Alzheimer : ces habitudes réduisent de 32% vos risques !

Une personne est atteinte de démence toutes les trois minutes au Royaume-Uni. Or, selon une étude de l’université d’Exeter, il est possible de diminuer très nettement les risques de développer la maladie d’Alzheimer ! Il suffit d’adopter certaines bonnes habitudes.

C’est une étude porteuse d’espoir pour la communauté scientifique. Alors qu’une personne est atteinte de démence toutes les trois minutes au Royaume-Uni, des chercheurs ont démontré que les risques de démence pouvaient être diminués. Comment ? En vivant sainement !

Une étude à grande échelle

L'étude, publiée dans le "Journal of the American Medical Association" (JAMA) et présentée à la "Conférence 2019 de l’Association Internationale d’Alzheimer à Los Angeles, est révolutionnaire. En examinant les données de 196 383 adultes, âgés de 60 ans et plus et d'origine européenne (de la UK Biobank), les scientifiques ont identifié 1 769 cas de démence. La période de suivi a duré 8 ans.

Chaque participant a été classé selon qu’il présentait un risque génétique élevé, moyen ou faible de démence. Après avoir analysé les données précédemment publiées, les chercheurs ont repéré tous les facteurs de risques génétiques connus pour la maladie d’Alzheimer. Chacun de ces facteurs a été pondéré en fonction "de la force de son association avec la maladie d’Alzheimer".

L’impact du mode de vie sur la démence

Afin d’étudier l’impact du mode de vie sur les risques de démence, les participants ont été une nouvelle fois regroupés dans des "cases". Trois catégories ont été créées (favorables, intermédiaires et défavorables) en fonction de 4 critères : l’activité physique, la consommation de tabac, celle d’alcool et le régime alimentaire.

À titre d’exemple, pour les chercheurs, une personne ayant un mode de vie "sain" a une alimentation dite "équilibrée" composée de trois fruits et légumes par jour. Cette personne se limite quotidiennement à une pinte de bière. Deux fois par semaine, elle mange du poisson. Elle ne consomme que très rarement de la viande transformée. En plus de cette alimentation très "healthy", elle ne fume pas (au moment de l’étude) et fait du vélo à un rythme normal à raison de deux heures et demie par semaine.

À l’inverse, une personne classée dans la catégorie "mode de vie défavorable" ne fait pas habituellement d’exercice et fume régulièrement. Son alimentation est composée de deux portions ou plus de viandes transformées par semaine ainsi que d'une viande rouge. Elle ne consomme que très peu de fruits et légumes (moins de trois fruits et légumes par semaine) et boit trois litres de bière par jour.

Des conclusions surprenantes

Les conclusions des chercheurs sont sans appel. Dans tous les groupes à risque génétique, un mode de vie sain réduit le risque de développer une démence. Ce risque est même 32% moins élevé chez les personnes présentant un risque génétique élevé mais ayant un mode de vie sain. Une personne fumant ou ne mangeant pas ou très peu de fruits et légumes est, quant à elle, plus susceptible de développer une forme de démence.

Pour le Dr Elzbieta Kuzma de la faculté de médecine de l’Université d’Exeter et co-auteure principale de l’étude, ces résultats sont "passionnants" car "nouveaux". Cette étude est, en effet, la première à analyser dans quelle mesure un mode de vie permet de compenser le risque génétique de contracter une démence. La chercheuse a déclaré: "Nos résultats sont excitants car ils montrent que nous pouvons agir pour tenter de compenser notre risque génétique de démence".

Le poids de la génétique toujours important

Malgré ces résultats très encourageants, les individus sont encore dubitatifs selon le Dr David Llewellyn. L’auteur principal associé s’est ainsi exprimé : "Certaines personnes pensent qu'il est inévitable qu'elles développent une démence en raison de leur génétique".

La Dr Carol Routledge, directrice de recherche à "Alzheimer's Research UK", a également déclaré : "C’est une preuve supplémentaire que nous pouvons tous faire quelque chose pour réduire notre risque de développer une démence, mais d'après les recherches, seulement 34% des adultes pensent que cela est vraiment possible". La chercheuse poursuit : "Malheureusement, comme la génétique joue toujours un rôle important dans le risque de développer la maladie d’Alzheimer, il y aura toujours des personnes qui s’attaqueront à un grand nombre ou à la totalité des facteurs de risques, qui auront un mode de vie sain mais qui seront quand même touchées par la maladie.".

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