Des enfants “loups-garous” recouverts de poils

C’est en juin que plusieurs parents ont donné l’alerte.

Plusieurs enfants, dont des bébés, avaient développé une pilosité “anormale” après avoir pris un médicament mal étiqueté et vendu comme de “l'oméprazole”, une molécule utilisée contre les reflux gastriques.

Après avoir enquêté, les autorités ont découvert que les boîtes contenaient en réalité du minoxidil, un médicament utilisé contre la chute de cheveux.

"Ce médicament a été introduit par erreur dans un emballage intitulé “oméprazole””, a la ministre de la Santé Maria Luisa Carcedo à des journalistes.

Cette erreur médicale proviendrait du laboratoire FarmaQuimica, basé à Malaga, où le principe actif a été mal étiqueté pour une raison qui reste à déterminer.

Un porte-parole du ministère a indiqué à l'AFP que 17 cas atteints du "syndrome du loup-garou" avaient été diagnostiqués en Cantabrie (nord), en Andalousie (sud) et dans la région de Valence (est).

Fort heureusement, les symptômes doivent disparaître dès que les enfants cessent de prendre le médicament, qui a été retiré des pharmacies.

Par précaution, le laboratoire a également fermé selon les propos de la ministre.

Quant aux enfants et nouveaux-nés touchés "ils se portent bien”, d'après les services de santé d'Andalousie.

Médicaments contre la chute de cheveux : attention aux risques !

Les médicaments utilisés contre la chute de cheveux peuveunt comporter de redoutables effets secondaires, voire être dangereux pour la santé.

Le finastéride, plus connu sous les appellations commerciales Propecia ou Proscar, est un médicament anti-androgène synthétique utilisé pour soigner certaines pathologies (l'hypertrophie bénigne de la prostate, le cancer de la prostate, l'hirsutisme…), dont la calvitie.

Or, cette molécule a déjà été incriminée de provoquer de graves effets indésirables chez le patient.

Interviewé par nos collègues de Franceinfo, Eric, 24 ans, consommateur de finastéride pour stopper sa chute de cheveux, en témoigne : “J'ai eu d'abord une espèce d'épisode dépressif qui n'a pas été soigné à ce moment-là. Et j'ai eu aussi une baisse de libido. Ça a été vraiment très progressif, tellement progressif que je n'ai pas fait le lien de ces symptômes qui apparaissaient avec le médicament".

Malgré ce traitement, les cheveux du jeune homme continuent de tomber. Il décide de le stopper au bout d'un an mais les effets secondaires persistent encore aujourd’hui, six ans après l'arrêt du finastéride : il souffre toujours de dépression sévère. Selon lui, c'est le médicament qui est à l’origine de ses maux : "On a l'impression de s'être empoisonné nous-même, tout seul, pour quelque chose de futile et qui ne vaut pas du tout ce qu'on a perdu en fait".

L’Agence nationale du médicament (Ansm) avait pourtant alerté en 2012 puis en 2017 sur les éventuels effets indésirables graves du Propecia. “Des cas de dépression et plus rarement d’idées suicidaires ont été observés chez des hommes traités pour la chute de cheveux par finastéride 1 mg. [...] L’ANSM souhaite donc informer les patients et les professionnels de santé que tout changement d’humeur doit conduire à une interruption du traitement et à une surveillance”, avait noté l’Agence sanitaire.