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Un nouveau protagoniste arrive sur la course aux vaccins contre la Covid-19 : il n’est autre que Janssen mis en point par le laboratoire américain Johnson & Johnson. C’est le quatrième vaccin à être autorisé au sein de l'Union européenne.

La France vient de recevoir première livraison de 200.000 doses de ce vaccin. La vaccination débutera ainsi le 24 avril 2021 dans l'Héxagone. Si le déploiement de Johnson & Johnson a été retardé en France, c'est parce que nous attendions les conclusions de l’Agence européenne des médicaments (EMA) concernant le vaccin. L'EMA a estimé qu’il bénéficiait d'un rapport bénéfices/risques favorable malgré un risque "très rare" de caillots sanguins. En effet, des cas graves de caillots sanguins sont survenus aux États-Unis, après l'administration du vaccin Jansson (Johnson & Johnson).

Comme pour les autres vaccins contre la COVID-19, l'ANSM surveille et répertorie tous les effets secondaires observés chez les personnes ayant reçu une dose Janssen en France.

Quel sera le public prioritaire ? Combien d’injections sont prévues ? Et surtout quels sont les effets secondaires auxquels vous devez vous attendre ? On fait le point avec les dernières informations partagées par Johnson & Johnson et par les autorités.

Il s'agit d'un vaccin basé sur des adénovirus, comme celui d'AstraZeneca

Contrairement aux deux premiers vaccins autorisés (Pfizer/BioNTech et Moderna), le vaccin Johnson & Johnson n'est pas à ARN messager. "Il s'agit d'un vaccin basé sur des adénovirus, comme celui d'AstraZeneca", explique à nos confrères de LCI Morgane Bomsel, chercheuse du CNRS à l'Institut Cochin et spécialiste en vaccinologie.

En effet, le vaccin Janssen est composé d'un autre virus, qu'on appelle adénovirus. Ce dernier a été modifié pour contenir le gène de fabrication de la protéine de pointe SARS-CoV-2. "Il s'agit d'une protéine du virus SRAS-CoV-2 dont il a besoin pour pénétrer dans les cellules du corps, décrit l'EMA. L'adénovirus transmet le gène du SRAS-CoV-2 dans les cellules de la personne vaccinée. Les cellules peuvent ensuite utiliser le gène pour produire la protéine de pointe. Le système immunitaire de la personne reconnaîtra la protéine de pointe comme étrangère et produira des anticorps et activera les cellules T (globules blancs) pour la cibler. Plus tard, si la personne entre en contact avec le virus SRAS-CoV-2, son système immunitaire reconnaîtra la protéine de pointe sur le virus et sera prêt à défendre le corps contre elle".

Un mécanisme comparable à des vaccins utilisés pour contrer d'autres pathologies. "C'est un vaccin connu, étudié depuis plusieurs années et approuvé pour Ebola", détaille encore la chercheuse.

"Les résultats d'un essai clinique impliquant des personnes aux États-Unis, en Afrique du Sud et dans des pays d'Amérique latine ont révélé que le vaccin COVID-19 Janssen était efficace pour prévenir la COVID-19 chez les personnes à partir de 18 ans [...]", décrit l'EMA. L'efficacité de ce vaccin est estimée à 67 %.

Johnson & Johnson : une seule injection suffirait

L’avantage indéniable de ce nouveau vaccin ? "Toutes les données d'efficacité sont obtenues avec une seule dose", affirme Morgane Bomsel. Concrètement cela signifie que vous ne nécessiterez qu’une seule injection, contrairement aux autres vaccins autorisés en France. Une bonne nouvelle pour les patients, mais aussi pour les autorités qui aspirent à accélérer la campagne de vaccination en France.

"Le vaccin COVID-19 Janssen est administré en une seule injection, généralement dans le muscle de la partie supérieure du bras", rapporte l'EMA.

"Vacciner la population à une reprise est beaucoup plus facile que de lui demander de revenir pour une seconde injection", relève Morgane Bomsel. "Dans les endroits où l'accès aux soins n'est pas facile, il est très important d'avoir un vaccin efficace en une dose".

Toujours selon l'EMA, la protection avec le vaccin Janssen prend effet environ 14 jours après la vaccination.

Néanmoins, dans un premier temps, il ne sera pas accessible pour tout le monde. Découvrez pages suivantes le public prioritaire et les effets indésirables auxquels on peut s'attendre.

Vaccin Johnson & Johnson : à quels effets secondaires faut-il s’attendre ?

Quid des effets indésirables ? Seront-ils comparables aux effets des vaccins Pfizer et AstraZeneca ? Au cours des essais cliniques, "le groupe d'experts indépendants n'a pas signalé de problèmes significatifs de sécurité liés au vaccin", indique Johnson & Johnson. En principe, une dose est bien tolérée si l’on en croit leurs analyses.

