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C'est un nouvel espoir pour ceux qui souffrent de formes sévères du coronavirus ou qui ont des séquelles après leur guérison. Invité d'Europe 1 ce jeudi 22 avril, Jesus Martin-Garcia, directeur général de GeNeuro, une biotech franco-suisse, a expliqué comment le traitement développé par des chercheurs pour lutter contre la sclérose en plaques pourrait finalement permettre de lutter contre les formes les plus graves du Covid-19 et les séquelles après leur guérison. "Nous ne sommes pas une société, qui, au départ, est tournée vers le Covid-19", a expliqué Jesus Martin-Garcia. En effet, l'activité "normale" de GeNeuro est concentrée sur les traitements neurologiques.

Leur but était en réalité de "neutraliser des protéines qui ont contaminé nos ancêtres et sont restées dans notre ADN". Ils travaillent principalement sur les protéines "W ENV et K ENV". Selon Jesus Martin-Garcia précise que "le W ENV est une protéine que l'on retrouve principalement dans des maladies neurodégénératives, comme la sclérose en plaques". C'est la semaine dernière, avec la publication d'études par l'Université de Rome et le Centre international de recherche en infectiologie de Lyon, que la société spécialisée dans le développement de traitements sûrs et efficaces a eu la surprise de découvrir que cette protéine était également présente en grande quantité dans le sang des patients contaminés par la Covid-19.

La protéine très inflammatoire "W ENV" en cause

"C'était une grande surprise. C'est une protéine qui est très inflammatoire. (…) Il est possible que cette protéine, comme c'est supposé par ces publications, joue le rôle d'huile sur le feu dans la partie aiguë de la maladie", a confié le directeur général de la biotech suisse. La protéine "W ENV" ne serait pas seulement responsable des formes les plus sévères du coronavirus, mais serait également impliquée dans le développement de symptômes post-Covid chez des malades désormais négatifs au coronavirus. "On voit qu'au moins 10% des cas développent des syndromes très handicapants, de nature généralement neurologiques ou neuropsychiatriques et jusqu'ici on n'avait aucune idée du pourquoi", précise Jesus Martin-Garcia.

En effet, selon une étude publiée dans The Lancet Psychiatry, 34% des malades se sont vus diagnostiquer une maladie neurologique ou psychiatrique dans les six mois suivant leur infection. L'anxiété (17%) et les troubles de l'humeur (14%) sont les diagnostics les plus fréquents. Près de 7% des patients qui avaient été en réanimation ont fait un AVC par la suite, 2,7% une hémorragie cérébrale et près de 2% ont développé une démence, contre respectivement 1,3%, 0,3% et 0,4% de ceux non hospitalisés.

Un anticorps monoclonal efficace ?

Sachant désormais le rôle de la protéine W ENV dans les séquelles neurologiques du coronavirus ainsi que dans le développement de formes sévères de la maladie, les traitements développés et testés par la biotech suisse GeNeuro sont un véritable espoir pour les malades du coronavirus.

"Nous avons des médicaments contre, qui ont déjà été utilisés sur des centaines de patients atteints de sclérose en plaques, avec des résultats très prometteurs", assure en effet à Europe 1 Jesus Martin-Garcia. "Ils pourraient maintenant être utilisés dans le domaine du Covid", assure-t-il.

Selon Europe 1, un des traitements développés par les chercheurs, le temelimab, est particulièrement privilégié pour neutraliser la protéine. Il s'agit d'un anticorps monoclonal.

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