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Après des cas graves de formation de caillots sanguins chez des personnes qui ont été vaccinées, le Danemark, la Norvège et l'Islande ont annoncé ce jeudi 11 mars avoir suspendu des vaccins anti-Covid AstraZeneca. Une décision prise par précaution, même si le lien entre la formation de caillots sanguins et les vaccins n'a pas encore été démontré. Comme le rapporte La Tribune ce lundi 8 mars, c'est l'Autriche qui avait annoncé avoir cessé d'administrer un lot de vaccins AstraZeneca après le décès d'une infirmière de 49 ans après de "graves troubles de la coagulation" quelques jours après son vaccin. Ce mercredi 10 mars, une enquête préliminaire de l'Agence européenne des médicaments (EMA) a souligné qu'il n'existait aucun lien entre le vaccin et le décès survenu en Autriche.

"Il n’y a pas lieu de suspendre la vaccination par AstraZeneca" pour Véran

L'EMA assure que seulement 22 cas de thromboses avaient été signalés ce mardi 9 mars, pour plus de trois millions de personnes vaccinées dans l'Union européenne, la Norvège et l'islande. De son côté, Olivier Véran a annoncé lors de sa conférence de presse de ce jeudi 11 mars que la France ne suspendait pas l'administration des vaccins AstraZeneca dans le pays. "J’ai saisi l’Agence nationale de sécurité du médicament. D’après [elle], il n’y a pas lieu de suspendre la vaccination par AstraZeneca", a assuré le ministre de la Santé. "Sur 5 millions d’Européens, 30 ont présenté des troubles de la coagulation", relativise Olivier Véran. Des chiffres confirmés par Rémi Salomon, le président de la commission médicale d'établissement, l'instance qui représente le personnel médical.

30 cas de troubles de la coagulation sur 5 millions d'Européens

Sur LCP ce jeudi 11 mars, le directeur général de la Santé assure que "sur 5 millions d'observations, il y a eu 30 cas [d'accidents thromboemboliques], ce qui est la même fréquence que dans la population générale (...)". "Mais c'est vrai que ça complique le message", reconnaît-t-il. Il assure qu'"AstraZeneca reste un bon vaccin". L'Agence européenne du médicament estime en effet que les bénéfices sont toujours supérieurs aux risques.

Pour certains experts, l'interdiction décidée par le Danemark, la Norvège et l'Islande est d'une extrême précaution et ne serait pas justifiée. "Il s’agit d’une mesure d’extrême précaution basée sur des cas isolés en Europe", a déclaré à Reuters Stephen Evans, professeur de pharmaco-épidémiologie à la London School of Hygiene & Tropical Medicine, cité par Midi Libre. Selon lui, "le problème dans les cas signalés spontanés d’effets indésirables en lien avec un vaccin vient de la grande difficulté à distinguer un effet de causalité d’une coïncidence". "Il n’est pas possible actuellement de conclure s’il y a ou non un lien. Nous agissons tôt, cela nécessite une enquête approfondie", a assuré lui-même le ministre danois de la Santé, Magnus Heunicke.

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Sources

Pourquoi la France maintient l’utilisation du vaccin AstraZeneca, suspendu par plusieurs pays d’Europe ?, Midi Libre, 12 mars 2021.

 Danemark, Norvège et Islande suspendent le vaccin AstraZeneca, La Tribune, 11 mars 2021. 

Rémi Salomon relativise la situation à propos du vaccin, Twitter LCP, 11 mars 2021. 

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