Le risque d’attraper le virus, même avec le variant Delta, reste plus faible quand on est vacciné. Mais d’après les dernières recherches scientifiques, les vaccinés infectés par le variant Delta auraient dans leurs cavités nasales une quantité de virus “à peu près similaire à la quantité de virus chez les non-vaccinés”, a expliqué la directrice du Centre pour le contrôle des maladies américain, Rachelle Walensky. Une découverte qui doit encore faire l’objet de publications.

Contamination : le vaccin réduit moins les risques que prévu

Alors qu’en France, l’instauration du Pass sanitaire et l’obligation vaccinale s’appuient, entre autres, sur une baisse de la contagion et de la transmission du virus, des études plus récentes montrent que la protection est finalement moindre que celle attendue. Selon le ministère de la Santé israélien, le vaccin Pfizer demeure très efficace contre le risque d’hospitalisation, mais il protègerait la population contre le risque d'infection à hauteur de 39 % seulement. En cause : l’immunité des vaccinées en janvier qui s’est en grande partie affaiblie six mois plus tard et l’apparition du variant Delta très virulent.

Un taux à 60 % de vaccinés favorise l’apparition de nouveaux variants

Dans une étude publiée le 30 juillet dernier dans Nature Scientific Reports, des scientifiques montrent que la vaccination rapide de la population protège contre l'émergence de nouveaux variants. Mais ils avancent également qu’autour de 60 % d'adultes vaccinés, et jusqu'à ce que l'immunité collective soit atteinte, ce risque a plutôt tendance à s'élever.

“Ce que notre modèle a montré, c'est que lorsque la plupart des gens sont vaccinés, la souche résistante au vaccin a un avantage sur la souche d'origine”, détaille Simon Rella, chercheur autrichien et co-auteur de l’étude. “Cela signifie que la souche résistante au vaccin se propage dans la population plus rapidement que la souche d'origine à un moment où la plupart des gens sont vaccinés.”

Les scientifiques expliquent ces résultats par l'abandon des gestes barrières et la “pression de sélection” exercée par les mutants pour mieux résister aux anticorps. Ils insistent cependant sur l’importance de la vaccination qui resterait “notre meilleur pari pour vaincre cette pandémie”. Pour y parvenir, ils préconisent de maintenir les gestes barrières “tout au long de la période de vaccination”.

Près de 54 % des Français sont complètement vaccinés

Ces données sont d’autant plus préoccupantes qu’à l’heure actuelle, 63.97 % des Français ont reçu au moins une dose de vaccin et 53.39 % ont reçu toutes les doses requises, d’après CovidTracker. L’Hexagone se rapproche donc doucement du seuil jugé critique par les scientifiques, alors que les gestes barrières sont de moins en moins utilisés. D’après Santé publique France, 68 % des Français sondés en juillet déclarent “porter systématiquement le masque en public”, soit 14 points de moins qu'en mai. Ils sont 62 % à éviter de se serrer la main ou à s’embrasser (-10 points), et 32 % à éviter les réunions en face à face (-11 points).

En attendant d’atteindre l’immunité collective, le port du masque et la distanciation physique restent donc de mise.

Sources

Nombre de vaccinés en France : https://covidtracker.fr/vaccintracker/ 

Ministère de la Santé israélien : https://www.gov.il/BlobFolder/reports/vaccine-efficacy-safety-follow-up-committee/he/files_publications_corona_two-dose-vaccination-data.pdf 

“Rates of SARS-CoV-2 transmission and vaccination impact the fate of vaccine-resistant strains” : https://www.nature.com/articles/s41598-021-95025-3

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