Entre 1% et 2% des Français souffrent d’hypothyroïdie, selon la Haute Autorité de Santé. Cette pathologie, caractérisée par une incapacité de la glande thyroïde à produire assez d’hormones, provoque de nombreux troubles, comme une fatigue inexpliquée, des difficultés de concentration, une frilosité importante, des douleurs musculaires, ou encore des problèmes cutanés. Elle semble aussi conduire à avoir des hospitalisations plus longues que les autres maladies. Voici ce qu’assurent les chercheurs de l’université de Chicago dans un article publié dans la revue Journal of Clinical Endocrinology and Metabolism, le 26 avril dernier.

Hypothyroïdie : une maladie qui allonge les séjours à l’hôpital

Soigner une hypothyroïdie peut être difficile. Les traitements des patients sont souvent sous-dosés ou sur-dosés. Et cela un effet sur leur santé. "Nous avons constaté que les patients sous-traités avec des hormones thyroïdiennes, même des semaines ou des mois avant l'admission à l'hôpital, avaient de moins bons résultats à l'hôpital que ceux sans hypothyroïdie", a expliqué l'auteur de l'étude, le Dr Matthew Ettleson de l'Université de Chicago.

Pour ses recherches, l’expert et son équipe ont analysé les données de 43 500 patients hospitalisés aux États-Unis entre 2008 et 2015, dont plus de 8 800 souffrant d'hypothyroïdie. Les participants étaient âgés de 64 ans et moins. Ils ont été regroupés en fonction de leur niveau de thyréostimuline (TSH, hormone simulant la thyroïde). Un taux faible indique un sur-traitement et un sous-traitement s’il est élevé.

Comparés aux patients sans hypothyroïdie, les individus qui avaient un taux élevé de TSH avant l'hospitalisation sont restés à l'hôpital 1,2 jour de plus. Ils avaient aussi un risque accru de 49% de réadmission dans les 30 jours et de 43% dans les 90 jours.

De plus, les personnes ayant un taux de TSH normal avant leur séjour dans un centre médical avaient un risque plus faible de mourir pendant leur prise en charge ainsi qu’un taux de réadmission à 90 jours moins élevé.

Trouble de la glande thyroïde : bien le soigner pour réduire les hospitalisations

Pour le Dr Matthew Ettelson, la mauvaise prise en charge d'une hypothyroïdie est associée à de "moins bons résultats hospitaliers". Il estime ainsi que les patients et les médecins doivent avoir conscience que “le maintien d'un remplacement optimal des hormones thyroïdiennes est important pour réduire la durée des séjours à l'hôpital et les réadmissions". "Il est particulièrement essentiel pour les admissions planifiées où le remplacement de l'hormone thyroïdienne peut être ajusté, si nécessaire, avant l'admission."

Pour mémoire, le traitement d’une hypothyroïdie repose sur une hormonothérapie substitutive (prise d’hormone thyroïdienne de synthèse). “Le médicament est pris par voie orale, une fois par jour, le matin à jeun, au moins 20 à 30 minutes avant le petit déjeuner et à horaires réguliers”, précise l’Assurance Maladie sur son site internet.

Les travaux de l’expert américain seront présentés au séminaire annuel des endocrinologues qui se tiendra à Atlanta du 11 au 14 juin 2022.

Sources

https://academic.oup.com/jcem/advance-article-abstract/doi/10.1210/clinem/dgac215/6568056

https://www.endocrine.org/news-and-advocacy/news-room/2022/thyroid-hormone-replacement-undertreatment-linked-to-worse-hospital-outcomes

https://www.ameli.fr/paris/assure/sante/themes/hypothyroidie/traitement

https://www.has-sante.fr/jcms/pprd_2974156/en/hypothyroidie-ressenti-du-patient-clinique-tsh-sont-essentiels

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