Définition : qu'est-ce que la lithiase urinaire ?

La lithiase urinaire se caractérise par la présence d'un ou de plusieurs calculs (concrétions solides ressemblant à des cailloux) dans les voies urinaires. Ils peuvent se former à divers endroits : dans le rein, l’uretère (le canal reliant le rein à la vessie), la vessie ou l’urètre. Les calculs sont dus à la concrétion (durcissement) de cristaux contenus dans l'urine.

La maladie responsable de la formation des calculs urinaires s’appelle la maladie lithiasique. La composition de ces calculs est mixte avec souvent une forte proportion de calcium.

Si la plupart s'éliminent d'eux-mêmes (90% des calculs sont aussi petits qu'un grain de sable) par les voies urinaires avec l'urine, les plus gros peuvent se coincer et provoquer notamment des coliques néphrétiques (l'urine a des difficultés à s'évacuer. Cela entraîne de fortes douleurs au bas du dos et de l'abdomen).

Les différents types de calculs urinaires 

Connaître la composition d’un calcul est essentiel : cela influence non seulement le traitement du calcul, mais également le risque de récidive et la prise en charge à long terme.

  • Les calculs oxalo-dépendants, liés à une sursaturation en oxalates, souvent provoquée par une alimentation déséquilibrée. Il est noir et ombiliqué et ressemble à une mûre.
  • Les calculs calcium-dépendant  ou calciques. Ces deux premiers types de calculs sont de loin les plus fréquents.
  • Les calculs d'acide urique : ils représentent 5 à 10% des calculs rénaux. Ils sont souvent en lien avec un diabète qui rend les urines trop acides ou une consommation importante de protéines.
  • Les calculs de struvite : liés aux infections par certains germes, ils représentent 10% des calculs environ.
  • Les calculs d'origine génétique : ce sont les plus rares.

Radiographie de la vessie laissant apparaître un large calcul en forme d'étoile opaque aux rayons X

Radiographie de la vessie laissant apparaître un large calcul en forme d'étoile opaque aux rayons X© Creative Commons

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Quelle est la fréquence de la lithiase urinaire ?

La pathologie lithiasique est fréquente, elle atteint 5 à 10% de la population, essentiellement entre 20 et 60 ans, avec un sex-ratio de 3 hommes pour 1 femme.

Sa prévalence annuelle a triplé en quarante ans. Après la découverte d’un premier calcul, les récidives sont fréquentes (plus de 60% à 10 ans). Son caractère récidivant et les complications qu’elle engendre, rendent nécessaires sa prévention et son traitement.

Quels sont les symptômes des calculs urinaires ?

La lithiase urinaire peut n'occasionner aucune gêne pendant des années et être découverte au cours d'un examen radiologique pour une autre pathologie. C'est lorsque les calculs se coincent dans les voies urinaires, qu'ils entraînent des symptômes. On retrouve alors la colique néphrétique, qui se caractérise par une douleur brutale, forte dans le dos, qui s'étend vers les organes génitaux et le bas du ventre.

Les calculs peuvent aussi entraîner des douleurs au niveau du flanc, des testicules, des brûlures pendant les mictions, du sang dans les urines.

La lithiase urinaire accroît également le risque d'infections urinaires avec des brûlures lors de la miction, des mictions plus fréquentes, une urine plus ou moins trouble, de la fièvre.

Quelles sont les causes des lithiases urinaires ?

Les calculs rénaux se forment lorsque de petits fragments de cristaux présents dans l'urine se déposent dans les voies urinaires, le rein, l'uretère, la vessie ou l'urètre.

Les cristaux (principalement de l'oxalate de calcium et parfois de l'acide urique, un déchet de la décomposition des protéines dans l'organisme, ou du phosphate de calcium) adhèrent entre eux et finissent par former des calculs. Ils sont plus susceptibles de se créer dans les climats chauds, pendant l'été ou lors d'un effort intense et prolongé, lorsque les personnes se déshydratent ou consomment trop peu de liquides. La concentration des minéraux dans leur urine augmente, à l’origine de la formation de petits cailloux.

