"Si je continue, je peux mourir" : Laura Smet cash sur son addiction à l'alcool, comment s'en sortir ?

Publié par Aude Klain
le 20/10/2026
Laura Smet
Autre
Photo d'illustration
À travers un témoignage bouleversant sur son ancienne dépendance à l'alcool, l'actrice Laura Smet brise un tabou qui touche entre 500 000 et 1,5 million de Françaises.

Témoigner pour aider : en revenant publiquement sur ses années sombres, la comédienne met en lumière les ressorts intimes d'une pathologie encore trop souvent tue. Cette prise de parole intervient alors que l'addiction féminine reste entourée de préjugés et détectée avec retard par les professionnels de santé.

Alcool : le témoignage de Laura Smet face à la dépendance

Une consommation initiée dès le plus jeune âge a longtemps servi d'échappatoire à l'actrice. Dans un entretien avec la comédienne Elisa Tovati (à retrouver dans le livre Merci pour le Non, éditions du Rocher) et relayé par le magazine Gala le 15 octobre dernier, elle confie que l'alcool permettait de « calmer la peur, le malaise » ainsi que « le sentiment d'être en trop ». Cette recherche d'apaisement a progressivement laissé place à un épuisement physique quotidien, marqué par des réveils avec « la tête embrouillée », « le corps lourd » et une angoisse permanente au ventre, tandis qu'elle « ne tenait plus vraiment debout ».

Le point de rupture survient en 2007, lors du tournage du film Les Femmes de l'ombre. Face aux signaux d'alarme répétés de son organisme, l'actrice prend conscience de la gravité de son état : « Si je continue, je peux mourir », confie-t-elle encore dans l’ouvrage d'Elisa Tovati. Cette prise de conscience impose un arrêt immédiat. Qualifiée d'« inassurable » et « mise sous cloche » pour rompre tout accès au produit, Laura Smet a consolidé sa rémission durablement, épaulée par son entourage familial.

Alcoolisme féminin : le poids du silence et des préjugés

Selon le baromètre de Santé publique France, 14,6 % des femmes dépassent les repères de consommation à moindre risque. L'addiction concerne aujourd'hui entre 500 000 et 1,5 million de Françaises, avec une hausse notable des profils vulnérables ces dernières décennies.

Pourtant, la Haute Autorité de santé (HAS) souligne une forte disparité sociale : le jugement moral qui pèse sur les femmes favorise les conduites solitaires et dissimulées. Cette honte freine l'accès aux soins, d'autant que le corps médical évalue peu la consommation alcoolique des patientes en dehors de la grossesse. Chaque année, à peine 140 000 personnes sont prises en charge au sein des Centres de soins, d'accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA).

Pourquoi l'organisme féminin réagit-il plus violemment à l'alcool ?

La toxicité accrue de l'alcool chez la femme repose sur des paramètres physiologiques. D'abord, la masse hydrique féminine représente environ 52 % du poids corporel, contre 61 % chez l'homme. À quantité ingérée identique, l'éthanol se dissout dans un volume d'eau plus faible, entraînant une alcoolémie sanguine supérieure.

De plus, des travaux publiés dans The New England Journal of Medicine révèlent que la muqueuse gastrique féminine synthétise moins d'alcool déshydrogénase (ADH), l'enzyme de dégradation précoce, avec une efficacité réduite de près de 40 %. L'organisme subit alors l'effet de « télescopage » (telescoping effect) : les lésions hépatiques, cardiovasculaires et le risque de cancer du sein apparaissent plus tôt et pour des doses inférieures.

Quelles sont les démarches médicales pour sortir de la dépendance ?

La première étape consiste à lever le secret auprès d'un médecin traitant ou d'un addictologue, via des questionnaires validés comme l'AUDIT-C. Pour des raisons de sécurité, il est déconseillé d’entamer un sevrage brutal sans encadrement médical : l'arrêt inopiné d'une consommation massive peut exposer au delirium tremens ou à des crises convulsives.

Une prise en charge ambulatoire ou une hospitalisation permet de prescrire des substituts temporaires et des traitements de fond (acamprosate, naltrexone ou baclofène). Enfin, les thérapies cognitivo-comportementales et le soutien d'associations comme les Alcooliques Anonymes offrent des repères solides pour maintenir l'abstinence sur le long terme.

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