C’était environ une semaine après le premier symptôme.”

“Quand l’hôpital m’a appelé pour me le confirmer, je suis tombé de haut, j’étais à des années-lumière d’imaginer ça.”

“Je n’avais quasiment pas entendu parlé de la maladie avant donc ça m’était totalement sorti de l’esprit. Donc quand l’hôpital m’a appelé pour me le confirmer, je suis tombé de haut, j’étais à des années-lumière d’imaginer ça.”

Corentin a fait partie des 440 premiers cas. À cette époque, Santé publique France faisait un tracing pour comprendre comment le virus se propageait. “J’avais eu une relation intime avec un seul homme cinq jours avant, donc c’est assez simple de savoir comment je l’ai attrapé. Mais comme la maladie est très visuelle et que cette personne ne présentait aucun symptôme, je n’avais pas du tout été alerté en la voyant.” L’incubation de la variole du singe peut aller de 5 à 21 jours, précise Santé publique France.

Au 28 juillet 2022, 1 955 cas de Monkeypox confirmés ont été recensés en France, avec 814 personnes infectées en Ile-de-France, soit 53 % des cas. Dans ce précédent article, la rédaction vous explique pourquoi la communauté gay est particulièrement touchée par ce virus qui n’est pas une maladie sexuellement transmissible.

“J’avais peur que ça me laisse des traces”

Corentin n’a eu “que” trois boutons, mais ils n’en restaient pas moins impressionnants. “J’en avais un énorme entre les deux yeux. C’est comme un gros bouton d’acné qu’on a trop touché et qui ne cicatrise pas. En plus ça fait croûte sur croûte et elles sont super contaminantes. J’avais peur que ça me laisse des traces donc j’ai essayé de ne pas trop y toucher, mais ça va c’était supportable.”

Pour sortir faire ses courses, l’agence de santé publique a conseillé au jeune malade de mettre des pansements sur les boutons et de porter des vêtements longs. “Ils m’ont aussi expliqué que je devais faire attention à bien jeter les croûtes emballées à la poubelle”, précise-t-il.

Mais ce sont les autres symptômes de la maladie qui ont le plus perturbé Corentin.

“J’ai perdu 7 kilos”

Corentin a dû s’isoler pendant trois semaines à partir de la date de prélèvement, mais c’est la première semaine qui a été la plus difficile à vivre. “J’ai vécu une semaine atroce en termes de douleurs, j’ai perdu 7 kilos en tout. J’ai eu de la fièvre, des courbatures, des ganglions au niveau de l’aine mais aussi des lésions anales. Je n’ai pas été suivi pendant ces trois semaines, mais on m’a prescrit de la crème anesthésiante et du tramadol, un puissant antalgique.”

A la fin de sa période d’isolement, le corps du Parisien de 27 ans présentait toujours des signes de la maladie. “Au bout des trois semaines, j’avais encore une boule de chair au niveau anal donc je suis retourné a l’hôpital pour être ausculté. Les médecins m’ont confirmé que je pouvais ressortir, et que ce symptôme pouvait durer plus longtemps.”

Aujourd’hui Corentin va bien et ne présente pas de séquelles de la maladie. Avec un groupe d’amis ayant aussi été infectés par le Monkeypox, il souhaite monter un groupe d’entraide et de prévention autour de la maladie.

Sources

Merci à Corentin Hennebert pour son témoignage

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