Environ 9 000 nouveaux cancers du pancréas sont détectés chaque année en France. Si cette maladie est relativement peu fréquente, son incidence est en constante augmentation, sans qu’aucune raison ne soit clairement connue.

Un cancer du pancréas est provoqué par la multiplication rapide de cellules anormales capables de disséminer dans d’autres organes. La plupart des tumeurs pancréatiques cancéreuses sont des adénocarcinomes, qui se développent aux dépens du pancréas exocrine, c’est-à-dire assurant les fonctions digestives. Il s’agit de plus de 90% des cas. Le pancréas est une glande qui mesure une quinzaine de centimètres et se loge dans l’hypochondre gauche, en profondeur et en arrière de l’estomac. Il est impliqué dans la digestion et il participe à la régulation de l’absorption du glucose (sucre) et donc à la glycémie.

Le cancer du pancréas fait partie des cancers les plus mortels. Il n’est pas facile à détecter, car il est longtemps asymptomatique en raison de la localisation profonde de la glande. Il est donc souvent découvert à un stade tardif, ce qui explique son sombre pronostic.

Une nouvelle étude parue au sein de la revue scientifique PLOS ONE a identifié un symptôme qui serait visible trois ans avant le diagnostic. Il s'agirait de la perte de poids.

Cancer du pancréas : la perte de poids commence des années avant le diagnostic

Les chercheurs de l'Université de Surrey, en collaboration avec des chercheurs de l'Université d'Oxford, ont étudié les signes connus du cancer du pancréas (perte de poids, glycémie élevée et diabète). Les scientifiques se sont basés sur 10 000 Britanniques. "Nous avons comparé l'indice de masse corporelle (IMC) de près de 9 000 personnes diagnostiquées avec un cancer du pancréas avec ceux d'un groupe de personnes en bonne santé".

"Nous avons constaté que la perte de poids spectaculaire chez les personnes atteintes d'un cancer du pancréas commençait dès deux ans avant qu'elles ne reçoivent un diagnostic", poursuivent les chercheurs.

En effet, la perte de poids fait partie des symptômes d'alerte du cancer du pancréas. Or, ce que l'on ignorait, c'est que ce signe était susceptible d'apparaître 3 ans avant le diagnostic.

"Au moment du diagnostic, l'IMC moyen des personnes atteintes d'un cancer du pancréas était inférieur de près de trois unités à celui des personnes qui n'avaient pas de cancer. Des taux de glucose élevés ont été détectés encore plus tôt, à partir de trois ans avant le diagnostic". Une insuffisance pancréatique exocrine peut également entraîner un amaigrissement, lui-même provoqué par la diarrhée. En cas d'adénocarcinome (cancer) de la tête du pancréas, la Société Nationale Française de Gastro-Entérologie (SNFGE) indique qu’un amaigrissement, "souvent massif et rapide", peut être observé dans 50 à 80% des cas.

Cancer du pancréas : une augmentation de la glycémie doit aussi être prise au sérieux

L'analyse a également révélé que la perte de poids chez les personnes atteintes de diabète serait associée à un risque encore plus élevé de développer un cancer du pancréas. En outre, l'augmentation de la glycémie chez les non-diabétiques serait aussi à prendre au sérieux. Dans ce cas de figure, la glycémie est susceptible d'augmenter, sans qu'on observe de gain de poids.

Pour rappel, la deuxième grande fonction du pancréas est dite endocrine, c’est-à-dire qu’il joue un rôle dans "la régulation du taux de sucre dans le sang (la glycémie) par la sécrétion d’insuline notamment", précisait pour Medisite le Pr Crenn, hépato-gastro-entérologue et médecin nutritionniste. C’est pourquoi "une augmentation de la glycémie" peut également être un signe révélant un dysfonctionnement du pancréas. "Ce signe peut d’ailleurs lui-même être asymptomatique ou découvert sur un symptôme complètement autre que pancréatique", précise-t-il. Quelle(s) pathologie(s) cela peut-il révéler ? "Un diabète, qui est une maladie métabolique mais dont les causes et mécanismes ne sont pas que pancréatiques : le plus souvent, les anomalies de fonctionnement du pancréas sont secondaires par épuisement des sécrétions hormonales".

Ces deux symptômes doivent mettre la puce à l'oreille s'ils sont inexpliqués.

Si des examens sont effectués régulièrement, cela pourraient aider les médecins à identifier les personnes susceptibles d'avoir un cancer du pancréas plus précocement. Cela permettrait aux patients de réduire le risque de propagation du cancer et de pouvoir entamer les traitements à temps.

Attention aux douleurs abdominales, parfois irradiantes

Pour rappel, comme l'a déjà expliqué à Medisite le Pr Crenn, hépato-gastro-entérologue et médecin nutritionniste, la diarrhée graisseuse peut également "parfois être précédée ou accompagnée de douleurs abdominales". Elles être le signe d'une "atteinte pancréatique sans qu’il n’y ait encore obligatoirement un franc dysfonctionnement", c’est pourquoi elles sont à surveiller. D’autant plus lorsqu’il s’agit :

  • De "douleurs abdominales [intenses] hautes irradiant dans le dos", caractéristiques de la pancréatite aiguë. Certains cas peuvent évoluer vers une pancréatite chronique ;
  • De "douleurs chroniques ou [sub]aiguës", signes de pancréatite chronique ;
  • De "douleurs fortes et persistantes derrière l’estomac ou au niveau du dos qui ne sont pas calmées en position allongée", pouvant être notamment révélatrices d’une tumeur du pancréas.

Ce sont autant d'alertes que votre pancréas ne fonctionne plus.

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Sources

https://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0275369

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