Katherine Pancol : violée à plusieurs reprises dès l’âge de 12 ans, l’humour a aidé sa résilience

Victimes de plusieurs agressions sexuelles, dont la première a eu lieu alors qu’elle n’avait que 12 ans, l’écrivaine Katherine Pancol raconte comment elle s’en est sortie. Et revient sur l’omerta qui entoure, encore aujourd’hui, la parole des victimes de viols.
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© abacapress

À l’ère du mouvement #Metoo, qui a contribué à libérer la parole des femmes victimes d’agressions sexuelles, l’omerta reste encore très présente et les mentalités peinent à changer. Pour l’auteure à succès Katherine Pancol, en tout cas, cela ne fait pas de doute. Invitée au micro d’Europe 1, ce mardi 12 août, elle est revenue sur les multiples viols qu’elle a subis, dès l’enfance.

“J’ai été violée à l’âge de 12 ans, j’ai été violée après”

C’est pour la promotion de son dernier ouvrage, un roman graphique qui paraîtra en novembre aux éditions Albin Michel, que l’ancienne journaliste était invitée sur l’émission Culture médias. Baptisé Eugène et moi, ce livre est inspiré d’un voyage au Mexique réalisé avec une amie lorsqu’elles avaient une vingtaine d’années. Et tout est parti d’un post Instagram durant le confinement.

"Eugène est tout le temps en colère. Dans son post, elle disait que le confinement était formidable, que les gens allaient peut-être enfin regarder le monde, et arrêter d’être obsédés par leur nombril. Elle a fini le message par 'ouvrez les yeux, bande d’abrutis'", raconte l’auteure. Katherine Pancol commence à raconter cette histoire dans plusieurs publications, sur le réseau social, dont nous vous dévoilons quelques images dans ce diaporama.

Mais dans les pages de ce roman graphique, on découvre aussi que, de génération en génération, les femmes de la famille de l’héroïne ont été victimes d’agressions sexuelles. Des événements qui font écho à l’expérience de l’écrivaine, elle-même violée à plusieurs reprises dès l’âge de 12 ans.

De nombreuses victimes de viol ne sont toujours pas écoutées

Des faits bouleversants, qu’elle avait révélé l’année dernière sur le même plateau, face à un Philippe Vandel sidéré. Et sur lesquels elle revient aujourd’hui. Pascale Clark, qui mène l’interview, rappelle les faits : “Vous avez dit “j’ai été violée”. Et y’a pas eu beaucoup de réaction”.

“Y’a eu aucune réaction”, réagit l’auteure. “C’est pour ça aussi que beaucoup de femmes se taisent, vous savez. Moi j’ai été violée à l’âge de 12 ans, j’ai été violée après. Alors y’avait aussi l’époque : on n’en parlait pas, et si on en parlait on ne vous croyait pas”. Mais Katherine Pancol se demande si la parole des victimes est vraiment plus écoutée aujourd’hui.

“On écoute certaines personnes et pas d’autres, vous voyez. Je suis sûre qu’il y a encore beaucoup de cas où on ne l’entend pas. Parce que c’est très gênant d’avoir quelqu’un qui vous dit ça”. L’auteure du best-seller Les yeux jaunes des crocodiles n’a donc pu compter que sur elle-même et sa capacité de résilience pour s’en sortir.

L’humour, un facteur de résilience pour l’auteure

“Finalement, vous faites votre propre réconciliation avec vous-même ; vous vous dites ‘je vais vivre malgré ça’, ‘je vais grandir malgré ça’ [...]Je n’en suis pas morte, ça m’a construite quelque part, ça m’a donné une force finalement énorme et quelques fois je me dis que je m’en suis sortie”.

Sa force pour affronter la vie ? L’humour. D’après elle, c’est là qu’il intervient. “Je pense que si je n’avais pas vécu tout ce que j’ai vécu dans ma vie, je serais beaucoup moins drôle, bizarrement, parce que je relativise beaucoup. Et puis c’est une protection. Et c’est une manière de ne parler qu’à des gens à qui je peux faire confiance. C’est un pas de côté”.

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