Une forte exposition à la pollution doublerait-elle le risque d’avoir une DMLA ?

Selon une nouvelle étude, le risque de développer une DMLA serait plus ou moins élevé selon les zones d'habitation chez les personnes de plus de 50 ans.

L’étude est inédite. Des chercheurs ont examiné les résultats de santé de 40 000 personnes entre 1998 et 2010. Ils se sont tout particulièrement intéressés à leurs yeux. Leurs conclusions sont surprenantes.

Des résultats statistiques étonnants

Cette nouvelle étude présente la particularité de s’être focalisée sur la pollution de l’air. Selon les chercheurs, chez les participants de plus de 50 ans ayant été exposés à long terme au dioxyde d’azote, le risque de DMLA était 91 % plus élevé que chez les autres.

Les individus de l’étude qui vivent dans des environnements présentant une forte concentration de monoxyde de carbone étaient aussi plus susceptibles de développer une DMLA. Chez eux, le risque de contracter la maladie était 84 % plus élevé que chez les autres personnes.

Quant aux participants résidant dans des zones fortement polluées, le risque d’avoir une DMLA était doublé. Parmi les 40 000 sujets de l’étude, 1 442 personnes ont développé cette maladie entre 1998 et 2010.

Seulement des probabilités statistiques

Les résultats de leurs travaux ont été publiés dans le "BMJ Journal of Investigative Medicine". L’étude, bien qu’étonnante, ne démontre pas de lien biologique entre pollution et DMLA. Elle met en avant des probabilités statistiques.

Le professeur Chris Inglehearn, expert en ophtalmologie moléculaire à l'Université de Leeds, a ainsi expliqué : "Il s'agit d'une étude intéressante mais qui doit être interprétée avec précaution. […] Ce qu’ils ont montré, c’est que la DMLA tend à être plus courante dans les zones géographiques dont les niveaux de pollution sont élevés. […] Cependant, de nombreux autres facteurs de risque de maladie sont liés à la vie dans de tels endroits, et la corrélation ne prouve pas le lien de causalité."

Les facteurs de risque de la DMLA

LA DMLA est la première cause de cécité chez les plus de 50 ans en France. Dans l’hexagone, un million de personnes seraient atteints par une dégénérescence maculaire liée à l'âge, un nombre qui pourrait doubler d’ici 2039. Au Royaume-Uni, ils seraient environ 600 000.

Il existe plusieurs raisons pouvant expliquer une DMLA. L'âge, bien sûr, mais pas que. Plusieurs enquêtes scientifiques ont mis en avant comme possibles facteurs de risque les antécédents familiaux, le tabagisme ou encore l’obésité.

Les symptômes de la DMLA

Les signes pouvant indiquer une dégénérescence maculaire liée à l'âge sont nombreux. Parmi les plus couramment repérés, on peut citer une diminution de l’acuité visuelle de près comme de loin, un trouble de la vision se manifestant par une déformation des lignes droites, ou encore des difficultés pour lire lorsqu'il y a moins de lumière. Une ou plusieurs petites taches floues ou sombres (des scotomes) peuvent également apparaître au centre du champ de vision.

Si vous constatez ce type de symptômes, il est important de réaliser un bilan ophtalmologique très rapidement auprès d'un spécialiste de la vue. Le délai recommandé est d'une semaine car certaines formes de DMLA sont évolutives.

La cinquantaine passée, il est préconisé de faire contrôler ses yeux de manière régulière (tous les 2 ans entre 45 ans et 55 ans, puis chaque année pour les plus de 55 ans).

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