Cancer du pape : quelles chances de survie avec un adénocarcinome pulmonaire ?

Publié par S. Coucke-Haddad
le 14/10/2026
Pape Léon XIV
Autre
Photo d'illustration
Opéré d'un nodule sur le poumon plus tôt cette semaine, le pape Léon XIV est toujours hospitalisé. Les premiers résultats confirment qu’il s'agit bien d’un cancer, plus précisément d’un adénocarcinome pulmonaire. Quelles sont les chances de survie avec ce type de cancer ? On fait le point.
 

Il l’avait lui-même annoncé dimanche dernier à la fin de la messe : Léon XIV devait subir sans tarder une opération chirurgicale pour enlever un nodule sur son poumon. Il s’avère que ce nodule est bien cancéreux, le Vatican vient de le confirmer. Si le mot de cancer suscite immédiatement l'inquiétude, l’évolution de la maladie peut être très différente d’un malade à un autre.

De quoi souffre précisément le souverain pontife ?

L'adénocarcinome pulmonaire appartient à la grande famille des cancers bronchiques non à petites cellules. Cette forme histologique représente 40 % à 50 % des tumeurs du poumon et prend généralement naissance dans les zones périphériques des lobes, ce qui facilite son repérage lors d'un examen d'imagerie. Elle peut survenir chez les fumeurs tout comme chez des personnes non exposées au tabac.

À la polyclinique Gemelli que le pape avait intégré en début de semaine,l’opération a été réalisée par le professeur Stefano Margaritora. L'intervention visait une radicalité chirurgicale immédiate, c'est-à-dire l'ablation totale de la lésion maligne entourée de marges de tissu sain, afin de réduire au minimum le risque de récidive locale. « Le pape a subi, comme prévu, une intervention de chirurgie thoracique. Afin de garantir une opération radicale, le lobe inférieur du poumon droit a été retiré grâce à une technique vidéo-assistée. L’examen histologique in situ a confirmé le diagnostic d’un adénocarcinome pulmonaire, comme le laissaient présager les examens préopératoires », ont ainsi détaillé le Dr Luigi Carbone et le Pr Stefano Margaritora dans un communiqué du Vatican.

Quelles sont les statistiques de survie après l'opération ?

L'évolution de la maladie dépend directement de son degré d'extension au moment de l'exérèse. Si le taux de survie globale à 5 ans avoisine 20 % tous stades confondus, les chiffres augmentent nettement quand la tumeur est retirée alors qu'elle est encore localisée.

Selon les registres de l'Association internationale pour l'étude du cancer du poumon (IASLC, 8e édition TNM), le taux de survie relative oscille entre 68 % et 92 % à 5 ans pour les adénocarcinomes de stade I retirés totalement par chirurgie. L'analyse anatomopathologique définitive des ganglions lymphatiques prélevés durant l'acte permettra d'authentifier l'absence de micro-métastases et de statuer sur le pronostic.

Cancer du poumon : quels sont es facteurs déterminants pour la guérison

Le recours à la chirurgie vidéo-assistée apporte un bénéfice physiologique notable pour les suites opératoires. Cette méthode mini-invasive évite l'écartement large des côtes, ce qui favorise une récupération respiratoire accélérée et diminue les complications postopératoires chez les personnes âgées.

La bonne santé cardio-respiratoire initiale conditionne également la reprise des forces. En cas d'atteinte ganglionnaire microscopique décelée lors des analyses, les thérapies adjuvantes actuelles (thérapies ciblées sur mutations génétiques ou immunothérapie) permettent de réduire le risque de récidive de 30 % à 40 %.

Comment se déroule la convalescence après l'ablation d'un lobe ?

Retirer un lobe pulmonaire ne prive pas le patient de sa capacité à respirer normalement. Le poumon droit comporte originellement trois lobes distincts, et l'amputation d'une de ces unités n'ampute la capacité pulmonaire que de 15 % à 20 % environ, une baisse qui peut se compenser au fil des mois par l’adaptation des lobes restants.

Après un séjour hospitalier d'environ une semaine, on peut reprendre le cours de sa vie progressivement. Pour ce qui concerne le pape Léon XIV, il est probable que l'équipe médicale mette en place un contrôle par scanner tous les 3 à 6 mois durant les premières années afin de veiller à la rémission.

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