Nodule pulmonaire : le pape Léon XIV a-t-il un cancer ?

Publié par S. Coucke-Haddad
le 12/10/2026
Pape Léon XIV
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© Bracaglia Andrea/ABACA
Il l’a annoncé lui-même hier à Rome. Le pape Léon XIV va se faire opérer prochainement pour se faire retirer un nodule au poumon. De quoi alimenter les rumeurs de cancer. Le point sur le nodule pulmonaire et les risques effectifs de cancer.
 

L'annonce a surpris les fidèles réunis place Saint-Pierre lors de la prière de l'Angélus ce dimanche 11 octobre 2026, elle est venue du pape Léon XIV lui-même : « Récemment, lors de quelques examens, les médecins ont détecté un nodule circonscrit au poumon. Il a été détecté à un stade très précoce et est bien localisé. » Le chef de l'Église catholique a ainsi confirmé la découverte d'une tumeur thoracique bien délimitée, et son choix de subir une opération chirurgicale. « Les médecins estiment qu’il convient d’intervenir, et donc, suivant leurs conseils, j’ai décidé de me faire opérer pour le faire retirer », a précisé le souverain pontife.

Une intervention chirurgicale programmée à Rome dans les prochains jours

L'intervention doit se dérouler à la polyclinique Gemelli de Rome, établissement historique surnommé le « Vatican III » depuis les hospitalisations répétées de Jean-Paul II dans les jours prochains. Matteo Bruni, directeur de la Salle de presse du Saint-Siège a précisé aux journalistes « que l’intervention est prévue pour le début de la semaine prochaine » et que la durée d'hospitalisation postopératoire est estimée à environ sept jours. La Conférence épiscopale italienne, le président Sergio Mattarella et la Première ministre Giorgia Meloni ont rapidement adressé leurs vœux de prompt rétablissement, avant que les messages de soutien affluent du monde entier.

Pape Léon XIV malade : qu'est-ce qu'un nodule pulmonaire isolé ?

Sur le plan radiologique, un nodule pulmonaire se définit par une opacité arrondie ou ovale mesurant 30 millimètres ou moins, entourée de tissu pulmonaire sain. Au-dessus de cette taille de 3 centimètres, les radiologues parlent de masse pulmonaire, une lésion associée à une probabilité de malignité nettement supérieure.

Ces anomalies sont très souvent découvertes fortuitement lors d'un examen. Les données d'imagerie et les résultats de l'étude française DEP'K80 montrent que 25 % à 30 % des scanners thoraciques révèlent un nodule, sans le moindre symptôme préalable. Et bonne nouvelle, dans la grande majorité des situations, la lésion ne présente aucun danger : plus de 80 % des nodules isolés sont bénins. Ils correspondent le plus souvent à d'anciennes cicatrices d'infections respiratoires, à des granulomes (de petits amas de cellules immunitaires) ou à des malformations bénignes.

Poumons : un nodule est-il synonyme de cancer ?

Découvrir un nodule ne signifie donc pas avoir un cancer du poumon. Selon les critères établis par la Fleischner Society, l'estimation du risque dépend de l'âge du patient, de son exposition au tabac, mais aussi de la taille et de la morphologie de la lésion. Une lésion inférieure à 6 millimètres présente un risque de malignité inférieur à 1 %, alors qu'un nodule mesurant plus de 8 à 10 millimètres requiert des explorations approfondies, car alors le danger est plus important.

La forme compte également : des contours spiculés, un aspect mixte ou une localisation dans les lobes supérieurs augmentent la probabilité d'une lésion maligne. Malgré l'aide de l'imagerie scanner ou du TEP-scan, seule l'analyse anatomopathologique au microscope permet d'affirmer avec certitude la nature bénigne ou cancéreuse du nodule. Ce qui nécessite donc un prélèvement.

Pourquoi les médecins retirent-ils une lésion précoce ?

La chirurgie est préconisée à la fois pour poser un diagnostic (après un prélèvement) et traiter au plus tôt en cas de problème. Si la lésion s'avère maligne, son exérèse précoce offre d'excellentes chances de guérison. D'après les référentiels de la Haute Autorité de Santé (HAS), le taux de survie à 5 ans atteint 40 % à 80 % pour les cancers bronchopulmonaires opérés à un stade localisé.
La chirurgie permet aussi à l’'équipe médicale de préserver la fonction respiratoire tout en supprimant la menace tissulaire. Enfin, cette opération chirurgicale précoce permet d'agir avant une éventuelle dissémination cellulaire.

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