"J'ai toujours plaidé pour l'accès au masque grand public", déclare Jérôme Salomon

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Dans un communiqué publié le 22 avril, l'Académie de médecine recommande le port du masque généralisé dans l'espace public. Jérôme Salomon, interrogé par Medisite hier soir, se dit aussi "favorable" vis-à-vis de cette mesure.
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C'est un débat qui fait rage. Depuis le début du confinement, le gouvernement a été clair avec les Français : le port de masques est réservé exclusivement aux personnes malades et non aux personnes saines. Sauf que depuis quelques semaines, et face à d'autres pays, comme la Chine, qui pratiquent le port du masque généralisé, la position des autorités change. Alors, faut-il oui ou non porter un masque lorsque l'on n'est pas atteint du Covid-19 ? L'Académie de médecine a tranché.

Port du masque généralisé : "Des objections de principe retardent sa mise en œuvre", d'après l'Académie

"Malgré l’évidente nécessité d’une telle mesure, malgré son acceptabilité attestée par l’anticipation de nombreuses personnes qui ne sortent que masquées, des objections de principe retardent sa mise en œuvre (du port du masque, ndlr) et favorisent la persistance d’une transmission du virus dans la communauté", a déploré, le 22 avril, l'Académie nationale de médecine.

Le communiqué, intitulé "Aux masques citoyens" appelle tous les Français à porter un masque, au quotidien. Et ce, dès que l'on sort de chez soi, que ce soit pour aller faire les courses, acheter des médicaments ou encore faire de l'exercice physique.

Pour l'Académie, il est en effet incompréhensible que cette mesure ne soit pas encore généralisée sur le territoire français, alors que l'épidémie a commencé en France depuis le mois de février.

L'Élysée, qui a annoncé ce jeudi ses premières mesures phares en vue du déconfinement, n'a pas pris en compte ses recommandations, puisque le port du masque dit "grand public" ne sera obligatoire... que dans les transports.

Or, d'après l'Académie "restreindre le port du masque dans les seuls transports en commun, c’est négliger tous les espaces publics où le risque demeure. C'est conforter la population dans une situation d’assistance et de déresponsabilisation. Enfin, attendre la date du 11 mai pour faire porter le masque aux Français, c’est accorder 3 semaines de répit au SARS-CoV-2 pour qu’il continue de se transmettre, c’est accepter plusieurs milliers de nouvelles infections", alerte-t-elle.

Le directeur général de la Santé se dit favorable au port de masques

Interviewé à ce sujet, Jérôme Salomon indique qu'il a toujours été "pour" le port de masques.

"J'ai toujours plaidé pour l'accès au masque grand public", a déclaré hier soir le directeur général de la Santé, dans son point presse quotidien.

Il ajoute ensuite que les industriels français font un effort conséquent puisque "17 millions de masques seront produits par semaine à l'horizon du 11 mai". Des importations massives de masques seront également effectuées.

Ce masque grand public pourra être, en outre, lavable et réutilisable, ce qui permettra aux Français de le garder un certain laps de temps.

Le directeur général de la Santé rappelle toutefois avec fermeté que le port de ce masque est "un complément des gestes barrières". Il ne remplacera en aucun cas le fait de se laver les mains ou encore de tousser dans son coude.

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Source(s):

Aux masques citoyens !, Communiqué de l’Académie nationale de Médecine, 22 avril 2020.