Marche ou course : bien choisir ses chaussures pour protéger ses articulations
Passé la cinquantaine, l'organisme subit des modifications physiologiques inévitables qui transforment la pratique sportive. Le cartilage s'affine, réduisant sa capacité à absorber les chocs, tandis que les tendons, notamment celui d'Achille, perdent en élasticité. Cette nouvelle donne biologique exige une vigilance accrue concernant l'équipement. L'objectif premier n'est plus la performance pure, mais la protection durable de l'appareil locomoteur. Comprendre ces mécanismes est la première étape pour assurer la prévention des blessures aux genoux lors de la course à pied après 50 ans. Il convient également de distinguer l'usage : la marche requiert une grande souplesse de la semelle pour accompagner le déroulé du pied, tandis que la course nécessite une absorption verticale des impacts beaucoup plus importante.
Stabilité et confort : adapter la chaussure au pied
Le choix du modèle dépend intrinsèquement de votre architecture plantaire. Une visite chez un podologue permet de déterminer si votre foulée est universelle, pronatrice (le pied s'affaisse vers l'intérieur) ou supinatrice (vers l'extérieur). Cette analyse oriente le besoin en renforts latéraux. Par exemple, le niveau de maintien des chaussures de marche pour un supinateur différera radicalement de celui nécessaire à un pronateur, qui aura besoin d'un support interne pour corriger l'axe.
De plus, le pied a tendance à s'affaisser et s'élargir avec les années. Il est donc fréquent de devoir choisir des modèles plus larges pour éviter les compressions douloureuses ou l'aggravation d'un hallux valgus. Le contrefort arrière, cette partie rigide qui entoure le talon, doit assurer un verrouillage parfait pour éviter tout glissement.
Chaussures de sport : qu’est-ce que l’amorti et le drop ?
Si vous optez pour la course à pied, deux notions techniques méritent toute votre attention : l'amorti et le drop. Le premier doit être adapté à votre morphologie. Pour les coureurs pesant plus de 80 kg ou ceux parcourant de longues distances, un amorti maximal est impératif pour compenser l'onde de choc à chaque foulée. À l'inverse, définir l'amorti idéal des chaussures de course selon le poids est subtil pour les gabarits légers : une semelle trop molle risque de créer une instabilité dangereuse pour la cheville.
L'autre paramètre majeur est le drop, soit la différence de hauteur entre le talon et l'avant pied. Le rôle du drop sur le tendon d'Achille est direct : un drop élevé, supérieur à 10 mm, soulage la tension sur le tendon et les mollets, ce qui est fortement recommandé pour les seniors. Un drop faible sollicite davantage la chaîne postérieure et exige une musculature que l'âge rend souvent moins réactive.
Les règles d'or de l'essayage en boutique
L'achat ne doit jamais se faire à la hâte. Pour bien choisir vos chaussures de marche ou de course après 50 ans, privilégiez une séance d'essayage en fin de journée, moment où le pied est naturellement plus gonflé, simulant son volume à l'effort. Lors de vos tests d'essayage de chaussures de marche ou de course en magasin, munissez-vous systématiquement des chaussettes de sport que vous utilisez habituellement.
Une fois chaussé, appliquez la règle du pouce : un espace d'environ 1 cm doit subsister entre votre orteil le plus long et le bout de la chaussure. Vérifiez ensuite le maintien du talon en marchant ; il ne doit pas décoller. Enfin, pliez la chaussure entre vos mains. Elle doit fléchir sous les métatarses, à l'avant du pied, et non en son milieu. Sachez enfin qu'une bonne chaussure ne nécessite aucun rodage : si vous ressentez une gêne immédiate, changez de modèle, car le confort doit être instantané.