  • la stagnation des urines provoquée par un obstacle (un adénome de la prostate) peut faciliter, au long cours, la formation de calculs ;
  • certaines personnes seraient également héréditairement prédisposées ;
  • des maladies métaboliques, causes d'élévation du calcium dans le sang ou dans les urines ou encore d'élévation de l'acide urique ;
  • les infections urinaires chroniques ou à répétition d'origine bactérienne ;
  • l'hypertension favoriserait leur formation ;
  • une alimentation trop riche en sels et en protéines sont évoqués.

Lithiase urinaire : quels sont les facteurs de risques ?

Plusieurs facteurs de risque sont maintenant clairement identifiés.

Les facteurs alimentaires :

Les risques sont élevés en fonction :

  • Des apports alimentaires :
    • de produits laitiers ;
    • de protéines animales ;
    • de sel (favorise l'hypercalciurie) ;
    • des aliments riches en oxalate (chocolat, fruits secs, épinards, oseille, rhubarbe, thé) ;
    • des abats, charcuterie ;
    • des sucres rapides (fructose).
  • De la diminution de la consommation de fibres alimentaires.
  • De la diurèse insuffisante par insuffisance des apports liquidiens.

Les facteurs familiaux :

Dans près de 40% des cas, c’est une question familiale.

La cystinurie est la maladie génétique la plus souvent rencontrée dans ce contexte.

L'infection urinaire :

Certains germes, comme Proteus mirabilis, Klebsielle et Pseudomonas possèdent une enzyme, appelée l'uréase, qui dégrade l'urée en une matrice protéique sur laquelle se précipitent les sels minéraux pour former des calculs phospho-ammoniaco-magnésiens.

Les anomalies anatomiques :

Certaines anomalies anatomiques des reins ou de la voie excrétrice favorisent la stase urinaire et donc la formation des calculs. Une fois le diagnostic posé, il faut donc traiter le calcul, et l’anomalie anatomique, si cela est possible, afin d’éviter les récidives.

Les calculs médicamenteux :

Les calculs médicamenteux sont peu fréquents puisqu’ils ne sont a priori présents que dans 1% des cas.

Leur constitution est en rapport avec deux phénomènes : soit un désordre métabolique généré par le médicament, soit par la cristallisation dans les urines des métabolites du principe actif.

Lithiase urinaire : qui sont les personnes à risque ?

Les personnes à risques de souffrir de lithiase urinaire sont :

  • les hommes qui ont déjà eu un ou plusieurs calculs rénaux et qui ont des antécédents familiaux ;
  • les personnes vivant dans des pays au climat chaud et sec ou qui travaillent dans des environnements très chauds en raison du risque plus élevé de déshydratation ;
  • les personnes souffrant d'obésité ;
  • les personnes qui ont des infections urinaires à répétition ;
  • les personnes atteintes d’une maladie inflammatoire de l’intestin.

Quelle est la durée d'une colique néphrétique ?

La crise de colique néphrétique s'étend d'une dizaine de minutes à quelques heures.

Lithiase urinaire : est-ce contagieux ?

La lithiase urinaire n'est pas contagieuse.

Lithiase urinaire : qui, quand consulter ?

En cas de symptômes de colique néphrétique, le médecin traitant examine son patient et confirme le diagnostic en demandant des examens complémentaires dont d’imagerie médicale.

Appelez les urgences si la crise de colique néphrétique s'accompagne de fièvre, de frissons et d'un mauvais état général, que vous n'urinez pas depuis 24 heures et que vous avez du sang dans les urines, que vous êtes enceinte

Lithiase urinaire : quelles sont les complications ?

Une personne sur deux qui a déjà eu un calcul en aura de nouveau dans les dix ans qui suivent. La prévention est donc une nécessité.

Un calcul peut être à l'origine d'un blocage complet de la voie urinaire. Il peut alors y avoir surinfection des urines dans le rein (pyélonéphrite) et, à un stade plus avancé, une septicémie par passage de bactéries dans la circulation sanguine. Le risque le plus important d'une lithiase urinaire est l 'insuffisance rénale définitive, nécessitant une dialyse ou la greffe d'un rein.

Diagnostic de la lithiase urinaire

Souvent, la lithiase rénale évolue silencieusement, sans aucun symptôme. C'est au cours d'un examen de l'abdomen pour une autre raison qu'ils sont découverts.

