Vous l’avez sans doute déjà remarqué dans la rue, nous n’avançons pas tous au même rythme. Certains semblent toujours pressés alors que d’autres peuvent, au contraire, paraître très lents. Quoi qu’il en soit, il semblerait que notre organisme s’adapte en permanence aux contraintes que nous lui faisons subir, en adoptant un rythme de pas de façon à ce que l’on consomme le moins d’énergie possible. Mais par quels mécanismes arrive-t-il à gérer ce rythme ? Des chercheurs de l’université Queen’s, située au Canada, se sont penchés sur la question. Ils nous dévoilent leurs conclusions dans la revue spécialisée Journal of Experimental Biology.

Marcher efficacement ne demande presque aucune réflexion

“Les personnes détectent en permanence leur dépense énergétique et adaptent leur démarche pour minimiser les coûts”, explique Jessica Selinger l’une des auteures de l’étude, en ajoutant : “Nous adaptons toutes sortes de caractéristiques de la marche : la vitesse à laquelle nous nous déplaçons, la longueur et la largeur de chaque pas, pour minimiser les calories que nous brûlons". Avec les autres chercheurs, ils ont découvert que cette adaptation se faisait de manière automatique, sans que nous en ayons conscience.

Les distractions ne perturbent pas le rythme de la marche

Pour en arriver à cette conclusion, les scientifiques ont fait passer une batterie de tests aux volontaires. “L'installation expérimentale était technique et comportait de nombreux éléments”, explique l’un des chercheurs. L'équipe a commencé par demander aux volontaires de marcher sur un tapis roulant à une vitesse confortable tout en écoutant un flux de bips dans des écouteurs, devant appuyer sur un bouton dans la main droite lorsque le bip était plus élevé que le ton précédent, ou dans la gauche lorsque le bip était plus bas.

En essayant de les distraire le plus possible à travers cette série de bips sonores, les chercheurs ont ainsi pu analyser si les personnes ajustaient consciemment ou non leurs mouvements pour conserver l'énergie pendant qu'ils marchaient. Résultats : les humains n'ont pas à penser pour marcher efficacement, ils s'adaptent automatiquement.

La marche, un mécanisme automatique

L'équipe a également voulu savoir si les participants utilisaient plus d’énergie lorsqu’ils devaient réfléchir pour trouver le moyen le plus efficace de marcher avec une attelle à la jambe. En analysant les réponses des volontaires, ils ont réalisé que ce processus était également automatique. "Quand les gens utilisent des modes de marche énergétiquement optimaux, ils le font sans avoir besoin d'y penser consciemment", ajoute Jessica Selinger.

C’est d’ailleurs cette capacité à adapter nos mouvements sans réfléchir, qui nous permet de nous concentrer sur d'autres tâches pendant que nous marchons, et d’éviter les obstacles sur la route par exemple.

Sources

https://journals.biologists.com/jeb/article-abstract/224/17/jeb242655/272119/Energy-optimization-during-walking-involves?redirectedFrom=fulltext 

https://www.earth.com/news/we-optimize-our-walking-efficiency-without-thought/

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