Vertiges au coucher : est-ce grave ? Quand s'inquiéter ?

Publié par Aude Klain
le 29/09/2026
homme dans un lit qui a un vertige
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Il vous arrive d’avoir un vertige lorsque vous posez votre tête sur l’oreiller ? Est-ce un simple étourdissement passager et bénin ou faut-il consulter ? Réponses.
 

Avoir l’impression que le matelas se dérobe ou voir les murs tournoyer est une expérience qui peut être une source d’angoisse. Mais ce vertige au coucher peut aussi simplement s’expliquer par un dérèglement de l’oreille.

D'où vient cette sensation de tournis en position allongée ?

Le plus souvent, la crise survient brutalement dès que la tête bascule en arrière ou tourne sur le côté mais dure moins de trente à soixante secondes. Ce phénomène s'explique par le décrochage de minuscules débris de carbonate de calcium, appelés otolithes. Normalement fixées dans l'oreille interne pour mesurer la pesanteur, ces micro-pierre se détachent et migrent dans l'un des canaux semi-circulaires. Le liquide interne s'agite alors anormalement sous leur passage et transmet au cerveau un faux signal de rotation. C’est le vertige.

D'après les données d'une étude épidémiologique publiée dans le Journal of Neurology, Neurosurgery, and Psychiatry, ce vertige positionnel paroxystique bénin (VPPB) représente la cause la plus fréquente des vertiges périphériques. Le trouble concerne 2,4 % de la population générale au cours de l'existence, touche deux fois plus les femmes et connaît un pic prononcé entre 50 et 70 ans.

Dérèglement des cristaux l’oreille ou urgence : les signaux qui ne trompent pas

Comme le précise l'Assurance maladie, le VPPB possède des critères spécifiques : le vertige cesse dès que la tête redevient immobile et ne s'accompagne d'aucune surdité brusque, d'aucun sifflement d'oreille ni de trouble de l'élocution.

En revanche, d'autres signes sont plus inquiétants et doivent pousser à consulter ultra rapidement car ils peuvent cacher une origine neurologique, telle qu'un accident vasculaire cérébral ou un problème au niveau du cervelet. Ces signes comprennent : l'apparition simultanée d'un mal de tête d'une intensité inédite, une vision double, une faiblesse musculaire un membre ou une asymétrie du visage. Si la personne se trouve dans l'impossibilité de tenir debout même immobile, composez immédiatement le 15 pour obtenir une prise en charge médicale urgente.

Vertiges au coucher : l'efficacité des manœuvres de repositionnement

Quand le vertige est lié aux cristaux de l’oreille, des manœuvres thérapeutiques spécifiques, comme les protocoles d'Epley ou de Sémont, sont efficaces. Un médecin ORL ou un kinésithérapeute spécialisé peut les réaliser. Selon une méta-analyse parue dans BMC Primary Care, la disparition complète des vertiges survient dans 80 à 90 % des cas après seulement une ou deux séances, rendant les médicaments antivertigineux superflus. En revanche, n’essayez pas de faire ces mouvements vous-même à la maison, la Haute Autorité de Santé (HAS) le déconseille car elles risquent de bloquer les cristaux dans un canal plus difficile à traiter ou de déclencher de violents vomissements.

Comment prévenir les vertiges au coucher ?

SI vous êtes sensible aux vertiges, vous pouvez notamment décomposer les mouvements : asseyez-vous d'abord sur le bord du matelas avant de vous allonger doucement, sans rotation brusque du cou. Rehausser la tête avec un coussin supplémentaire est aussi une bonne option.

Malgré les manœuvres, les vertiges peuvent revenir. Une récidive survient chez 30 à 50 % des patients dans l'année qui suit le premier épisode, d'après les synthèses de la Haute Autorité de Santé. Cette réapparition justifie une nouvelle séance de manœuvres. Des recherches diffusées dans le Journal of Otolaryngology – ENT Research mettent aussi en évidence un pic saisonnier de crises en hiver, corrélé à la baisse du taux de vitamine D. Un déficit vitaminique ou une baisse de densité osseuse fragilise en effet l'ancrage des otolithes.

Afficher les sources de cet article
  • Haute Autorité de Santé (HAS). Vertiges positionnels paroxystiques bénins : manœuvres diagnostiques et thérapeutiques.
  • Caisse Nationale de l'Assurance Maladie (Ameli). Définition, mécanisme et causes des vertiges.
  • Von Brevern M, Radtke A, Lezius F, Feldmann M, Ziese T, Lempert T. Epidemiology of benign paroxysmal positional vertigo: a population based study. Journal of Neurology, Neurosurgery, and Psychiatry, volume 78, numéro 7, pages 710-715, juillet 2007. DOI : 10.1136/jnnp.2006.100420.
  • Al-Ghamdi A, et al. Seasonal incidence of benign paroxysmal positional vertigo. Journal of Otolaryngology – ENT Research, volume 16, numéro 1, pages 1-6, janvier 2025.
  • Bhattacharyya N, Gubbels SP, Schwartz SR, Edlow JA, El-Kashlan H, Fife T, Holmberg JM, Mahoney K, Hollingsworth DB, Roberts R, Seidman MD, Steiner RW, Do BT, Voelker CC, Waguespack RW, Corrigan MD. Clinical Practice Guideline: Benign Paroxysmal Positional Vertigo (Update). Otolaryngology–Head and Neck Surgery, volume 156, numéro 3_suppl, pages S1-S47, mars 2017. DOI : 10.1177/0194599816689667.
  • Saishoji Y, Aoki H, Okada Y, et al. Epley manoeuvre's efficacy for benign paroxysmal positional vertigo (BPPV) in primary-care and subspecialty settings: a systematic review and meta-analysis. BMC Primary Care, volume 24, numéro 1, article 260, décembre 2023. DOI : 10.1186/s12875-023-02217-z.
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