Maladie cœliaque : pourquoi une galette des rois sans gluten est-elle (partiellement) remboursée par la Sécurité sociale ?

Publié par La Rédaction Médisite
le 14/01/2026
Prompt 1: Une galette des rois sans gluten coupée, montrant un feuilletage à base de farine de riz,
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Ce n’est pas une blague. La galette des rois peut être partiellement remboursée par l’Assurance maladie pour les personnes intolérantes au gluten. Une mesure qui divise les Français. Décryptage de ce dispositif méconnu.

Pour la majorité des Français, janvier rime avec frangipane et fève. Pour les malades cœliaques, cette période est souvent synonyme d'exclusion car ils ne peuvent pas consommer de galette traditionnelle. Il existe pourtant en France une galette confectionnée pour eux sans gluten et souvent sans lactose, et qui plus est, partiellement remboursée par la Sécurité sociale. Ce produit artisanal, vendu aux alentours de 18 euros, intègre la Liste des produits sans gluten remboursés LPPR (Liste des Produits et Prestations Remboursables). Cette classification administrative place cette pâtisserie au même rang que certaines farines ou pains thérapeutiques, qui font partie d'un régime médical strict et qui peuvent aussi être remboursés. "C'est une galette avec un feuilletage à base de farine de riz, explique Anthony Roy fondateur de la société Le Petit Minotier basée à Darnétal, près de Rouen, qui produit ces galettes. “Il prévoit d'en vendre entre 2 500 et 3 000, entre 18 et 20 euros pièce [pour quatre à cinq personnes] selon les enseignes”, précise France Info. Déclinée en quatre saveurs (frangipane, pommes, amandes et amande-chocolat), cette galette Le Petit Minotier répond strictement aux normes imposées par l’Assurance maladie pour un remboursement partiel : “il est nécessaire que les produits contiennent un taux de gliadine conforme à la législation, qu’ils soient fabriqués par une société certifiée et qu’ils possèdent leurs propres vignettes détachables, autocollantes qui spécifient la catégorie du produit sans gluten et son poids”, précise ainsi le site de la marque.

Une pâtisserie sur ordonnance ? Pas si simple !

Attention, ce remboursement est strictement réservé aux patients dont le diagnostic de maladie cœliaque a été confirmé, le plus souvent par une biopsie digestive. L'accès à ce droit exige la reconnaissance d'une ALD pour maladie cœliaque (Affection de Longue Durée), il faut ensuite que le malade effectue une demande de prise en charge établie par le médecin et après acceptation de la CPAM, qu’il envoie les vignettes des produits. Une procédure assez contraignante, il faut le reconnaître.

Pour rappel, environ 700 000 Français sont concernés par la maladie selon la Société Nationale Française de Gastro-Entérologie (SNFGE) mais seule une minorité diagnostiquée (10 à 20 %) peut accéder à ce dispositif. Ce statut administratif valide la nécessité absolue d'éviction du gluten, seul traitement connu à ce jour pour cette pathologie auto-immune qui détruit la paroi de l'intestin grêle.

Galette des rois remboursée : quel montant remboursé ?

Sur une galette de quatre à six parts vendue entre 18,50 € et 18.80 €, le remboursement est compris entre 3.61 € et 3.81 €. Ce montant correspond à 60 % d'un tarif de responsabilité fixé par la Sécurité sociale, le reste pouvant éventuellement être couvert par une mutuelle. De plus, cette aide s'inscrit dans une enveloppe globale plafonnée. L'allocation totale pour l'achat de produits diététiques ne peut dépasser 45,73 euros par mois pour un adulte et 33,54 euros pour un enfant de moins de 10 ans. Si le patient a déjà consommé son forfait en achetant des pâtes ou du pain, la galette ne sera pas remboursée.

Une mesure d'équité ou une dépense superflue ?

Ce dispositif divise l'opinion publique, particulièrement dans un contexte où le déficit de la Sécurité sociale atteint des sommets, frôlant les 23 milliards d’euros en 2025 selon la Cour des comptes. D'un côté, les associations de patients soulignent l'importance de l'inclusion sociale. Partager une galette permet de rompre l'isolement lié à la maladie, surtout chez les enfants. De plus, le coût du régime sans gluten dont le remboursement via Ameli reste partiel est un fardeau économique lourd, les produits spécialisés étant nettement plus onéreux que leurs équivalents standards.

À l'opposé, des voix critiques s'élèvent contre le remboursement d'un produit perçu comme festif et non essentiel, à l'heure où l'hôpital public manque de moyens. Le débat cristallise la tension entre une vision strictement comptable de la santé et une approche plus globale, intégrant la qualité de vie et la santé mentale des malades chroniques.

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