Dormir avec la lumière : bonne ou mauvaise idée ?

Publié le 17 Septembre 2018 par Anne-Laure Lebrun, journaliste santé
Validé par : Dr Joelle Adrien, Directrice de recherche à l'Inserm, spécialiste du sommeil
Avec le bruit, la lumière fait partie des plus grands perturbateurs du sommeil. En bouleversant notre horloge biologique, la lumière retarde l’endormissement et altère la qualité de notre sommeil.
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© IstockLa lumière joue un rôle clé pour le bon fonctionnement de notre organisme. L’exposition aux rayons du soleil dès le matin permet de caler notre horloge biologique sur un cycle de 24h. Cette synchronisation est très importante car notre horloge interne régule le système veille/sommeil, la pression artérielle ou encore la production d’hormone. Mais l’exposition à la lumière doit s’arrêter à la nuit tombée. De nombreuses études scientifiques montrent, en effet, qu’une exposition prolongée à la lumière peut perturber notre sommeil, et en particulier la lumière artificielle. De fait, dans notre société actuelle, la lumière ne s’éteint jamais. Dans les villes, près d’un tiers des Français sont exposés à un éclairage public dans leur chambre, a relevé en 2013 un sondage OpinionWay réalisé pour l’Institut national du sommeil et de la vigilance (INSV).

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"Même fermées, les paupières laissent passer la lumière"

Mais si les lumières fortes des lampadaires peuvent altérer le sommeil des citadins, une faible lueur a aussi ce pouvoir de nuisance. Une étude parue en 2005 a montré qu’une lumière très faible pouvait limiter la libération de la mélatonine. Sécrétée naturellement le soir, elle favorise l’endormissement. Pas étonnant alors, que les radios réveils qui affichent l’heure ou les appareils restés en veille empêchent certains de fermer l’œil. "On conseille généralement de limiter leur présence dans la chambre car mêmes fermées, les paupières laissent passer la lumière" souligne le Dr Joëlle Adrien, neurobiologiste et présidente de l’INSV.

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A cause des écrans, notre cerveau pense qu'il fait encore jour

A cette pollution lumineuse s’ajoute très souvent les méfaits des écrans. "L’horloge biologique est particulièrement sensible à la lumière bleue. Or les LED bleues sont largement majoritaires dans le rétroéclairage des écrans. Aussi lorsqu’on utilise son ordinateur ou son smartphone le soir, notre cerveau est trompé, il croit qu’il fait encore jour et retarde l’horloge biologique", explique le Dr Joëlle Adrien. Résultat : ceux qui pianotent sur leur portable avant de se coucher s’endorment bien plus tard que ceux qui optent pour un bon vieux livre. "L’exposition à la lumière bleue le soir entraîne aussi un sommeil plus léger, plus fragmenté et de moins bonne qualité", ajoute la spécialiste. Or, la littérature scientifique est unanime : les nuits de mauvaise qualité et la dette de sommeil font le lit de nombreuses pathologies. A court terme, la somnolence apparaît, et avec les risques d’accident au travail ou sur les routes. Sur le plus long-terme, le cœur et les vaisseaux s’affaiblissent : le risque d’hypertension artérielle et de maladies cardiovasculaires augmente. Le diabète et l’obésité sont aussi des troubles favorisés par le manque de sommeil. Le système immunitaire devient, quant à lui, moins performant face aux agents pathogènes.

L'obscurité totale : c'est le mieux !

Pour toutes ces raisons, l’obscurité totale dans la chambre constitue la meilleure condition pour dormir. Il est donc recommandé de fermer les volets, ou installer des rideaux occultants. Le masque sur les yeux est aussi une bonne solution. "Le mieux est aussi d’être dans une pièce silencieuse dans laquelle la température n’excède pas 18-20°C", précise le Dr Adrien.

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