Près de 2 millions de données analysées : la plus large étude jamais réalisée révèle (enfin) ce qu'il faut manger pour éviter 5 cancers !

Publié par S. Coucke-Haddad
le 03/04/2026
Plusieurs personnes de différents âge à table en train de partager un repas familial, on distingue c
New Planet Media
L'alimentation, on le sait, joue un rôle déterminant dans la prévention des cancers et de nombreuses personnes limitent ou excluent toute consommation de viande pour préserver leur santé et prévenir les cancers. Mais est-ce vraiment utile ? La plus vaste étude jamais menée sur le sujet répond.

L'évaluation de l'impact de la viande sur les cancers franchit un nouveau cap, jusqu’ici jamais atteint. Cette méga-étude internationale publiée dans le British Journal of Cancer fin février 2026 a réalisé un travail titanesque en analysant près de 2 millions de données pour tenter de déterminer si la viande, oui ou non, a un impact délétère sur nos organismes et favorise l’apparition de certains cancers. Les résultats sont plus nuancés que ce que l’on aurait pu penser.

Les données de 1.8 million de personnes analysée

Comment s’est déroulée cette étude réalisée par une équipe de chercheurs d’Oxford ? Les équipes de recherche ont mis en place une méthodologie extrêmement rigoureuse en regroupant les données issues de neuf grandes cohortes mondiales. Ces groupes ont été suivis avec attention pendant 16 ans en moyenne, rassemblant un total impressionnant de plus de 1,8 million de participants répartis à travers l'Europe, l'Amérique et l'Asie. Cette approche exhaustive permet de comparer précisément différents profils nutritionnels : les mangeurs de viande qui servent de référence, les consommateurs exclusifs de volaille, les pescatariens qui intègrent du poisson, les végétariens traditionnels et enfin les végans. L'objectif principal est de clarifier définitivement l'influence de ces choix de vie sur 17 types de cancers en s'appuyant sur une puissance statistique sans précédent.

Cinq cancers dont le risque diminue fortement quand on exclut la viande

L'éviction de la viande rouge de nos assiettes démontre des bénéfices majeurs et quantifiables pour plusieurs organes de notre corps. Les résultats soulignent une baisse significative de 28 % du risque de cancer du rein chez les végétariens, et de 27 % chez les pescatariens, en comparaison aux omnivores. Le pancréas bénéficie également d'une réduction de 21 % du risque pour les personnes respectant un régime végétarien strict. Concernant les maladies du sang, le myélome multiple affiche une diminution remarquable de 31 % chez les végétariens. Du côté du système reproducteur masculin, le risque de cancer de la prostate baisse de 12 % pour les régimes sans viande et de 7 % pour les individus consommant uniquement de la volaille. Enfin, le cancer du sein enregistre un recul de 9 % chez les femmes végétariennes, un effet préventif particulièrement protecteur observé chez les patientes ménopausées.

Certains cancers plus élevés chez les végétariens

La suppression totale des produits d'origine animale n'offre cependant pas un bouclier absolu contre la maladie. L'étude met en lumière des vulnérabilités étonnantes : le risque de carcinome épidermoïde de l'œsophage est multiplié par 1,93 chez les végétariens par rapport aux consommateurs de viande. Du côté des régimes végans exclusifs, ces données scientifiques révèlent une augmentation de 40 % du risque de cancer colorectal, un chiffre qui interpelle la communauté médicale. À l'inverse, il est intéressant de noter que les pescatariens voient ce même risque intestinal diminuer de 15 %. Par ailleurs, l'analyse ne démontre aucune différence significative pour les cancers de l'estomac, du foie, de l'ovaire, de la vessie ou du poumon chez les patients non-fumeurs.

Le rôle majeur du poids dans la prévention des cancers

Les chercheurs britanniques précisent que l'ajustement des résultats en fonction de l'Indice de Masse Corporelle (IMC) modifie légèrement ces observations. L'effet bouclier offert par le végétarisme s'explique en grande partie par le maintien d'un IMC globalement plus faible chez ses adeptes. L'augmentation des risques associés à la sphère œsophagienne chez les végétariens s'expliquerait par des carences en riboflavine (vitamine B2) et en zinc, des éléments nutritionnels qui abondent naturellement dans les viandes. Pour le cancer colorectal chez les personnes végans, le manque d'apport en produits laitiers induit de très faibles taux de calcium, un minéral reconnu pour son action protectrice sur la paroi intestinale. Plus globalement, malgré ces points de vigilance précis, une consommation abondante de fibres végétales, de céréales complètes et de fruits, associée à la limitation de la charcuterie, demeure une stratégie nutritionnelle efficace pour prévenir l'apparition des cancers.

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