47 400 décès auraient pu être évités depuis le début de l'année en France. C'est le chiffre avancé par une récente étude prépubliée ce samedi 28 août. Si on connaît désormais l'efficacité des vaccins, peu de données existaient jusqu'à présent sur leur impact sur la mortalité du coronavirus sur la population dans son ensemble.

Des chercheurs de l'Université de Montpellier, en collaboration avec les CHU de Nîmes et de Caen, ont donc estimé les décès et admissions en soins critiques qui ont été évités depuis le début de l'année grâce aux vaccins contre le coronavirus.

Selon l'étude prépubliée, relayée par Le Parisien, ce sont 47 400 décès en hôpital (marge d'erreur comprise entre 36 200 et 62 800) qui ont été évités en France grâce au vaccin contre le coronavirus depuis le début de l'année 2021. Si le vaccin n'existait pas, ce sont également 39 100 admissions en soins intensifs qui auraient été constatées (entre 26 100 et 57 100).

Vaccin : 78 000 morts pourraient être évitées en 2021

Ces données ont été calculées après l'analyse de la "courbe réelle" et celle "projetée" des décès et séjours en soins critiques dans un scénario d'épidémie sans vaccin depuis le mois de janvier 2021. "Cet effet bénéfique de la vaccination devrait augmenter d’ici à la fin de l’année", assurent les chercheurs. Ils estiment qu'en se projetant sur la possible évolution des courbes ces prochains moins, ce sont 67 000 hospitalisations en soins critiques et 78 000 décès qui pourraient être évités grâce au vaccin contre le coronavirus sur toute l'année 2021.

Les deux courbes avec et sans la vaccination ont réellement commencé à s'éloigner à partir de la fin du mois de mars 2021 alors que la campagne vaccinale a débuté dès le mois de décembre. L'effet de la vaccination a donc mis plusieurs mois à être réellement perceptible.

En effet, "pendant les premiers mois l’effet de la vaccination était trop faible pour être mesurable et la croissance épidémique était assez contenue au tout début", explique auprès du Parisien Mircea T. Sofonea, maître de conférences en épidémiologie et évolution des maladies à l’Université de Montpellier, l’un des auteurs principaux de l’étude.

En pratique, pour parvenir à ces résultats, les chercheurs ont pris en compte de nombreuses données pour obtenir leurs prévisions. Ils ont ainsi analysé le ratio décès/cas positifs pour chaque pays en fonction de la couverture vaccinale avec au moins une dose. Les chercheurs ont aussi calculé l'efficacité des vaccins basée sur plusieurs estimations, que ce soit contre l'infection (40%) ou les formes graves (88%). C'est eux qui ont établi le risque de transmission du virus en cas de contamination.

"Un ordre de grandeur, pas un bilan précis"

Interrogée par Le Parisien, la chercheuse du CNRS Florence Débarre assure qu'"on peut toujours trouver des choses à redire sur ce type d’approche consistant à imaginer et modéliser une situation qui n’a pas eu lieu". Pour autant, elle reconnaît que ce "travail se base cependant sur un modèle solide".

C'est la première étude sur l'impact du vaccin sur la mortalité évitée ayant une approche populationnelle. Toutefois, l'épidémiologiste Mahmoud Zureik, qui n'a pas participé à cette étude, assure qu'il "faut la prendre comme un ordre de grandeur et non pas comme un bilan précis".

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Sources

Quantifying the real-life impacts of vaccination on critical COVID-19, OSF PREPRINTS, 28 août 2021.

https://osf.io/6ebxu/

47 400 morts du Covid-19 évités ? Ce que dit la première étude sur l’impact de la vaccination en France, Le Parisien, 29 août 2021.

https://www.leparisien.fr/societe/47-400-morts-du-covid-19-evites-ce-que-dit-la-premiere-etude-sur-limpact-de-la-vaccination-en-france-29-08-2021-R2MTEGLJ5ZCU5H2F6WCMDHJ5FY.php

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