Infarctus silencieux : elle pensait faire une indigestion… c’était une crise cardiaque !

Souffrant de maux d’estomac, une mère de famille pensait faire une indigestion. C’était en fait le symptôme d’un infarctus “silencieux”. Plus tard dans la journée, elle est conduite à l’hôpital pour une seconde crise cardiaque.

La plus grande résistance des femmes à la douleur n’est pas toujours une bonne chose. Cela peut parfois retarder bien des diagnostics. En témoigne l’histoire de cette mère de famille, qui pensait faire une simple indigestion… Alors qu’en réalité, elle était victime d’une crise cardiaque.

En allant faire ses courses, Pat Burgess est prise d’une vive douleur

Trois ans plus tôt, en faisant tranquillement les courses avec son mari, Pat Burgess, une anglaise résidant à Birmingham, est frappée par une vive douleur du côté gauche. “J’étais assise dans la voiture, et la douleur remontait dans mon cou, jusqu’à mon oreille, et descendait dans mon bras”, se souvient-elle. “J’étais terrifiée, car c’était la pire douleur que j’ai jamais ressentie”.

Celle-ci était, en effet, si intense, que la maman de trois enfants la décrit comme “pire que l’accouchement”. Craignant qu’il ne s’agisse d’une crise cardiaque, son mari - Graham - la conduit rapidement aux urgences, dans l’un des hôpitaux de la ville où elle travaille comme femme de ménage.

“J’ai vu mes amis et mes collègues”, rapporte-t-elle à nos confrères du DailyMail. “C’était si étrange d’être là en tant que patiente”. Très vite, on la transporte jusqu’à un chirurgien cardiaque, qui l’examine. “Il voulait me faire un électrocardiogramme pour vérifier le rythme et l’activité de mon coeur, et un angiogramme pour vérifier si les artères étaient rétrécies ou obstruées”, rapporte la patiente de 53 ans.

La patiente avait subi deux infarctus dans la journée, dont un “silencieux”

Le praticien avait à peine commencé l’examen lorsque Pat ressent, à nouveau, une terrible douleur. “J’ai appelé une infirmière, j’ai tenu sa main… Puis tout est devenu noir”. Ce n’est que plusieurs heures plus tard que l’anglaise revient à elle, dans une salle de réveil. Au cours de cet épisode, la patiente est “décédée” quelques secondes, avant d’être ranimée par les médecins.

“J’ai ouvert les yeux et une infirmière m’a expliqué que j’avais eu un arrêt cardiaque, ce qui veut dire que mon cœur avait cessé de pomper du sang dans mon corps, conséquence d’une crise cardiaque que j’avais eu dans la voiture”, raconte-t-elle. “Je n’arrivais pas à réaliser. Graham était à mes côtés, il avait l’air terrifié”.

En réalité, Pat Burgess aurait même eu deux crises cardiaques ce jour-là : celle qui est survenu pendant sa virée shopping, et une autre plus tôt, vers 5h30 du matin, qu’elle avait simplement prise pour une indigestion. Un premier infarctus que les médecins qualifient de “silencieux”.

Crise cardiaque et arrêt cardiaque : quelle différence ?

Arrêt cardiaque et crise cardiaque sont deux choses différentes, mais le premier peut suivre la seconde. En effet, une crise cardiaque (ou infarctus) est due au rétrécissement des artères qui alimentent le cœur, par une accumulation de dépôts graisseux. Si un morceau de cette graisse se détache, il peut bloquer l’artère et ainsi priver le cœur de sang et d’oxygène.

En cas d’infarctus, la prise en charge doit être très rapide. Dans le cas contraire, un arrêt cardiaque peut survenir : le muscle cardiaque cesse de pomper le sang dans le corps, ce qui prive le cerveau d’oxygène et entraîne une perte de conscience. Sans traitement immédiat, il peut être fatal en quelques minutes.

Méfiez-vous de l’infarctus du myocarde silencieux

“En cas d’infarctus silencieux, le patient ne ressent pas de douleur à la poitrine, mais il peut se sentir un peu malade, ou moites”, explique le Dr Maurice Pye, cardiologue consultant au York NHS Trust and Leeds General Infirmary, interviewé par le DailyMail. Souvent, les médecins découvrent la crise cardiaque beaucoup plus tard, en pratiquant des examens pour une autre raison.

Pourtant, ce n’est pas parce qu’une crise cardiaque est “silencieuse” qu’elle est moins grave. “Elles peuvent causer le même niveau de dommages. Et si vous avez eu un infarctus silencieux, vous êtes plus susceptibles d’avoir un infarctus classique” par la suite, précise le spécialiste.

L’infarctus silencieux peut parfois se traduire par des maux d’estomac

Chez certaines personnes, il peut se traduire par les symptômes d’une indigestion, ou des maux d’estomac, car le nerf qui alimente le système gastro-intestinal supérieur et le cœur sont étroitement liés. Dans ce cas, la douleur est intermittente, et n’est pas soulagée par la prise de médicaments anti-acides. C’est notamment ce qui s’est passé pour Pat Burgess.

Cette dernière souffrait depuis plusieurs mois de douleurs à l’estomac, qu’elle mettait sur le compte d’une hernie hiatale, qu’on lui avait diagnostiqué la même année. Elle ne s'est donc pas inquiété outre mesure, et a préféré ignorer la douleur. “J’ai été tellement choquée d’apprendre qu’elle était liée à mon cœur”, confie-t-elle. “J’ai été au travail, j’ai agi normalement, alors que j’avais eu une crise cardiaque sans le savoir”.

L’infarctus silencieux, plus courant chez les femmes ?

Heureusement, la mère de famille a été prise en charge à temps. Les médecins sont parvenus à retirer le caillot qui obstruait son artère coronaire gauche et Pat a pu rentrer chez elle trois jours plus tard. “On m’a prescrit sept comprimés par jour”, raconte-t-elle. “Des bêta-bloquants pour ralentir le rythme cardiaque, et des antiplaquettaires, qui empêchent le sang de coller et le rendent moins susceptible de coaguler”.

Aujourd’hui, la quinquagénaire est toujours sous traitement, mais n’a pas eu d’autres problèmes cardiaques, malgré ses antécédents familiaux et médicaux, qui l’exposent à un risque plus élevé. Cette dernière souhaite désormais sensibiliser les gens à l’infarctus - et en particulier les femmes - et s’estime heureuse d’être encore en vie.

Dans les faits, ce type d’infarctus est plus courant chez les femmes. Bien qu’on n’en soit pas tout à fait certains, cela pourrait être dû au fait que cette partie de la population a une tolérance plus élevée à la douleur, et qu’elle a tendance à ne pas se soucier des douleurs à la poitrine. Il toucherait aussi plus souvent les diabétiques et les personnes âgées.

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