Longévité : les analyses révèlent les secrets santé d'une Espagnole qui a vécu en pleine forme jusqu'à 117 ans

Publié par Aude Klain
le 12/07/2026
Femme âgée avec une petite fille
Istock
Photo d'illustration
Maria Branyas Morera s'est éteinte à l'âge de 117 ans. Et les analyses santé de cette Espagnole décortiquées par des chercheurs nous en disent beaucoup sur ses secrets de longévité.
 

Cette supercentenaire espagnole a fasciné les chercheurs, notamment après avoir vaincu la Covid-19 à 113 ans, ce qui prouve la robustesse de son système immunitaire. Une vaste étude multiomique, partagée en prépublication sur bioRxiv il y a quelques mois, détaille les mécanismes biologiques qui lui ont permis de traverser plus d'un siècle en pleine santé. Les scientifiques décryptent aujourd'hui son profil pour percer les secrets de l'extrême longévité.

Maria décédée à 117 ans : une particularité génétique contre les maladies de la vieillesse ?

L'analyse du génome de cette femme a révélé une résistance naturelle atypique. Malgré la présence de mutations liées à l'hématopoïèse clonale, qui favorisent habituellement les cancers et les maladies cardiovasculaires, Maria n'a développé aucune de ces pathologies. Elle fut même la seule de sa fratrie à ne jamais souffrir de tumeurs ou de troubles neurodégénératifs.

Cette protection s'explique par des variants homozygotes rares identifiés sur des gènes bien précis. Selon les chercheurs, son ADN présentait des spécificités sur le gène DSCAML1 lié à la cognition, sur MAP4K3 agissant sur l'inflammation, et sur TSPYL4 protégeant la fonction pulmonaire. Sa durée de vie ne dépend pas d'un unique gène miracle, mais d'une véritable synergie biologique qui a favorisé le métabolisme mitochondrial et l'immunité, et explique en partie son extraordinaire longévité en bonne santé.

Métabolisme et microbiote : une efficacité hors norme

Autre surprise de ces analyses : son bilan lipidique s'est avéré particulièrement sain. Les analyses ont démontré des taux extrêmement bas de cholestérol VLDL et de triglycérides, associés à un excellent taux de HDL, assurant une protection cardiovasculaire optimale.

L'analyse de ses selles a également dévoilé un microbiote intestinal très diversifié. Son indice bactérien atteignait 6,78, un chiffre bien supérieur à la moyenne de 3,05 observée chez les seniors. Sa flore abondait de souches protectrices comme Bifidobacterium. Par ailleurs, la faible concentration de certaines glycoprotéines a confirmé l'absence d'inflammation chronique systémique, un phénomène généralement délétère chez les personnes âgées.

Longévité : quel est le paradoxe de l’horloge biologique ?

L'examen de ses cellules a mis en lumière un comportement paradoxal des télomères, les structures protégeant l'extrémité des chromosomes. Bien qu'elle avait les télomères les plus courts mesurés chez des volontaires sains, cette caractéristique n'a provoqué ni dégénérescence neuronale ni diabète.

Grâce à six horloges épigénétiques différentes, la science a prouvé que ses tissus possédaient un âge biologique de centenaire, en net décalage avec ses 117 années à l'état civil. En retenant une hyperméthylation sur plusieurs séquences d'ADN répétitives, son corps a maintenu une parfaite stabilité chromosomique, à l'inverse du processus classique de vieillissement.

Alimentation et stimulation : les habitudes de Maria au quotidien

Si la génétique constitue une base solide, l'hygiène de vie de Maria a soutenu cette longévité hors pair. Chaque jour, la supercentenaire consommait trois yaourts, une habitude idéale pour apporter des probiotiques naturels et fortifier les souches de lactobacilles de ses intestins. Son régime méditerranéen strict incluait une forte proportion de végétaux, de fruits et d'huile d'olive.

Et si Maria mangeait sainement, elle a aussi, tout au long de sa vie, chouchouté sa santé mentale en pratiquant régulièrement le piano, la lecture et le jardinage ont permis de préserver ses fonctions intellectuelles jusqu'au bout. L'étude insiste enfin sur sa résilience psychologique, soulignant sa formidable capacité à conserver un équilibre mental solide malgré les événements douloureux inhérents à une si longue existence.

Afficher les sources de cet article
Voir les commentaires