Publiés sur MedRxiv, les résultats des recherches du College Impérial de Londres et de l’Ipsos Mori démontrent que les anticorps permettant de lutter contre la Covid-19 se "volatilisent" plus rapidement chez certaines personnes. Il est possible que l’immunité face au SARS-CoV-2 ne dure que quelques mois…

"Un test positif pour les anticorps ne signifie pas que vous êtes immunisé contre la COVID-19. On ne sait toujours pas quel niveau d’immunité est conféré par les anticorps, ou combien de temps dure cette immunité", a conclu le professeur Paul Elliott, directeur du programme REACT-2 au Collège Impérial de Londres.

Covid-19 : des anticorps ayant diminués jusqu’à 26,5 %

Afin de réaliser cette étude, 365 104 volontaires adultes ont été suivis pendant 3 mois - entre juin et septembre - et se sont autotestés afin de mesurer le flux latéral/LFA pour rechercher des IgG (les immunoglobines de type G font partie d’une classe de molécule d’anticorps). Parmi ces participants, 17 576 ont été testés positifs.

Au début des recherches, la prévalence des anticorps était à 6,0 %. À la fin, elle est passée à 4,4 %. Les chercheurs ont donc constaté une diminution des anticorps de 26,5 % en trois mois. Par ailleurs, ils ont découvert que toutes les classes d’âges ont été touchées par ce phénomène.

Néanmoins, les personnes de plus de 75 ans ont présenté ceux ayant un test positif très faible comparé aux autres mais ils avaient une baisse du taux d’anticorps plus importante. Une diminution de 39 % a été remarquée alors qu’elle était de 15 % chez les 18-24 ans.

Covid-19 : les personnes asymptomatiques sont plus à risques

Les résultats de ces travaux ont également montré que les personnes asymptomatiques sont ceux dont le taux d’anticorps disparait le plus tôt comparé à ceux présentant les symptômes. Pour ces individus, le taux a diminué de 64 % (contre 26,5 % pour les autres).

Selon Helen Ward, l’une des auteures principales de l’étude, la proportion des anticorps dans l’organisme diminue avec le temps.

"Nous ne savons pas encore si cela exposera ces personnes à un risque de réinfection par le virus mais il est essentiel que chacun continue de suivre les mesures permettant de réduire le risque pour lui-même et pour les autres", a-t-elle ajoutée.

Covid-19 : une étude ayant des incertitudes selon d’autres experts

"L'étude ne porte pas sur les concentrations d'anticorps, la fonction des anticorps ou d'autres aspects de l'immunité tels que l'immunité des lymphocytes T, et ne regarde pas la trajectoire des niveaux d'anticorps chez les mêmes individus au fil du temps", a affirmé Eleanor Riley, professeure d’immunologie et de maladies infectieuses de l’Université d’Edimburg.

Selon cette experte, il serait donc trop tôt pour prétendre que l’immunité face au coronavirus ne dure pas. Par ailleurs, elle ajoute que les résultats de l’étude ne permettent pas d’affirmer si un vaccin pourrait être inefficace car ils contiennent des adjuvants pouvant induire des réponses immunitaires durables.

Ce qui n'est pas clair, c'est à quelle vitesse les niveaux d'anticorps augmenteraient à nouveau si une personne rencontrait le virus SARS-CoV-2 une deuxième fois. Il est possible qu'ils réagissent encore rapidement et qu'ils aient une maladie plus bénigne ou qu'ils restent protégés grâce à la mémoire immunitaire, a affirmé le Dr Alexander Edwards, professeur agrégé en technologie biomédicale à l'Université de Reading.

Néanmoins, le Ministre de la Santé, Lord Bethell a déclaré qu’il restait nécessaire de continuer à appliquer les mesures gouvernementales pour stopper le coronavirus quel que soit le résultat d’un test d’anticorps.

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