Le sommeil des personnes allergiques est souvent très perturbé. Avec un nez et une gorge congestionnés, il n’est pas facile de faire des nuits reposantes. En effet, l’arrivée du printemps n’est pas synonyme que des arbres en fleurs, il signe aussi le retour des yeux qui piquent, des éternuements et des nez bouchés qui volent à beaucoup d’allergiques une chose précieuse : le sommeil ! Ce mardi 22 mars marque la 16ème Journée Française de l’Allergie et selon un sondage Ifop réalisé à cette occasion, 1 personne sur 3 est concernée par l’allergie.

En effet, l’Association Asthme et Allergies, qui organise cette journée, rappelle que les Français sous-estiment encore largement l’impact de l’allergie sur la vie quotidienne et l’ampleur de l’errance thérapeutique. Dans son communiqué, elle révèle qu’en 20 ans, le nombre de personnes allergiques a doublé. L’OMS estime même que 50% de la population mondiale sera affectée par au moins une maladie allergique en 2050.

Selon le Professeur Jocelyne Just, pédiatre et pneumologue, ancienne présidente de la Société Française d’Allergologie, “on constate à la fois une aggravation des allergies et une augmentation de leur fréquence”. Or, on ne dit pas assez que l’allergie impacte profondément la qualité du sommeil.

Allergies : pourquoi a-t-on plus de symptômes la nuit ?

La nuit est une période critique pour les personnes souffrant d’allergies respiratoires telles que les rhinites allergiques ou l’asthme. 73,5% des adultes et 65,8% des enfants souffrant d’allergies ont un sommeil perturbé selon une enquête menée auprès d’un échantillon de 1003 personnes représentatif de la population française âgée de 18 et plus entre le 1er et le 3 février 2022. En effet, durant la nuit , les symptômes des allergies tendent à s’exacerber, principalement “à cause d’une baisse brutale du taux de cortisol, un puissant anti-inflammatoire naturel sécrété par notre organisme”.

L’Association Asthme et Allergies précise que “l’allergène provoque une inflammation des muqueuses qui se contractent et s’épaississent”, rendant ainsi “le passage de l’air devient plus difficile”. Or, “la diminution du débit respiratoire se traduit par une fragmentation du sommeil”.

10 fois plus de micro-éveils, des risques accrus d’apnées du sommeil

En effet, les personnes souffrant d’une rhinite allergique ont dix fois plus de micro-éveils. La probabilité de souffrir d’apnée du sommeil augmente de 44% en cas de rhinite allergique selon une étude de Respir Care datant de 2014. Une ancienne étude publiée en 2013 et réalisée par l'Asthma and Allergy Foundation of America a révélé que 59% des personnes souffrant d'allergies nasales assurent avoir du mal à dormir à cause de leurs symptômes. Les allergies respiratoires sont responsables de la majorité des réactions allergiques nocturnes. Elles sont souvent liées à la présence d’acariens dans la maison.

Responsables pour près de la moitié des cas d’allergies, les allergènes produits par les acariens (excréments et produits en décomposition présents dans la poussière de maison) sont selon l’Association Asthme et Allergie susceptibles de s’accumuler dans la chambre et en particulier dans la literie, à proximité des voies respiratoires.

Chambre : pas de tapis ou moquettes, aération chaque jour

Afin de mieux dormir et d’éviter les acariens, l’Inserm recommande notamment la stratégie de “l’éviction allergénique”. L’éviction allergénique consiste à réduire au maximum la charge allergénique de votre environnement, notamment dans la chambre à coucher où l’Inserm recommande :

  • le retrait des moquettes, tapis, peluches, meubles capitonnés
  • l’aération quotidienne dans le but de réduire l’humidité relative
  • l’aspiration fréquente
  • une température de la chambre qui n’excède pas 20°C

Il est essentiel de bien se laver les cheveux avant le coucher en cas d’allergie au pollen pour éviter de le ramener avec vous sur votre oreiller, mais également de ne pas faire sécher son linge de lit dehors. Privilégiez également une nuit fenêtres fermées, avec une aération au réveil.

Allergies la nuit : quels traitements ?

En cas de rhinite allergique, le traitement médicamenteux de référence reste la prescription d’antihistaminiques H1. Ils “constituent le traitement de première ligne de la rhinite allergique et représentent plus de 90% des prescriptions” selon l’Inserm. “Les corticoïdes nasaux sont souvent utilisés en renfort ou en alternative aux antihistaminiques” car “ils sont plus efficaces que ces derniers sur l’obstruction nasale”. Laver son nez avec une solution saline permet également de désencombrer des conduits nasaux irrités.

L’Inserm rappelle que la meilleure solution reste à terme la désensibilisation. “C’est une sorte de traitement vaccinal des allergies, reposant sur l’administration régulière d’extraits allergéniques pendant une période prolongée, idéalement 3 à 5 ans”, précise l’Inserm.

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Sources

Une allergie non traitée, ça pourrit la vie !, communiqué Association Asthme et Allergies.

https://asthme-allergies.org/

Rhinite allergique, Vers une amélioration des traitements, 11 juillet 2017.

https://www.inserm.fr/dossier/rhinite-allergique/

Sleep apnea risk in subjects with asthma with or without comorbid rhinitis, Respir Care , décembre 2014.

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/24917451/

Allergic Rhinitis and its Impact on Asthma (ARIA) 2008 update (in collaboration with the World Health Organization, GA(2)LEN and AllerGen), National Library of Medicine.

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/18331513/

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