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Alors que le nombre de cas de Covid-19 continue de flamber aux États-Unis et reste dynamique en Europe, de plus en plus de personnes, notamment sur les réseaux sociaux, mettent en doute la date d'apparition du nouveau coronavirus ou encore son origine chinoise.

Le nouveau coronavirus circulait-il en Europe avant février ?

D'après certains scientifiques, le Covid-19 aurait pu se propager dans le monde pendant des années, voire des décennies avant la crise épidémique actuelle. Le virus pourrait être passé de l'animal à l'homme bien avant d'être diagnostiqué à Wuhan. C'est en tout cas l'hypothèse d'une étude internationale publiée le 17 mars 2020 dans la revue Nature Medicine.

Pour le Dr Francis Collins, directeur de l'Institut national américain de la santé, ce travail suggère notamment que le virus a pu vivre très longtemps "avant qu'il ne soit capable de provoquer des maladies chez l'homme". "Puis, à la suite de changements évolutifs au fil des années ou peut-être de décennies, le virus a finalement acquis la capacité de se propager d'homme à homme et de provoquer des maladies graves, souvent mortelles", a-t-il précisé.

Une hypothèse que ne désavoue pas non plus le professeur Giuseppe Remuzzi, directeur de l'Institut Mario Negri pour la recherche pharmacologique à Milan. Le spécialiste a notamment fait état "d'étranges pneumonies" en Italie, dès novembre dernier. Il n'est donc peut-être pas impossible que le nouveau coronavirus ait circulé en Europe et surtout avant le 24 janvier 2020 en France, quand les trois premiers cas ont été recensés sur le territoire.

L'immunité collective acquise : une hypothèse dangereuse

Les doutes se répandent donc peu à peu sur le fait qu'il y ait pu avoir des cas de Covid-19 avant la reconnaissance officielle par les autorités de cas testés. Spécifiquement aux États-Unis où de nombreuses personnes partagent actuellement sur les réseaux sociaux des histoires de fièvres inexpliquées ou de syndrome grippal au cours des mois de novembre et décembre 2019 et se demandant si elles ne pourraient pas avoir déjà eu le Covid-19 sans s'en rendre compte. La rumeur est vivace en Californie, où de plus en plus d'individus affirment que de nombreux Californiens ont déjà été infectés, ce qui offrirait un certain niveau d'"immunité collective" à la population de la région. Et c'est là que d'une interrogation scientifique justifiée, on bascule dans la désinformation...

L'idée d'une immunité collective déjà acquise n'est en effet pas sans risque sachant que cette dernière pourrait signifier un retour à la vie normale plus précoce qu'il n'est prévu. S'il n'est pas improbable que le virus ait circulé plus tôt qu'on ne le pense, extrapoler à un nombre de cas important dès 2019, et conclure à immunité de masse relève pour l'heure de la fake news et peut être particulièrement dangereux. Sans fondement scientifique, cette croyance pourrait saper l'ensemble des mesures barrières qui contribuent aujourd'hui à faire reculer la pandémie.

D'ailleurs un journaliste de Slate a interrogé des chercheurs de Stanford sur la potentielle part de vérité de cette rumeur. Réponse des scientifiques : selon leurs recherches, le Covid-19 n'était en tout cas pas présent à l'automne ou l'hiver 2019 sur le sol nord-américain.

Immunité : le virus a déjà muté plusieurs fois...

Par ailleurs, la génétique fournit des informations sur la propagation mondiale de Covid-19. Elle permet aux scientifiques de suivre son parcours à travers le monde. Sur la base de mutations mineures qui modifient subtilement le code génétique du virus, les chercheurs concluent pour le moment, à une origine chinoise datant de novembre ou décembre 2020. Tous leurs travaux sont documentés dans une source de données nommée Nextstrain, un projet open source qui suit l'évolution génétique des maladies infectieuses à travers le monde.

Selon ces chercheurs, au moment où le Covid-19 a été identifié pour la première fois aux États-Unis, il avait déjà eu au moins 6 mutations par rapport à la structure génétique d'origine en Chine. Et le travail des généticiens sur les souches de Californie montre au moins 8 mutations compatibles avec la propagation du virus depuis l'État de Washington, New York, l'Europe et la Chine. Difficile dans ces conditions d'être immunisé sans doute.

Enfin, dernier argument démontrant que la maladie ne circule activement que depuis peu, c'est que la flambée des hospitalisations ne date que de quelques semaines... Il ne peut donc y avoir à ce jour d'immunité collective suffisante pour que nous soyons hors de danger.

Aujourd'hui, les chercheurs du monde entier travaillent avec acharnement à la compréhension des mécanismes d'immunité face au nouveau coronavirus et il est peu probable que nous puissions atteindre en toute sécurité l'immunité massive sans vaccin efficace...

> De plus en plus de femmes renoncent à la chirurgie esthétique et utilisent cette pilule à la place.

Sources

https://www.nature.com/articles/s41591-020-0820-9

https://nextstrain.org/#ncov

https://slate.com/technology/2020/04/coronavirus-circulating-california-2019-bunk.html

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