Calculs rénaux : les nouvelles recommandations pour éviter les récidives

Publié par Céline Willefrand
le 31/03/2026
calculs rénaux
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Augmenter ses apports en eau après un épisode de calculs rénaux suffit-il à prévenir une rechute ? Ce n’est pas si simple d’après une étude qui vient de paraître dans les Annals of Internal Medicine. Explications.

En France, environ 10 % de la population sera confrontée à un moment ou à un autre de sa vie à un épisode de colique néphrétique à cause de calculs rénaux. Les calculs rénaux se forment par la cristallisation de minéraux à l'intérieur des reins, particulièrement lorsque les urines se révèlent trop concentrées ou excessivement acides. Lorsque leur taille dépasse quelques millimètres, ces cristaux obstruent les voies urinaires et provoquent une rétention d’urine dans le rein et un gonflement. Ce phénomène déclenche une douleur foudroyante, nécessitant souvent une prise en charge d'urgence.

La colique néphrétique, bien que très douloureuse, se soigne bien, le véritable défi médical se situe plus souvent après la crise. Après un premier épisode, le risque de rechute grimpe à plus de 30 % dans les années qui suivent, et près d'un quart des patients connaissent une nouvelle crise sous cinq ans. Pour prévenir les rechutes, le principal conseil jusque-là était d’augmenter ses apports hydriques, en d’autres mots de boire plus. Une vaste revue scientifique publiée dans la revue Annals of Internal Medicine cette fin mars 2026 vient bousculer cette certitude, appelant à une prise en charge médicale beaucoup plus personnalisée.

L'hydratation comme unique solution préventive remis en question

Cette récente étude incluant 1 658 participants s’est intéressé de près aux interventions visant à prévenir les récidives, notamment “une augmentation de la consommation d'eau ; un régime alimentaire normal à élevé en calcium, pauvre en protéines et en sodium ; des diurétiques thiazidiques ; un traitement alcalinisant ; et de l'allopurinol”, un médicament de la classe des inhibiteurs enzymatiques, prescrit en cas de problèmes rénaux. Les résultats de l’étude montrent notamment que l'augmentation de la consommation d'eau seule ne réduit pas significativement le risque de récidive pour l'ensemble des patients. Produire au moins deux litres d'urine par jour reste une consigne valable pour diluer les minéraux, toutefois elle est désormais jugée nécessaire mais insuffisante. Car le respect de cette habitude sur le long terme pose problème, de nombreux patients ne parvenant pas à suivre cette recommandation. Selon Charles Scales, l'auteur principal de l'étude cité par Economie Matin, "les résultats montrent que, même si boire beaucoup de liquides est important pour la prévention, atteindre et maintenir ce niveau d'hydratation est plus difficile qu'on ne le pense. Cette difficulté contribue au taux élevé de rechutes". Cette réalité pousse les spécialistes à repenser les recommandations.

Quelle alimentation pour protéger ses reins ?

Autre point important dans la prévention des coliques néphrétiques : les choix nutritionnels. Selon le Pr Xavier Durand, chirurgien urologue à l’hôpital privé Saint-Joseph interrogé par Le Figaro, plus de 80 % des calculs sont d’origine alimentaire. Contrairement à une croyance tenace, consommer du calcium est protecteur. Un régime comportant des laitages permet au calcium de se lier à l'oxalate directement dans l'intestin. Cette interaction empêche ces composants d'atteindre les reins et de s'y cristalliser. Pour faire baisser la concentration minérale urinaire, les recommandations validées incitent à adopter une alimentation pauvre en sel et en protéines animales. Enfin, la consommation de jus de citron présente un intérêt grâce au citrate qui freine les récidives, bien que cette option puisse causer des désagréments gastriques mineurs chez environ 10 % des individus.

Vers une stratégie médicale sur mesure

L'approche préventive inclut parfois des traitements pharmacologiques. L'usage de diurétiques thiazidiques, de citrates ou d'allopurinol montre une efficacité certaine pour réduire les récidives chez l'adulte montre encore l’étude. Un diagnostic extrêmement précis reste exigé avant toute prescription. La réduction de l'acidité urinaire n'est pas une réponse universelle. Le Pr Xavier Durand précise encore dans Le Figaro que "ce n’est pas le cas pour les calculs d’origine infectieuse [...] Diminuer l’acidité des urines dans ces cas-là ne sera pas efficace, voire pourrait aggraver la situation". La surveillance médicale doit aussi rester mesurée. Un suivi par imagerie systématique risque de conduire à des interventions invasives inutiles en cas de découvertes inoffensives. Chez les enfants, dont l'incidence augmente, les causes s'avèrent majoritairement génétiques ou infectieuses, nécessitant une toute autre démarche thérapeutique concluent les chercheurs.

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