Un tiers d’une vie : c’est le temps que l’être humain consacre au repos, tout au long de son existence. En se basant sur une moyenne de 7h47 par nuit, les chercheurs ont, au fil des recherches, estimés que l’on dormirait entre 25 et 27 ans, sur une espérance de vie fixée entre 73 et 80 ans. Pendant ces heures de sommeil, le rêve tient une place considérable puisqu’il occuperait l’esprit du dormeur pendant près d’1h40 par nuit environ.

Cauchemars durant le sommeil : 3 200 dormeurs analysés

En clair, l’homme passe un petit peu plus de six ans à rêver, au cours de sa vie, faisant des songes un élément clé de son existence. S’ils constituent encore un véritable mystère pour les scientifiques, les rêves dévoilent peu à peu leurs secrets, au gré des travaux de recherche. Des chercheurs de l’Université de Birmingham, conduits par le Docteur Abidemi Otaiku, se sont penchés sur la question, et plus particulièrement sur le lien de cause à effet entre les cauchemars et l’évolution des capacités cognitives au fil des années.

Dans le cadre de cette recherche, les données de trois études américaines, mettant en corrélation la santé et le vieillissement, ont été analysées avec minutie. 600 personnes âgées de 35 à 64 ans, ainsi que 2 600 personnes de 79 ans et plus ont pris part aux travaux d’envergure. Ces 3 200 participants ont été suivis de près durant neuf années, à travers une liste de questions, dont la fréquence de leurs cauchemars.

Trop de cauchemars mèneraient au déclin du cerveau

Les résultats ont démontré que les rêves, et particulièrement les phases de cauchemars, ont un effet direct sur la santé du cerveau. Alors que les participants ne souffraient d’aucune forme de démence au commencement des travaux, il a été constaté que ceux qui faisaient très souvent des cauchemars au début de l’étude, avaient un risque accru de connaître un déclin de leurs capacités cognitives.

Plus précisément, il a été constaté une réelle dégradation de la mémoire et des capacités de réflexion. Pour certaines personnes, le déclin des fonctions du cerveau a même conduit à un diagnostic de démence.

Démence : les plus âgés concernés

Quelle catégorie de personnes est réellement concernée ? Les auteurs de l’étude ont constaté que les participants d’âge moyen faisant des cauchemars de manière hebdomadaire, avaient quatre fois plus de risques de subir un déclin des capacités cognitives durant la décennie suivante. De leur côté, les participants de 79 ans et plus avaient deux fois plus de risques d’être diagnostiqués d’une démence et plus particulièrement… les hommes !

Mais alors, est-ce que les cauchemars prédisent la démence, ou bien est-ce qu’ils la causent directement ? Les auteurs de l’étude ont précisé qu’il n’était, en l’état, pas possible de répondre à cette question, bien que la première option soit la plus probable selon eux.

Les cauchemars… ça se soigne !

Vous faites fréquemment des cauchemars ? Pas de panique, précisent les chercheurs à l’origine des travaux, les cauchemars se traitent. Des thérapies comportementales, psychologiques et pharmacologiques existent et permettent d’arrêter les mauvais rêves qui troublent le sommeil.

Sources

https://www.thelancet.com/journals/eclinm/article/PIIS2589-5370(22)00370-4/fulltext

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