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En France, près de 12 000 personnes décèdent chaque année des suites d’un cancer du sein. C’est le premier cancer chez la femme et aussi le plus meurtrier. Tous les ans, 58 000 nouveaux cas sont dépistés et dans 8 cas sur 10, ce sont des femmes âgées de plus de 50 ans qui sont touchés.

Les cancers du sein les plus fréquents sont des adénocarcinomes, qui se développent à partir des cellules épithéliales de la glande mammaire (95 % des cas). Peu de personne en sont consciente, mais le cancer du sein peut aussi toucher les hommes. Ces derniers représentent 1 % des patients touchés par cette pathologie.

Une nouvelle étude, parue dans le journal The Lancet, vient de démontrer qu’un médicament pourrait réduire de moitié les risque de développer un cancer du sein, et ce, durant au moins une décennie. Le traitement en question ? L’anastrozole, commercialisé sous la marque Arimidex®. En prenant ce médicament, vous pourriez prévenir le cancer du sein pendant plus de 10 ans. Ce qui éliminerait les risques de mastectomies pour la population à risque.

Une réduction de 49 % du risque de cancer du sein observé pour l’anastrozol

L’étude a été menée en 2003 sur un groupe de 3864 femmes ménopausées en bonne santé, mais considérées comme à risque de cancer du sein. Parmi elles, 1944 femmes se sont vues administrer 1 mg d’anatrozole par jour et 1944, un placebo.

"La première analyse, après un suivi médian de 60 mois, a rapporté une réduction significative de l’incidence de 53 % pour tous les cancers du sein [y compris le cancer de type carcinome, ndrl], ont partagé les chercheurs. Une réduction de 58 % de l’incidence du cancer du sein invasif à récepteurs d’œstrogènes positifs et une réduction de 70 % de l’incidence du carcinome ont été observées pour l’anastrozole".

L’étude s’est étendue jusqu’au 31 janvier 2012. En moyenne, après tous les suivis durant 131 mois, il est apparu une réduction de 49 % du risque de cancer du sein, observé pour l’anastrozole. "La réduction était plus importante au cours des 5 premières années", soulève l’étude.

Encore plus efficace que le tamoxifène ?

Selon cette dernière étude, l’anastrozole agit en réduisant la production d'hormones œstrogènes. Or, cette dernière est l’une des principales causes dans la survenue du cancer du sein. Si la plupart des cancers du sein affectent la femme, c’est en effet, surtout parce que leurs cellules mammaires sont exposées aux hormones femelles appelées œstrogène et progestérone, confirme la Société Canadienne du Cancer.

L’étude démontre aussi que l’anastrozole réduit encore plus les risques de cancer que le tamoxifène, un autre médicament aux propriétés similaires. Cet antihormonal est connu pour être prescrit à des femmes en rémission après un cancer du sein pour éviter les risques de récidive.

Environ 70% des cancers du sein sont oestrogéno dépendants. "Ce qui signifie que les tumeurs répondent aux thérapies hormonales qui ciblent la production d'hormones œstrogènes", justifie l’étude.

Cancer du sein : quels sont les plus grands facteurs de risques ?

Cancer du sein : quels sont les plus grands facteurs de risques ?© Istock

"Le cancer du sein est une maladie multifactorielle. Cela signifie que plusieurs facteurs influent sur le risque de sa survenue", explique l’Institut National du Cancer. Néanmoins, une personne qui possède un ou plusieurs facteurs de risque peut ne jamais développer de cancer et vice versa.

Les scientifiques mentionnent les facteurs de risques liés à l’âge : en effet, près de 80% des cancers du sein se développent après 50 ans. On connaît aussi les facteurs de risque liés à nos modes de vie tels que la consommation d’alcool et de tabac, un surpoids ou encore pas ou peu d’activité physique peuvent favoriser l’apparition d’un cancer du sein. Et enfin, les facteurs de risque liés à certains antécédents médicaux et familiaux.

En outre, d’autres facteurs ont également été identifiés. On note certains traitements hormonaux liés à la ménopause, notamment.

Les symptômes à repérer

Les symptômes à repérer © Istock

Une boule ou une masse dans un sein est le signe d’un cancer du sein le plus couramment observé. Cette masse, en général non douloureuse, est le plus souvent de consistance dure et présente des contours irréguliers. Elle apparaît par ailleurs comme "fixée" dans le sein, décrit encore l’Institut National du Cancer.

Par ailleurs, une ou plusieurs masse(s) dures au niveau de l'aisselle peut présager un cancer propagé aux ganglions axillaires.

Une modification de la peau des seins (rétraction, rougeur, œdème ou aspect de peau d’orange), une modification du mamelon (rétractation, changement de couleur, suintement ou écoulement) et une évolution de la forme des seins doit aussi amener à consulter.

Sources

Use of anastrozole for breast cancer prevention (IBIS-II): long-term results of a randomised controlled trial,The Lancet, 12 décembre 2019

Institut National du Cancer

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