Bilan urinaire 

Dans la pathologie lithiasique, la bandelette urinaire réactive permet une détection rapide de sang dans les urines ou d’infection urinaire. Elle est réalisée de façon systématique par l’infirmière devant tout patient présentant une suspicion de colique néphrétique aiguë.

Les examens de laboratoire comprennent une mise en culture des urines, une mesure du pH urinaire, une évaluation de la fonction rénale par un dosage de la créatininémie.

Bilan sanguin 

Le seul examen biologique réalisé systématiquement aux urgences dans le cadre d’une colique néphrétique aiguë non compliquée est le dosage de la créatinine. Cependant, une NFS et un ionogramme sanguin sont très souvent réalisés.

Échographie 

Une échographie urinaire peut également être demandée. Elle permet d'affirmer la présence d'une lithiase, de préciser le nombre et la localisation des calculs, de juger de leur retentissement sur le rein et la voie urinaire, mais également d'orienter les traitements.

Scanner 

Le meilleur examen actuellement est le  scanner abdominal spiralé  sans injection de produit de contraste : il met en évidence la présence, le nombre, le siège et le retentissement du (ou des) calcul(s).

Quels sont les traitements des coliques néphrétiques ? 

C'est la colique néphrétique, en situation d'urgence, extrêmement douloureuse, qui doit être traitée en premier. Il faut prendre  :

  • des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) pour lutter contre l 'œdème réactionnel au passage du calcul dans l'uretère ;
  • traiter l’infection urinaire si elle a été détectée ;
  • prendre des antalgiques majeures  voire morphine pour traiter la douleur.

Les traitements médicaux et chirurgicaux dépendront du nombre, de la taille, de la localisation et de la nature des calculs.

Les soins incluent certaines mesures diététiques : un régime alimentaire pauvre en calcium, en protéines, en aliments riches en oxalate de calcium. Il est conseillé aussi de boire abondamment (en dehors des épisodes de colique néphrétique).

S'il s'agit de calculs uriques (après analyse biologique), ils peuvent être dissous soit par l'ingestion de bicarbonates en préparation pharmaceutique, soit en buvant une bouteille par jour de Vichy St Yorre®. Un calcul de 1 cm peut se dissoudre en un mois environ.

En fonction de leur localisation, le médecin proposera la fragmentation du ou des calculs. Une lithotritie extra-corporelle (LEC) par des ondes piézoélectriques peut alors être proposée. Le patient est placé sur une table avec un "canon" qui délivre des ondes de choc à travers la peau pour dissoudre le calcul.

Un drainage chirurgical en urgence soit par les voies naturelles, soit au travers de la peau par une incision, peut être indiqué si le rein s'infecte ou si sa fonction s'altère.

Certains calculs peuvent aussi être retirés ou détruits par endoscopie ou fibroscopie en remontant le long des voies naturelles.

Que faire en cas de calculs éliminés naturellement ?

Réponse du Dr Marc Fourmarier : si votre calcul peut être éliminé spontanément dans l'urine, il est recommandé de filtrer votre urine pour le recueillir. Ainsi, une analyse du calcul peut aider à définir les meilleures options de traitement et la prévention des récidives.

Comment prévenir les calculs urinaires ?

La meilleure des préventions pour les éviter :

  • Boire régulièrement et abondamment (jusqu'à 2 l. d'eau ou de liquides par jour) pendant les voyages en voiture et en avion (qui déshydratent beaucoup), et davantage en période estivale.
  • Si vous en avez déjà eu, suivre une alimentation adaptée :
    • pauvre en sels, en protéines, en calcium comme les viandes, la charcuterie, les produits laitiers, mais aussi certains aliments comme l'oseille, les épinards, les betteraves, le chocolat, les arachides qui contiennent beaucoup d'oxalates ;
    • consommer des aliments riches en vitamine A comme les abricots, le brocoli... qui aident au bon fonctionnement du système urinaire et préviennent la formation de calculs.

La reprise d'une activité physique est importante, car la sédentarité provoque une perte graduelle de la masse osseuse et la libération de calcium dans le sang.

La prise prolongée de fortes doses de suppléments en vitamine D peut causer des calculs rénaux. Il est conseillé de consulter un médecin avant d'y avoir recours.

Sites d’informations et associations

Association Française d'urologie

Union d'urologues