Guillaume Durand (mal) diagnostiqué d’un cancer ORL : pourquoi faut-il appliquer la règle du 1 pour 3

Publié par Sandrine Coucke-Haddad
le 19/01/2026
Guillaume Durand cancer ORL
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“T’as qu’à prendre un doliprane !”. Invité dans l’émission Quelle époque ! sur France télévision ce samedi 17 janvier, Guillaume Durand est revenu sur les difficultés qu’il a rencontrées avant l’annonce de son diagnostic de cancer de la mâchoire. Pourtant la règle du 1 pour 3 aurait pu l’aider. Explications.

C’est en 2021 que la cancer est venu frapper à la porte de Guillaume Durand, journaliste incontournable du paysage audiovisuel français, homme de radio et visage du 20 heures pendant des années. "Ça a commencé par un banal mal de dent au printemps”, avait-il alors expliqué dans un entretien au Parisien en 2022. Après une consultation chez un stomatologue puis chez une “radiologue spécialiste des mandibules” on le rassure, il s’agit “d’une dent de sagesse infectée, mais pas de cancer”. 

Il faudra d’autres examens pour finalement que le diagnostic soit enfin posé : "J’ai eu une première opération. Puis une hémorragie incompréhensible. Un deuxième stomato m’enlève une molaire. Avec biopsie, cette fois. Le lendemain, mon médecin principal m’annonce que j’ai une tumeur cancéreuse". 

Cette “épreuve avant l’épreuve”, traversée par Guillaume Durand avant l’annonce de son cancer de la mâchoire, résonne comme un avertissement pour de nombreux Français. Son témoignage met en lumière la réalité complexe du parcours de soins en oncologie, où chaque jour compte.

Cancer de la mâchoire : le rôle prépondérant des dentistes mis en lumière 

"Les dentistes ne sont pas toujours au sommet des connaissances dans le monde de la science. J'en ai vu plusieurs qui m'ont dit : T'as qu'à prendre du Doliprane et retourner à Biarritz. Et en fait, il y en a un qui a été plus malin, et j'ai un cancer de la mâchoire”, a-t-il ainsi détaillé dans l'émission de Léa Salamé samedi. Pourtant, les dentistes sont en première ligne pour ce qui concerne la détection des cancers ORL. Ce sont les mieux placés pour repérer les Affections Potentiellement Malignes (APM), ces lésions précancéreuses qui précèdent 70 % des cancers buccaux. 

Pourtant, une enquête menée auprès de 676 chirurgiens-dentistes français et publiée en juin 2025 dans le Journal of Stomatology Oral and Maxillofacial Surgery révèle que seulement la moitié des chirurgiens-dentistes français effectuent un examen systématique des muqueuses lors d'une consultation standard. 

N’hésitez pas à solliciter cet examen complet lors de vos visites de contrôle, surtout si vous présentez des facteurs de risque (le tabac et la consommation d’alcool sont des facteurs de risques identifiés notamment). En cas de doute face à une lésion suspecte, votre dentiste vous orientera sans délai vers un stomatologue ou un ORL pour réaliser une biopsie, seul moyen de confirmer le diagnostic.

70 % des cancers ORL sont dépistés à un stade avancé : repérer les cancers de la bouche grâce à la règle du "1 pour 3"

Avec 15 000 nouveaux cas par an, cancers ORL, ou cancers des voies aérodigestives supérieures (VADS),représentent la cinquième cause de cancer en France. Pourtant, les symptômes sont souvent banalisés par les patients, ce qui explique que 70 % des cancers ORL sont diagnostiqués à un stade avancé, comme le rappelle la Ligue contre le cancer. Pour faciliter la détection, Gustave Roussy, centre de référence national pour le traitement des cancers ORL, recommande d'appliquer la règle du “un pour trois” pour les symptômes des cancers ORL. 

Le principe est simple : si vous présentez un des symptôme suivants depuis plus de trois semaines, une consultation médicale est impérative : 

  • Douleurs à la langue,
  • Ulcères de la bouche qui ne guérissent pas
  • Taches rouges ou blanches dans la bouche
  • Un enrouement qui persiste
  • Une déglutition douloureuse
  • Une grosseur dans le cou
  • Le nez bouché
  • Des saignements de nez 

Détectés à un stade précoce, ces cancers affichent un taux de survie de 80 à 90 %, contre des pronostics beaucoup plus sombres en cas de découverte tardive. Le tabagisme reste le facteur de risque prédominant, impliqué dans 85 % des cas.

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