Un site délivre des arrêts maladies à la demande : Agnès Buzyn veut le bloquer

Le site arrêtmaladie.fr, lancé le 7 janvier dernier, propose la téléconsultation en ligne et promet notamment de fournir un arrêt maladie sur Internet pour 25€. La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, ainsi que la Caisse Nationale d’Assurance Maladie veulent faire cesser l’activité de ce site internet, accusé de "marchander la médecine".
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Plus besoin d’avoir un médecin conciliant pour avoir un arrêt maladie. Le site arrêtmaladie.fr vous en délivre en 3 minutes pour la modique somme de 25 euros. Son concept : si vous vous sentez malade, fatigué ou si vous souffrez et n’êtes pas en mesure de vous rendre à votre travail, il vous suffit de vous connecter à ce site et de compléter un questionnaire en décrivant vos symptômes et votre numéro de sécurité social.

Trois courtes minutes plus tard, arrêtmaladie.fr vous met en lien avec une plateforme de téléconsultation. Un médecin en téléconférence vous pose ensuite deux questions et valide votre certificat d’arrêt de travail. Ce dernier est ensuite transmis à l’assurance maladie ainsi qu’à votre employeur.

Ouvert depuis seulement une semaine en France, ce site fait déjà l’objet d’une mise en demeure, annoncent l’assurance maladie et le Conseil de l’Ordre des médecins. Ces derniers reprochent au site de tromper les assurés et de violer la déontologie médicale.

Un recours en justice contre le site

"Nous essayons de trouver les moyens de bloquer ce site, affirme Agnès Buzyn, la ministre des Solidarité et de la Santé, au micro de Franceinfo ce lundi. C’est un dévoiement complet de ce que doit être une consultation médicale".

"C’est une forme de marchandisation de la médecine, de consumérisme et ce n'est pas la façon dont j'imagine le métier de médecin", dénonce encore Agnès Buzyn. J'ai demandé à mes services de faire un recours en justice contre ce site, car pour moi, c'est totalement contraire à ce que doit être aujourd'hui la médecine".

Désormais, elle attend les conclusions de l'Ordre national des Médecins qui "s'est saisi du cas".

C’est un site situé en Allemagne, mais avec des médecins français

"On ne va pas chez le médecin pour se faire arrêter, clame la ministre. On y va parce que l'on a des symptômes, parce que l'on est malade et le médecin doit décider de vous arrêter, s'il estime que votre état n'est pas compatible avec le travail".

Elle accuse arrêtmaladie.fr d’être un site marchand. "On voit bien la philosophie qui est derrière. C’est un site situé en Allemagne, mais avec des médecins français".

"Les arrêts de travail ne sont pas des produits de consommation"

De son côté, la caisse nationale d’assurance maladie déclare elle aussi vouloir faire cesser les activités de ce site internet. "La caisse nationale annonce, en lien avec l’Ordre des Médecins, qu’elle va mettre en demeure immédiatement le site", annonce la CNAM dans un communiqué.

"Par ailleurs, elle tient à souligner qu’il est éthiquement critiquable de faire la promotion d’un site de consultation médicales en ligne, à partir de la promesse de l’obtention facilitée d’un arrêt de travail, poursuit leur communiqué. Les arrêts de travail ne sont pas des produits de consommation, susceptibles d’être distribués sur demande des patients. Ils relèvent d’une prescription médicale et doivent intervenir à l’initiative du médecin".

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Source(s):

Arrêts maladies en ligne : "Nous essayons de bloquer ce site", affirme Agnès Buzyn, qui dénonce "une marchandisation de la médecine", Franceinfo, 13 janvier 2020

Arretmaladie.fr : Réaction de la Caisse nationale de l’Assurance Maladie, Assurance maladie, 7 janvier 2020

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