Covid-19 : le vaccin pourrait-il être obligatoire ?

Alors que 41 % des Français sont réfractaires à l’idée de se faire vacciner contre le nouveau coronavirus, le gouvernement pourrait-il rendre ce vaccin obligatoire, pour atteindre l’immunité collective de la population ? Les réponses du ministre de la Santé…

Premier pays anti-vaccin européen, la France voit arriver le vaccin contre le coronavirus avec défiance. Selon un récent sondage Ipsos, menée sur 20 000 personnes dans 27 pays, 41 % de notre population refuserait de recevoir ladite piqûre, tandis qu’à l’échelle mondiale, un adulte sur quatre se dit prêt à le faire.

Parmi les principaux arguments des réfractaires : l'inquiétude concernant les effets secondaires (56 %) suivie du doute quant à son efficacité (29 %), puis du sentiment de ne pas être suffisamment à risque de contracter une forme grave de l’infection (19 %).

Pour le ministre de la Santé, la question est prématurée

Face au nombre important de réfractaires, l’État pourrait-il rendre le vaccin obligatoire, lorsqu’il sera disponible ? Pour l’instant, le ministre de la Santé préfère ne pas s’avancer. “Je n’ai absolument pas les clés, aujourd’hui, pour pouvoir répondre à cette question”, a ainsi répondu Olivier Véran lors d’une conférence de presse, le 27 août.

Ce dernier s’est néanmoins voulu rassurant, en expliquant qu’aucun vaccin n’arriverait sur le marché français, sans qu’il ne soit “à la fois efficace et sûr”. Le ministre a rappelé que la commercialisation d’un médicament immunologique “répond à des règles très strictes”, avant de détailler ces dernières.

Vaccin anti-Covid : il doit être “sûr et efficace” pour être mis sur le marché

“D’abord on identifie ce qu’on appelle la cible vaccinale (ici, le coronavirus, ndlr) et le moyen de lutter contre cette cible. Ensuite on va tester le produit chez des personnes saines et éventuellement sur modèle animal. Puis on va développer des essais à plus grande échelle, ce qu’on peut appeler des essais de phase 3, pour vérifier si le vaccin est efficace et s’il n’a pas ou peu d’effets indésirables. Et lorsqu’un vaccin remplit ces conditions, alors il peut bénéficier de recommandations d’utilisation, d’une autorisation de mise sur le marché par les autorités sanitaires et évidemment, d’un remboursement”.

Ainsi, le futur vaccin contre le virus SARS-CoV-2 devra d’abord remplir toutes ces conditions, et le Haut conseil de la santé publique devra identifier “les populations cibles à vacciner en priorité”, avant que le gouvernement puisse se pencher sur la question d’une potentielle obligation.

Des précommandes de vaccins ont été effectuées

Si la question se pose, on peut également supposer que l’évolution prochaine de la courbe épidémique jouera également un rôle déterminant dans la décision finale. Olivier Véran a d’ailleurs rappelé que la vaccination reste “le meilleur moyen d’atteindre une immunité de la population”. C’est, en effet “le moyen le plus sûr, le plus efficace, c’est ainsi qu’on éradique les maladies qui circulent”. À l'heure actuelle, des précommandes ont été faites auprès des laboratoires les plus avancés dans la mise au point du produit.