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Dans le cadre d’un repas rassemblant 52 personnes le 1er juin, 5 familles de l’agglomération toulousaine ont été en contact avec une personne atteinte du coronavirus. Celle-ci revenait d'Allemagne. L'information a été confirmée à France 3 Occitanie par l'Agence Régionale de Santé, ce samedi 13 juin.

Repas de famille : 52 membres potentiellement contaminés

C'est une réunion familiale lourde de conséquences.

Le 1er juin, 5 familles de l’agglomération toulousaine ont décidé de se réunir, dans le cadre d'un repas rassemblant 52 personnes le 1er juin.

Le problème ? Tous les membres ont été en contact avec une personne infectée au Covid-19, fraîchement de retour d’Allemagne.

Pour éviter que ces personnes ne transmettent à leur tour le virus à d'autres proches, les équipes de l’ARS ont immédiatement lancé les investigations nécessaires pour identifier les cas contacts, leur donner des consignes précises sur les mesures de précaution à respecter et leur proposer un test de dépistage.

Par mesure de précaution, tous les membres de ces familles sont actuellement en quarantaine pour une durée de 14 jours.

Bonne nouvelle : aucune d'entre elles n'a été hospitalisée pour le moment.

Coronavirus : 16 membres testés positifs

L’enquête en cours a déjà permis d’identifier 16 cas confirmés au Covid-19 et 11 cas négatifs. D’autres personnes attendent le résultat de leurs tests ou vont très prochainement se faire tester, selon l'ARS.

L'agence essaye en effet de repérer le plus rapidement possible les malades du coronavirus, afin de les tester et d'identifier les personnes contacts. Le but ? les isoler et ainsi casser les chaînes de transmission.

Ce nouveau cluster montre bien que "la circulation virale, bien que faible, nécessite de conserver un haut niveau de vigilance", souligne l'ARS.

Le préfet de la Haute-Garonne et l’Agence Régionale de Santé rappellent que les personnes ressentant des symptômes doivent contacter sans tarder leur médecin traitant.

À titre informatif, depuis le 11 mai, Santé publique France a détecté 193 foyers de contamination, dont les deux tiers comptent chacun plus de 5 cas confirmés de Covid-19.

Sur ce total, 101 sont considérés comme "maîtrisés" - avec une absence de nouvelle contamination depuis 7 jours - ou "clôturés". Mais 92 d'entre eux sont toujours actifs et font l'objet d'investigations de la part des autorités.

Cluster : comment le reconnaître ?

Selon le ministère de la Santé, le cluster "est un regroupement d'au moins deux cas en même temps, au même endroit".

Il peut apparaître n'importe où : au sein d'un foyer familial, d'une école, d'un établissement de soins ou encore d'une entreprise.

Pour Santé publique France, ce terme désigne un "agrégat" ou "agrégat spatio-temporel", c'est-à-dire "d'un regroupement dans le temps et l'espace de cas de maladies, de symptômes ou d'événements de santé au sein d'une population localisée et dénommé".

En médecine, les termes "foyers de contamination" et "chaînes de transmission" sont également employés et peuvent être utilisés pour décrire ce regroupement humain lié à un virus.

En France, le tout premier foyer de contamination se trouvait dans l'Oise.

Cluster : les mesures prises pour contenir le virus

Cluster : les mesures prises pour contenir le virus© Istock

Une zone qui passe en "cluster" n'est pas le fruit du hasard. C'est l’ARS (Agence régionale de Santé) qui détermine si tel ou tel lieu regroupe assez de cas pour être un foyer de contamination.

Les enquêteurs en charge du cluster doivent relever différents critères de gravité (nombre de cas, hospitalisations, décès) pour permettre de prendre des mesures.

Ensuite, à partir de l’expertise de l’ARS, le préfet de la zone touchée prend des décisions. Elles fluctuent en fonction de l'importance du cluster et changent le quotidien des habitants.

Par exemple, le préfet du Calvados, avait estimé qu'il fallait renforcer les "mesures de précaution" de la commune de Biéville-Beuville, suite à son passage en cluster. Il avait notamment décidé de fermer :

  • des salles de réunions, de conférences, de spectacles ou à usage multiple ;
  • des salles de danse, discothèques et salles de jeux ;
  • des établissements d'enseignement (primaire, collège et lycée) et d'accueil collectif de mineurs ;
  • des salles d'exposition ;
  • des établissements sportifs couverts ;
  • des musées ;
  • des établissements de plein air (stades, boulodromes, golf...).

Mais encore une fois, les mesures prises dépendent de l'ARS de la région et du préfet en question.

Un suivi est bien évidemment assuré, selon Santé publique France, avec "une analyse épidémiologique quotidienne et un bilan hebdomadaire", pour réadapter au besoin les mesures prises pour contrôler le cluster.

Ce foyer peut ensuite être clôturé, toujours sur décision de l'ARS, "si aucun cas n'a été rapporté après le délai de 14 jours depuis la date de début des signes du dernier cas rattaché au cluster et que la quatorzaine de tous les contacts est terminée".

Dans quels lieux trouve-t-on le plus de clusters ?

Dans quels lieux trouve-t-on le plus de clusters ?© Istock

C'est une question que tout le monde se pose. Où se trouve la plus grande partie des foyers en France ?

D'après les données de Santé publique France, sur les 193 clusters identifiés sur le territoire, on peut observer que la majorité prend naissance au sein des établissements de santé (57) et des entreprises (30), qu'elles soient privées ou publiques.

Viennent ensuite les établissements sociaux d'hébergement et d'insertion (29) et les établissements médico-sociaux de personnes handicapées (15).

Aucun foyer de contamination n'a en revanche été détecté dans les transports, qu'il s'agisse d'avions ou de bateaux.

Même constat dans les crèches et les écoles, puisque depuis le 11 mai, "seuls" 7 clusters ont été détectés en milieu scolaire et 2 en crèches.

Toutefois, il est important de souligner que les chiffres de Santé publique France ne prennent pas en compte les Ehpad et les clusters détectés au sein d'un seul foyer familial.

Pour ce dernier point, il faut que plusieurs foyers au sein d'une même famille soient touchés pour qu'ils soient comptabilisés.

Quelles sont les régions les plus concernées ?

Selon un article des Echos, sur les 92 clusters "actifs", c'est-à-dire ceux pour lesquels de nouvelles contaminations ont été enregistrées au cours des 7 derniers jours, 23 se trouvent en Île-de-France.

Le Val-d'Oise en compte 7 à lui seul, tandis que l'Essonne et la Seine-et-Marne en comptent chacune 4.

Parmi les autres départements métropolitains, se distinguent le Nord (7 clusters actifs), le Pas-de-Calais (5), la Vendée (5), le Bas-Rhin (5) et les Bouches-du-Rhône (4).

En Outre-mer, la flambée des cas inquiètent aussi.

À Mayotte, où la circulation du virus reste élevé selon Santé publique France, 3 foyers de contamination "actifs" ont été recensés.

En Guyane, la situation est elle aussi préoccupante, avec 7 foyers actifs. Les autorités sanitaires locales peinent à les maîtriser.

Il n'y a en revanche aucun foyer recensé en Martinique, Guadeloupe et à la Réunion.

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Sources

Coronavirus : 16 personnes testées positives, un foyer épidémique détecté près de Toulouse, 14 juin 2020, France 3.

Coronavirus : où sont les 193 clusters français ?, Les Echos, 12 juin 2020.

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