Et si votre sommeil déterminait votre âge et votre espérance de vie ? “L'âge du sommeil” est une projection de l'âge qui est corrélée à la santé d'une personne en fonction de la qualité de son sommeil. Dans une étude publiée le 22 août 2022 dans la revue Digital Medicine, les chercheurs de l'université Stanford Medicine ont décrit une nouvelle unité de mesure révélatrice de notre santé et qui peut prédire la mortalité. Les chercheurs de l’université de Stanford ont en effet révélé que nous avons tous un "âge du sommeil" qui pouvait prédire notre mortalité.

Votre âge de sommeil impacte le risque de mortalité

Pour parvenir à ces conclusions, les scientifiques américains ont analysé quelque 12 000 études, chacune portant sur un individu, qui ont rapporté les caractéristiques détaillées de leur sommeil, telles que le mouvement du menton et des jambes, la respiration et le rythme cardiaque.

Leur objectif était de mettre au point un système permettant de déterminer l'âge du sommeil d'une personne et, grâce à l’intelligence artificielle, d'identifier les variations du sommeil les plus étroitement liées à la mortalité. En effet, il faut savoir que l’âge de sommeil d’une personne peut totalement différer de son âge biologique. Par exemple, une personne de 55 ans qui dort profondément toute la nuit avec des cycles de bonne qualité pourrait, en théorie, avoir un âge de sommeil de 45 ans, soit dix ans de moins.

Mortalité : se réveiller plusieurs fois augmente les risques

Résultat, les changements dans la qualité du sommeil sont l'un des premiers signes, et le plus documenté, de vieillissement et de mauvaise santé. En effet, pendant le sommeil, il faut savoir que le cerveau n'est pas le seul à se mettre en “pilote automatique”, le rythme cardiaque et la respiration changent également, et les variations de ces paramètres peuvent être des indicateurs précoces d'un trouble de la santé et peuvent avoir un impact sur le risque de mortalité. Nous passons environ un tiers de notre vie à dormir, c'est donc un élément important de notre bien-être et de notre santé générale.

La principale conclusion de l'étude, dirigée par Mignot, titulaire de la chaire Craig Reynolds en médecine du sommeil à Stanford, est que la fragmentation du sommeil - c’est-à-dire lorsque les personnes se réveillent plusieurs fois au cours de la nuit pendant moins d'une minute sans s'en souvenir - étai t le facteur prédictif le plus fort de la mortalité. Ce phénomène est différent de celui d'une personne qui se rend compte qu'elle se réveille, ce qui se produit lors de troubles du sommeil comme l'insomnie. L’impact d’un sommeil entrecoupé sur les risques de mortalité n’est toutefois pas expliqué par les chercheurs. Il sera nécessaire de faire des recherches supplémentaires.

Âge de sommeil : comment le réduire ?

Bonne nouvelle toutefois, si votre "âge de sommeil" est bien supérieur à celui biologique, ce n’est pas définitif. Il est en effet possible de faire évoluer son âge de sommeil et réduire son risque de mortalité. Se coucher et se réveiller à des heures régulières est un élément clé pour améliorer son sommeil.

Il faut déterminer le temps de sommeil nécessaire pour que vous vous sentiez reposé. Les chercheurs assurent qu’une bonne exposition à la lumière - de préférence à la lumière extérieure - pendant la journée, un environnement sombre pendant la nuit, une activité physique régulière mais pas trop proche de l'heure du coucher sont également essentiels pour un sommeil sain. Du côté de l’alimentation, l’étude révèle que l'absence ou la réduction de la consommation d'alcool et de caféine à l'heure du coucher et l'absence de repas lourds pendant la nuit sont également importants pour retrouver un âge de sommeil optimal.

“J'espère utiliser les études sur le sommeil permettra de mieux prédire et traiter les maladies avant qu'elles ne se manifestent par la mort. Cette étude n'a porté que sur 12 000 personnes. À l'avenir, nous essaierons de prédire l'apparition future des crises cardiaques, des accidents vasculaires cérébraux et de la maladie d'Alzheimer qui entraînent la mortalité”, a conclu l’auteur principal de l’étude Emmanuel Mignot auprès du magazine Neuroscience.

Sommeil : son rôle majeur de la santé

Pour rappel, le sommeil représente la forme la plus aboutie du repos. Selon le Dr Marc Rey, président de l’Institut national du sommeil et neurologue. Il permet ainsi à l’organisme de récupérer, que ce soit d’un point de vue physique et mental. "Le sommeil permettrait de réduire le métabolisme et de préserver l’énergie”, assure l’Inserm. Comme il l’indique dans l’ouvrage “Le jeûne intermittent : un an après”, dès les années 80, il est apparu évident que le s ommeil n’est pas uniquement utile à la mémoire et à la capacité intellectuelle. “Une mauvaise qualité/quantité de sommeil accentue le risque d’irritabilité, de symptômes dépressifs, mais aussi de prise de poids, d’hypertension ou d’infection”, confirme l’Inserm. Les nuits de moins de 6h augmentent en effet le diabète de type 2 de 28%. Le manque de sommeil multiplierait également par quatre le risque d’attraper un rhume.

Sources

Age estimation from sleep studies using deep learning predicts life expectancy, Digital Medicine, 22 janvier 2022.

https://www.nature.com/articles/s41746-022-00630-9 

Scientists use ‘sleep age’ to infer longterm health, Communiqué de la Stanford University, 31 août 2022.

https://news.stanford.edu/report/teaser/scientists-use-sleep-age-infer-longterm-health/ 

Scientists Use ‘Sleep Age’ to Infer Long-Term Health, Neuroscience, 1er septembre 2022. 

https://neurosciencenews.com/sleep-age-mortality-21342/

"Jeûne intermittent : 1 an après", éd. Alpen, Emmanuelle Jung. 

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