Allergiques au froid, ils risquent leur vie chaque hiver

Vous disiez ne pas supporter l’hiver ? C’est que vous ne connaissez pas l’histoire d’Arianna Kent. Cette jeune Canadienne souffre d’une allergie très rare : le froid lui provoque une urticaire très sévère et des difficultés respiratoires. Tommy Leitch, 7 ans, souffre de la même maladie.

Arianna Kent avait fait la Une de la presse anglophone l’hiver dernier. Cette année encore, les médias semblent s’intéresser au calvaire qu’elle subit. Cette jeune fille de 22 ans, résidente au Canada, risque sa vie à chaque chute de température. Le froid lui provoque une sorte d’urticaire sévère ainsi que des difficultés respiratoire s. Cette allergie très rare serait à l’origine d’une maladie auto-immune et peut aller jusqu’à provoquer un choc anaphylactique. Cette réaction allergique grave peut entraîner le décès.

Capture d'écran Facebook

Vivant dans un pays où les températures hivernales peuvent descendre jusqu’à -40°C, Arianna vit un enfer chaque hiver. "Quand je sors de chez moi, je dois penser à beaucoup de chose. Combien de couches de vêtements dois-je porter ? Vais-je avoir besoin d’aller dehors ? Si oui, pour combien de temps ? Vais-je aller dans un endroit climatisé ?", expliquait la jeune fille dans une vidéo diffusée par Caters News Agency.

En effet, l’hiver dernier Arianna avait été hospitalisée trois fois en un mois suite aux chutes de températures. Alors que le froid ne va pas tarder se faire sentir au Canada, la jeune fille va devoir à nouveau redoubler de vigilance.

"Souvent, les gens pensent que c’est une blague"

Cette allergie est survenue chez Arianna à l’âge de 14 ans. Les premiers symptômes sont apparus alors qu’elle déblayait la neige. Croyant d’abord à une allergie alimentaire, il lui a fallu deux ans pour identifier l’origine de ses crises : l’urticaire du froid, une allergie rare qui représente seulement 2 à 5 % des cas d’urticaire.

"C’est tellement étrange et rare que souvent les gens pensent que c’est une blague", confiait Arianna dans une interview. Ce n’est pas tous les jours que quelqu’un vous dit ‘je suis allergique au froid’, mais c’est difficile, surtout quand les gens ne vous croient pas".

Certains médecins lui ont assuré que cette allergie disparaîtrait après l’adolescence. En attendant, Arianna évite le froid pendant l’hiver, dans la mesure du possible, en restant confinée au chaud.

Cinq minutes dans le froid lui fait courir un grand risque

Arianna estime à un millier, le nombre d’effets indésirables que lui procure cette maladie depuis ses 14 ans. "Le froid provoque des brûlures et des démangeaisons sur la peau. Pour ma gorge, c’est comme de l’asthme. On inhale plus fort et on a du mal à respirer. C’est comme si quelque chose pesait sur votre poitrine, la rendant plus étroite et plus lourde, décrit-elle. Je risque le choc anaphylactique. Dans ce cas de figure, je devrais avoir recours à un EpiPen (traitement d’urgence des réactions allergiques graves, ndlr).

Le simple fait de marcher cinq minutes dans le froid lui fait courir un grand risque. Lorsqu’elle se rend au travail, elle est obligée de se protéger avec plusieurs couches de vêtements et de couvertures.

Rien qu'en ouvrant le frigo, son urticaire peut survenir

L’hiver n’est pas le seul facteur de risque pour Arianna. Toute situation la mettant en contact avec le froid la rend vulnérable. Manger une glace, être en contact avec des glaçons, plonger dans une piscine fraîche ou encore passer du temps dans une pièce climatisée peut lui être fatale.

Cette allergie affecte ainsi la jeune fille au quotidien. Employée précédemment dans la restauration, Arianna subissait les effets indésirables aussi durant ses heures de travail. "Quand j’étais près d’un courant d’air, ou envoyée chercher des aliments au frigo, j’avais de l’urticaire", déplore-t-elle.

Tommy Leitch, 7 ans, souffre de la même affection

Arianna n'est pas la seule à faire la une des journaux en raison de sa condition. Tommy Leitch, un petit garçon de sept ans qui vit au Royaume-Uni, souffre lui aussi de l'urticaire au froid - ou œdème de Quincke. Chaque hiver, il subit des éruptions cutanées et des difficultés à respirer. Son estomac se met aussi à enfler en réaction aux basses températures.

"L’hiver dernier, il a été hospitalisé tous les mois. Sa réaction allergique le faisait vomir violemment, délirer et lutter pour respirer", explique sa mère, Abigail McDonald, dans une interview accordée au New-York Post. "C'est une maladie horrible, et je panique souvent à ce sujet car elle peut menacer la vie de Tommy s'il ne reçoit pas de soins médicaux en urgence".

Éruptions cutanées, difficultés à respirer, délires... Non-traitée, son allergie peut s'avérer mortelle

Les symptômes du jeune garçon seraient apparus pour la première fois il y a deux ans. En constatant une éruption cutanée sur sa tête, sa maman a d'abord pensé à une infection virale. "Mais le lendemain matin, il en était recouvert de la tête aux pieds, et se plaignait de douleurs à l'estomac et à la poitrine. Son visage et son estomac étaient enflés", se souvient Abigail.

Tommy a été transporté d'urgence à l'hôpital, où il a reçu le diagnostic. Depuis, la famille du garçon a constaté qu'il était également sensible aux températures trop chaudes. "Je n'aurais jamais imaginé que l'on puisse être allergique à des températures avant cela", souligne sa maman.

Pour limiter les réactions, l'enfant doit prendre des antihistaminiques. En l'absence de traitement, son allergie peut s'avérer mortelle.

L’urticaire du froid touche 1 personne sur 2000

La littérature médicale mentionne déjà cette allergie au froid. "L'urticaire au froid se caractérise par des œdèmes qui apparaissent rapidement en réaction au froid, décrit l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé). Pour les sujets affectés, le fait de plonger dans de l'eau froide comporte un risque de choc, de perte de connaissance et même de décès".

Et selon la Société française de dermatologie, l'urticaire au froid "touche les zones du corps les plus exposées aux intempéries, comme le visage et les membres".

Les données officielles concernant le nombre de cas dans le monde varient d'une source à une autre. Selon les chiffres communiqués par LCI, cette pathologie concernerait 1 personne sur 2000. Néanmoins, aucune statistique officielle n'a été réalisée.

Malheureusement, comme pour beaucoup de maladies rares, aucun traitement médicamenteux n'existe à ce jour. Il est seulement recommandé de se couvrir chaudement, de limiter ses déplacements dans le froid et ne pas manger ou boire glacé.

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