Cette mayonnaise est la mieux notée par Que Choisir (et c'est l'une des moins chères !)

Publié par Céline Willefrand
le 07/07/2026
plusieurs pots et tubes de mayonnaise
New Planet Media
Photo d'illustration
Une enquête de l'association Que Choisir révèle des disparités majeures entre les références du commerce et dévoile quelle marque offre un rapport qualité-prix imbattable.
 

Sauce incontournable de nos repas estivaux, la mayonnaise industrielle cache souvent des listes d'ingrédients à rallonge. Si la recette traditionnelle se contente d'huile, d'œuf et de moutarde, les rayons des supermarchés proposent une réalité bien différente. Entre additifs controversés et contaminants chimiques, certains pots affichent une composition qui pose problème. Et ce ne sont pas forcément les plus chères qui sont les mieux notées !

Palmarès : quelles sont les meilleures et les pires marques ?

Selon l’enquête publiée par Que Choisir cette fin juin 2026, le podium réserve quelques surprises. La référence Lesieur Mayonnaise façon maison arrive en tête du classement avec la note de 13,9/20. Elle est suivie de près par La Tourangelle Mayonnaise traditionnelle (13,4/20) et la version Auchan comme à la maison (13,3/20) et Amora la mayo de Dijon 5 ingrédients (13.20/20). Juste derrière, l'enseigne E.Leclerc crée la bonne surprise avec sa mayonnaise Eco+. Notée 12,9/20, elle s'impose comme une alternative redoutablement économique, affichée à seulement 2,55 €/kg.

En bas du classement, certaines marques déçoivent fortement. Les références Colona et la Mayonnaise légère Bouton d'Or d'Intermarché chutent à 10,9/20. La version Jardin Bio Étic à la moutarde de Dijon ne fait guère mieux avec un score insuffisant de 11,0/20. Il est d'ailleurs utile de rappeler ici que l'appellation Moutarde de Dijon ne garantit aucune provenance locale, n'étant encadrée par aucune appellation stricte !

Graisses et additifs : que cachent les étiquettes ?

La réglementation impose qu'une véritable mayonnaise contienne au moins 70 % de matières grasses et 5 % de jaune d'œuf. Pourtant, l'association de consommateurs dénonce la présence massive d'additifs industriels. Sur les vingt références analysées, treize intègrent entre un et cinq additifs dans leur composition.

L'ingrédient le plus pointé du doigt reste l'amidon modifié. Jugeant cette substance peu recommandable pour la digestion, les experts l'ont détectée dans huit produits testés. Les déclinaisons allégées se révèlent particulièrement problématiques. La version légère de la marque Bouton d'Or multiplie les composants ultra-transformés. Pour compenser la perte de texture due à l'allègement en gras, les industriels y ajoutent de l'eau, du sucre, des épaississants et des conservateurs artificiels.

Nutri-Score et contaminants chimiques : quels sont les risques ?

Le profil nutritionnel de ces sauces préparées reste globalement médiocre. La grande majorité des pots affiche un Nutri-Score D ou E, sanctionnant directement leur très forte teneur en lipides, ce qui est attendu pour une mayonnaise. Les taux de sucre et de sel affichent également de grandes variations d'une marque à l'autre, le sel pouvant passer du simple au triple selon la recette.

L'enquête met aussi en lumière une menace silencieuse : les contaminants industriels. Le raffinage des huiles génère systématiquement du 3-MCPD et des glycidyl esters. Selon l'Autorité européenne de sécurité des aliments, ces substances présentent des risques potentiellement cancérogènes et toxiques pour les reins. La pénurie passée d'huile de tournesol a toutefois eu un effet positif inattendu. Forcés d'utiliser de l'huile de colza, de nombreux industriels ont involontairement amélioré leurs recettes, cette dernière se distinguant par une meilleure teneur en oméga 3.

Bio ou conventionnel : quelle est la meilleure option ?

Sur le plan des résidus chimiques, le label biologique tient ses promesses écologiques. Les cinq mayonnaises bios du panel sont totalement exemptes de pesticides. En revanche, les recettes conventionnelles abritent régulièrement des traces de perturbateurs endocriniens (comme la deltaméthrine) et des PFAS.

Côté goût en revanche, les versions bio marquent le pas. Les consommateurs sollicités par Que Choisir jugent souvent ces versions naturelles trop liquides ou peu relevées en moutarde. À l'inverse, les formules ultra-transformées remportent régulièrement les suffrages lors des tests à l'aveugle. Les arômes artificiels séduisent le palais, malheureusement.

Afficher les sources de cet article
Voir les commentaires