"700 000 tests virologiques par semaine au 11 mai" : 5 choses à savoir

Accroître nos capacités de dépistage du Covid-19 à 700 000 tests hebdomadaires, telle était l’une des conditions annoncée par le gouvernement pour amorcer le déconfinement des Français. Pourquoi ce chiffre ? Qui pourra en bénéficier ? Ces tests seront-ils remboursés ? Explications en cinq questions.

Tester massivement les Français, tel est l’un des piliers du déconfinement, dont le plan a été dévoilé le 28 avril à l’Assemblée nationale, par le Premier ministre Edouard Philippe, et qui a officiellement débuté le 11 mai. "Nous serons en capacité de massifier nos tests jusqu'à 700 000 tests virologiques par semaine", avait-il alors déclaré. Dans ce diaporama, nous vous expliquons plus en détail tout ce qu'il faut savoir sur ces tests. Pour le consulter, cliquez sur l'image en haut de l'article. 

“Protéger - Tester - Isoler” : les bases du plan de déconfinement

Dans son discours, il précise également que la stratégie nationale “va reposer sur le triptyque : Protéger - Tester - Isoler”.

La protection passera par le respect des gestes barrières et de la distanciation sociale, mais aussi par la distribution de masques grand public sur l’ensemble du territoire. “Nous recevons près de 100 millions de masques chirurgicaux par semaine désormais, et que nous recevrons près de 20 millions de masques grand public lavables à compter de mai”, a annoncé le ministre.

Un dépistage de masse sera également nécessaire à la sortie du confinement, de manière à pouvoir identifier les cas au plus vite et les isoler, et ainsi d’éviter une seconde vague de l’épidémie. Dans son discours, Edouard Philippe est revenu sur l’évolution de la stratégie de tests en France, depuis le début de la pandémie.

Covid-19 : la stratégie de dépistage a beaucoup évolué

“La doctrine initiale consistait, dans ce que nous appelions alors la phase 1, à tester au maximum”, rappelle-t-il, en faisant références aux recommandations scientifiques de l’époque, et en particulier, à celles de l’Organisation Mondiale de la Santé. “Mais la doctrine voulait qu’une fois l’épidémie passée en phase 3, on ne teste plus que les malades hospitalisés pour suspicion de Covid-19, les soignants symptomatiques et les premiers cas dans les établissements accueillant des publics fragiles. C’est ce que nous avons fait”.

Désormais, les recommandations ont encore évoluées en matière de test. “À la sortie du confinement, nous serons en capacité de massifier nos tests. Nous nous sommes fixés l’objectif de réaliser au moins 700 000 tests virologiques par semaine au 11 mai”, explique le Premier ministre.

Comment aurons-nous assez de tests en si peu de temps ?

À l'heure où nous écrivons ces lignes (soit le 29 avril 2020), la France est capable de pratiquer 250 000 tests par semaine. Soit 12,5 fois plus qu’au 19 mars, où seulement 20 000 personnes étaient testées chaque semaine dans l’Hexagone. Pour atteindre une capacité de 700 000 tests hebdomadaires, il faudra multiplier notre capacité actuelle par 2,8 en l'espace de quinze jours.

Pour François Blanchecotte, président du syndicat des biologistes interrogé par France Info, ce chiffre est techniquement atteignable, mais il suppose de recruter davantage de personnel. Notre capacité à pratiquer 700 000 tests par semaine reposerait donc sur deux conditions. “Premièrement, avoir un panel plus large de préleveurs. Il faut que nous élargissions aux médecins, aux infirmières libérales, pour pouvoir prélever à ces niveaux-là. Deuxièmement, il faut aussi qu’on augmente notre nombre de techniciens (de laboratoire, ndlr)".

Plus de personnel et de matériel : la condition pour atteindre les 700 000 tests

La pénurie de matériel pose un autre problème. Notamment, le manque d’écouvillons (qui servent à réaliser les prélèvements nasaux) et de réactifs. Flore Rozenberg, cheffe du service virologie à l'hôpital Cochin, explique au Parisien que son équipe “fait les fonds de tiroirs au niveau des écouvillons. Au début, c'était du matériel de première qualité, là ça ressemble plutôt à des cotons-tiges”. Des commandes ont été effectuées, et sont en attente de livraison.

En ce qui concerne les réactifs, la professeure précise : “on fait ce qu’on peut. Leur approvisionnement est le point le plus délicat”. Elle soulève néanmoins plusieurs points positifs : “chaque laboratoire est en train de doubler ou tripler ses capacités”. Pour y parvenir, “des machines de tests ont été mises à disposition ou acquises, des renforts humains sont venus nous aider”.

Pour l’heure, Edouard Philippe se veut rassurant : “nous avons engagé la mobilisation conjointe des laboratoires publics et privés qui peuvent aujourd’hui monter en charge très rapidement en termes de capacités”.

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