Toutefois, l’Agence européenne des médicaments a lancé une étude sur des liens possibles entre le vaccin anti-Covid de Johnson & Johnson et des caillots sanguins. Plusieurs cas sont survenus aux États-Unis après administration du vaccin.

Les caillots sanguins devait être ajoutés à la liste des effets secondaires, selon l'EMA

"Le comité a pris en considération toutes les preuves actuellement disponibles, y compris huit rapports des États-Unis faisant état de cas graves de caillots sanguins inhabituels associés à de faibles taux de plaquettes sanguines, dont l'un a eu une issue fatale, rapporte l'EMA. Tous les cas sont survenus chez des personnes de moins de 60 ans dans les trois semaines suivant la vaccination, la majorité chez les femmes".

Suite à l'enquête, l'EMA a toutefois conclu le mardi 20 avril 2021 que la balance bénéfice/risque du vaccin Janssen était "positive". Néanmoins, selon l'Agence, le risque de caillot sanguin devrait figurer dans la liste des effets secondaires possibles avec le vaccin Johnson & Johnson.

"Lors de sa réunion du 20 avril 2021, le comité de sécurité de l'EMA (PRAC) a conclu qu'un avertissement concernant des caillots sanguins inhabituels avec un faible taux de plaquettes sanguines devait être ajouté aux informations sur le produit du vaccin COVID-19 Janssen", rapporte un communiqué de l'Agence, avant de conclure que "ces événements devraient être répertoriés comme des effets secondaires très rares du vaccin".

Les caillots sanguins se produiraient principalement dans les veines du cerveau (thrombose du sinus veineux cérébral, CVST) et de l'abdomen (thrombose veineuse splanchnique) et dans les artères. De faibles taux de plaquettes sanguines et parfois des saignements ont aussi été observés. "Les cas examinés étaient très similaires aux cas survenus avec le vaccin COVID-19 développé par AstraZeneca", note l'EMA.

Maux de tête, fatigue, fièvre, douleurs musculaires… Découvrez les effets indésirables possibles

En outre, dans un communiqué, Johnson & Johnson mentionne certaines réactions possibles après l'injection comme des éventuelles douleurs, rougeurs de la peau et gonflements au niveau de l’injection. Parmi les effets indésirables recensés pendant leurs essais, on retrouve les maux de tête, la fatigue, la fièvre, les nausées et les douleurs musculaires.

"Il y a un faible risque que le vaccin Janssen COVID-19 provoque une réaction allergique grave. Une réaction allergique sévère survient généralement entre quelques minutes et une heure après avoir reçu une dose du vaccin Janssen COVID-19", prévient encore le laboratoire.

Toutefois, il est recommandé d’informer votre vaccinateur si vous présentez des allergies avant de vous faire vaccin, recommande Johnson & Johnson. Même discours pour les personnes sujettes aux troubles de la coagulation, immunodéprimées et pour les femmes enceintes.

Johnson & Johnson : serez-vous prioritaire ?

Les Français de plus 55 ans pourront, "à compter de ce samedi", se voir administrer le vaccin de Johnson & Johnson contre la Covid-19, a annoncé le ministre de la Santé Olivier Véran.

"Les 200.000 premiers vaccins sont livrés aux pharmacies, aux médecins et aux infirmiers libéraux qui pourront commencer à le proposer à leurs patients à compter de ce samedi", a déclaré le ministre lors d’une conférence de presse gouvernementale qui s'est déroulée le 22 avril 2021.

Vaccin Covid-19 : d'autres personnes bientôt prioritaires ?

Olivier Véran a aussi précisé que l'ensemble des vaccins contre la Covid-19 seraient "ouverts à compter de lundi prochain" pour les proches des personnes "en situation d’immuno-dépression sévère".

En outre, les comités scientifiques ont été saisi au sujet de la vaccination des personnes de moins de 50 ans souffrant d’obésité sévère. En effet, la surcharge pondérale fait partie des comorbidités impliquant un risque accru de forme grave de Covid-19. Pourtant, à ce jour, les personnes obèses de moins de 50 ans ne sont pas éligibles à la vaccination. "La réponse ne va pas tarder, mais il est probable que nous puissions, là aussi, démarrer d’ici mi-mai", a assuré le ministre.

> Un expert santé à votre écoute !

Sources

Conférence de presse, Olivier Véran, 22 avril 2021

COVID-19 Vaccine Janssen: EMA finds possible link to very rare cases of unusual blood clots with low blood platelets Share, EMA, 20 avril 2021

Vaccin COVID-19 Janssen, EMA

Vaccin Johnson & Johnson COVID-19 autorisé par la FDA américaine pour une utilisation d'urgence - Premier vaccin à injection unique dans la lutte contre la pandémie mondiale, Février 2021

COVID-19 - Le vaccin de l'entreprise américaine Johnson & Johnson arrivera mi-avril en France. Le point sur ce qu'il faut en savoir, LCI, 3 avril 2021

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