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L’égoïsme serait-il rangé dans un placard une fois la quarantaine passée ? C’est ce que semble démontrer une étude américaine, réalisée par des chercheurs de l’Université d’Oregon, aux Etats-Unis, et publiée dans le Journal of experimental psychologie. Les chercheurs ont étudié les tendances à l’altruisme au fil des âges et, pour ce faire, il a été demandé aux participants de faire acte de générosité.

100 dollars ont été offerts à 80 adultes ainsi qu’un choix décisif : voulaient-ils garder la somme pour eux, ou bien préféraient-ils la transmettre à une oeuvre caritative ? Les réponses et actes qui ont suivi ont permis aux spécialistes d’observer une donnée particulière. Après analyse du cerveau des participants et du résultat des tests de personnalité remplis, il a été constaté qu’après 45 ans, il était bien plus facile d’offrir son argent à des oeuvres de charité, par simple bonté d’âme, par pur altruisme.

Mais l’altruisme, qu’est-ce que cela signifie réellement et qu’est-ce qu’il implique ? Une main se tend-elle pour rendre simplement les autres heureux, ou bien par une sorte d’égoïsme refoulé, elle vise à améliorer l’image et la perception que se font les autres de soi ? « L’altruisme c’est un comportement qui consiste à voir le bien pour les autres, de façon désintéressée, qui s’oppose en tout point avec l’égoïsme. La bienveillance, c’est la disposition affective à accueillir l’autre, avec une volonté qui vise le bonheur d’autrui et de veiller sur l’autre », explique Sébastien Garnero, psychologue clinicien.

L’altruisme, un trait lié au système de récompense

Si le système cérébral de récompense est, en général et outre le sujet des addictions, lié à des actions utiles à la survie - comme le fait de manger, de boire quelque chose, d’avoir un rapport sexuel ou de dormir - d’autres récompenses existent et s’occupent également d’activer les mécanismes cérébraux du plaisir, sans toutefois contribuer à l’éveil de l’instinct de survie humain. On parle alors de récompenses « secondaires », et l’altruisme en ferait justement partie.

« Des études américaines ont montré que d’une façon générale, l’altruisme amenait une forme d’activation au niveau neural tout à fait significative, présentant un effet dopaminergique (Ndlr : l’effet de l’hormone du bonheur) sur ces activations neuronales », explique Sébastien Garnero.

L’humanisme, une psychologie caractéristique

La vocation altruiste s’invite donc dans le cerveau et dans la personnalité, comme un élément clé dans une société qui s’accorde sur certaines de ces convenances morales communes. « Dans ce facteur lié au vieillissement, on s’aperçoit que l’altruisme, c’est quand même ce qui caractérise l’humain. On fait fonctionner son néocortex et c’est toute la question de l’humanité. L’altruisme et la bienveillance, c’est ce qui a amené le fait d’avoir des processus de société organisée, de solidarité, d’aide à son prochain. Si on n’avait pas un minimum d’altruisme et de bienveillance, il n’y aurait pas tous ces dispositifs d’aide, d’éthique et d’équité », reprend le psychologue clinicien.

Et pour preuve, l’humanité se fonde sur trois schémas cérébraux principaux, selon les connaissances prêtées à la psychologie : «Il y a le cerveau reptilien, qui s’occupe de la survie ; le mammifère inférieur, qui se préoccupe des besoins vitaux et le néocortex, qui concerne l’humanité, ce qui nous caractérise. Toutefois, tout le monde n’est pas humaniste, ni bienveillant, ni altruisme. Il y a des personnalités qui ne le sont pas et pourtant ce sont des humains. On appelle cela des personnalités pathologiques ».

Une envie de transmission grandissante

Au cours de la seconde moitié du XXe siècle, Erik Erikson, un psychanalyste et psychologue de nationalité germano-américaine a mis au jour sa théorie, qui deviendra par la suite l’une des véritables pierres de fondation du développement de la psychologie humaine. Erik Erikson a étudié et mis en place les différents stades de ce qu’il a nommé le développement psychosocial et, à travers ces étapes se trouve notamment le concept de générativité. « C’est une forme de sollicitude qui fait que l’on a le souci de la génération et de la transmission qui va avec. Cela se passe en général durant l’âge médian, après 40 ans, et l’idée est d’apporter une contribution à la société pour aider les futures générations », explique Sébastien Garnero.

« On peut dire que l’effet de l’âge amène plus d’expérience et de connaissances sur soi et sur les autres, qui font qu’au-delà de se centrer sur soi-même, on va projeter aussi sur les autres ce que l’on sait et c’est tout l’effet de la transmission qui l’accompagne. On a envie de transmettre avec l’âge, et notamment à l’âge un peu charnière, la mi-vie, qui correspond à ce moment, qui est parfois une crise existentielle mais qui amène aussi ses effets, comme l’envie de transmettre, de communiquer, d’enseigner, de pouvoir laisser quelque chose ou donner quelque chose pour les autres », conclut le spécialiste.

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