Impatiences (Syndrome des jambes sans repos, SJSR) : 5 médicaments qui provoquent ou aggravent les crises
“80 % des personnes atteintes de syndrome des jambes sans repos présentent des secousses musculaires involontaires pendant leur sommeil” indique l’Assurance maladie. De quoi provoquer des micro-réveils qui altèrent notablement le sommeil et la récupération.
Même si on connaît mal les mécanismes précis impliqués dans les impatiences, il semble que le syndrome des jambes sans repos (SJSR) soit lié à une anomalie du métabolisme de la dopamine au niveau du système nerveux central et de la moelle épinière. En principe, ce messager chimique orchestre la fluidité motrice et freine les mouvements automatiques involontaires. Sauf qu’à la tombée du jour, la dopamine chute, ce qui peut expliquer chez certaines personnes la survenue du problème.
A cela s'ajoute une seconde cause : un manque de fer. Car les réserves cérébrales en fer conditionnent la synthèse enzymatique de ce neurotransmetteur : une baisse de ce stock peut être impliquée dans cette hyperexcitabilité motrice.
Soirée : ces gestes qui peuvent provoquer les impatiences
Si la dopamine et le fer jouent un rôle, ce que l’on mange et fait en soirée compte aussi. Le dîner notamment peut jouer un rôle sur la qualité des nuits et la recrudescence des impatiences. L’alcool par exemple, qui donne pourtant l’impression d'endormir, pèse sur la nervosité neuromusculaire : sa métabolisation fragmente le sommeil en micro-réveils et décuple la violence des secousses musculaires nocturnes.
Les stimulants, quand ils sont pris trop tard, posent les mêmes problématiques. La caféine, la théine, les sodas et le chocolat noir bloquent les récepteurs à adénosine, bloquant le relâchement cérébral nécessaire à l'endormissement. Enfin, la nicotine consommée en soirée active le système neurovégétatif, augmentant le tonus musculaire involontaire et déclenchant des accès d'impatiences particulièrement sévères.
Si vous faites du sport, évitez les séances trop intenses en soirée. Si une pratique sportive régulière et modérée durant la journée est conseillée, une séance de sport intensive programmée moins de trois heures peut avoir l’effet inverse car le pic d'adrénaline maintient les circuits réflexes sous tension et augmente ainsi le risque de mouvements la nuit.
Syndrome des jambes sans repos (SJSR) : faut-il systématiquement consulter ?
Si les impatiences reviennent régulièrement n'hésitez pas à consulter. Trop de personnes minorent leur impact sur la qualité de vie. En outre, elles peuvent être la conséquence d’une autre pathologie (on parle alors de forme secondaire) qu’il convient d’identifier.
Votre médecin pourra vous prescrire une analyse de sang complète notamment pour mesure ferritinémie : les consensus scientifiques recommandent un taux supérieur à 75 µg/L pour assurer le bon fonctionnement de la dopamine. Le contrôle de la créatinine et du débit de filtration glomérulaire vérifie l'absence d'insuffisance rénale chronique, grand pourvoyeur de symptômes secondaires. Le dosage de la glycémie à jeun et de la TSH permet d'exclure une neuropathie périphérique ou une pathologie thyroïdienne masquée.
Enfin, cette consultation pourra être l’occasion de faire le point sur les médicaments que vous prenez et qui peuvent aussi aggraver ou expliquer les crises. En voici cinq notamment, détaillés dans le diaporama qui suit.
Les antihistaminiques sédatifs et somnifères en vente libre
Pris fréquemment pour trouver le sommeil ou soulager une allergie saisonnière, les antihistaminiques de première génération comme la doxylamine, la diphénhydramine ou l'hydroxyzine traversent facilement la barrière cérébrale. Dans le système nerveux, ces molécules bloquent les récepteurs histaminiques et perturbent la modulation fine de la dopamine.
Les antidépresseurs sérotoninergiques
Ces médicaments comme l'escitalopram, la sertraline ou la fluoxétine, mais aussi la venlafaxine ou la mirtazapine, augmentent la sérotonine cérébrale. Cette hausse se répercute sur la dopamine spinale, ce qui majore le besoin irrépressible de bouger les jambes.
Si vous êtes concerné, parlez-en rapidement à votre médecin, un simple décalage de l'horaire de prise ou un ajustement de molécule permet de limiter ces perturbations nocturnes.
Les antiémétiques contre les nausées et reflux
Largement prescrits contre les troubles digestifs, les reflux acides, les gastro-entérites ou le mal des transports, les molécules comme le métoclopramide, la métopimazine ou le dompéridone ciblent directement les récepteurs dopaminergiques D2. Une dose unique avalée en soirée peut suffire à ruiner la nuit.
Les neuroleptiques et antipsychotiques
Utilisées en psychiatrie mais également prescrites à faibles doses pour l'anxiété ou certains troubles du sommeil, les molécules comme la quétiapine, la rispéridone, l'olanzapine ou l'halopéridol bloquent aussi le fonctionnement naturel de la dopamine.
Le tramadol
Fréquemment indiqué pour traiter les douleurs aiguës ou chroniques, le tramadol combine une activité opioïde et une action sur la sérotonine, ce qui peut parasiter le signal dopaminergique nocturne et déclenche des tiraillements intenses chez les personnes prédisposées.
En cas d'apparition ou d'aggravation des impatiences sous antalgique, consultez, des alternatives thérapeutiques sans action sur la sérotonine existent.