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Une étude publiée le 9 mars dans la revue The Lancet suggérait que les patients atteints du Covid-19 continuaient à être contagieux plusieurs jours après leur guérison. Plus encore, le virus pouvait même être détectable jusqu’au décès du patient, comme nous le détaillons dans les pages suivantes. Une nouvelle étude, publiée dans Annals of Internal Medicine, révèle que le coronavirus continue à être présent dans plusieurs organes au moins 5 jours après la mort.

L’ARN du virus identifié dans les organes de patients décédés

Des médecins légistes et anatomo-pathologistes du service de médecine légale du centre médical universitaire de Hambourg-Eppendorf (Allemagne) ont réalisé 12 autopsies, sur des victimes du coronavirus dont l’âge médian était de 73 ans. Les trois quarts de ces patients étaient des hommes, et dix d’entre eux sont décédés à l’hôpital. Malgré l’échantillon relativement petit, il s’agit de la première analyse aussi complète de la persistance post-mortem du virus SARS-CoV-2.

Des caillots sanguins à l’origine de la plupart des décès

Pour chacune des 12 autopsies, les médecins ont pratiqué un scanner associé à une analyse histologique des tissus de différents organes. Ils ont également procédé à une évaluation de leur charge virale grâce à des tests PCR.

Leurs travaux ont, d’une part, permis d’identifier la cause du décès chez ces patients, largement due à la présence de caillots sanguins au niveau des poumons. Une thrombose veineuse profonde a été mise en évidence chez 7 d’entre eux. Pour 4 patients l’embolie pulmonaire était la cause directe de la mort.

La contagiosité des patients décédés du Covid-19 n’est pas prouvée

L’ARN du virus a également été retrouvé à des concentrations élevées dans les poumons de tous les patients… Mais pas seulement.

En effet, les scientifiques ont trouvé des traces du virus au niveau du pharynx de neuf patients, mais aussi dans le foie, le cœur et les reins d’environ la moitié des sujets. Chez un patient sur quatre, de l’ARN viral a été identifié au niveau du cerveau et de la saphène interne, une veine située dans la jambe.

Cette étude atteste donc de la présence virale post-mortem du Covid-19. En revanche, elle ne prouve pas que les patients continuent à être contagieux même après leur mort. La virémie reste modérée, avec des concentrations inférieures à 4 × 104 copies/ml ; le risque infectieux semble donc limité.

1/3 des patients sont contagieux jusqu’à 4 semaines après les premiers symptômes

1/3 des patients sont contagieux jusqu’à 4 semaines après les premiers symptômes

Le SARS-CoV-2 serait-il (très) contagieux ? D’après une étude publiée par la revue scientifique médicale “The Lancet”, oui. Mais il convient de rester prudent face à ces résultats, pour le moins étonnants.

Cette enquête se base sur les 191 premiers malades infectés au coronavirus, en décembre 2019 et janvier 2020, dans deux hôpitaux de Wuhan, en Chine. Les chercheurs ont pu les suivre jusqu’à leur guérison (ou leur décès).

Parmi eux, 54 sont morts des suites de leur contamination. Or, ces patients étaient tous contagieux jusqu'à leur décès.

L'excrétion virale peut atteindre 37 jours !

Les chercheurs ont mis en avant le fait que la durée médiane de l'excrétion virale (c’est-à-dire le rejet du virus qui rend encore contagieux après guérison, ndlr) était de 20 jours chez les survivants (8 jours dans le meilleur des cas).

La durée la plus longue observée de l'excrétion virale chez les survivants était de 37 jours. 1/3 tiers des 191 patients étaient concernés par cette durée de contagiosité particulièrement longue. Ces éléments ont été confirmés par une autre étude sino-américaine par la suite.

Par ailleurs, dans certains cas, le SRAS-CoV-2 était détectable jusqu'au décès d'un patient, comme pour cette femme italienne.

Certains facteurs de risque pouvaient également augmenter la durée de contagiosité d'un malade. Il s'agissait des personnes :

  • ayant un âge avancé ;
  • ayant un score SOFA élevé, d'un d-dimère supérieur à 1 µg/L (ce score est utilisé en soins intensifs pour déterminer et suivre l'état d'un patient en défaillance d'organe, ndlr).

Notons également que les traitements administrés aux patients (en l'absence de traitement spécifique au coronavirus) ne diminuaient en rien cette durée médiane d'excrétion du virus. Parmi les cas étudiés, 29 malades ont été traités avec un antirétroviral utilisé pour le VIH.

Pour ces patients, la durée médiane de l'excrétion virale était de 22 jours après l'apparition des symptômes.

Contagiosité du virus : on manque encore de recul

Malgré ces pistes indiquant une durée de contagiosité particulièrement longue du virus, les chercheurs se veulent prudents.

"Notre étude a certaines limites. Premièrement, en raison de la conception d'étude rétrospective, tous les tests de laboratoire n'ont pas été fait chez tous les patients. Par conséquent, leur rôle pourrait être sous-estimé dans la prédiction des décès à l'hôpital. Ensuite, les patients ont été parfois transférés tard dans les hôpitaux, ce qui pourrait avoir contribué aux mauvais résultats cliniques chez certains patients. Par ailleurs, la durée estimée de l'excrétion virale est limitée par la fréquence de collecte des échantillons respiratoires, et le taux de létalité dans notre étude ne reflète pas la véritable mortalité du COVID-19. Enfin, l'interprétation de nos constatations pourrait être limitée par la taille de l'échantillon", soulignent les scientifiques.

Par ailleurs, la population étudiée est représentative des cas diagnostiqués et
traités à Wuhan. Il faudra donc attendre encore avant de connaître la véritable durée de contagion du virus.

Une contamination interhumaine “indirecte”

Une contamination interhumaine “indirecte”

La contamination entre les humains, dite “interhumaine”, se fait par l’intermédiaire des gouttelettes de salives expulsées dans la respiration lors de la toux et des éternuements (mais aussi des baisers), sans être pour autant le principal mode de contamination.

D'après les autorités, la majorité de ces contaminations se feraient par l’intermédiaire d’objets du quotidien contaminés, comme les poignées de porte, boutons d’ascenseur… et les objets partagés (couverts, brosses à dents…).

C’est ce qui justifie toutes les mesures de prévention actuelles (isolement des malades, port de masque par les personnes infectées, lavage régulier des mains, désinfections des objets…), qui marchent dans les pays où elles sont correctement appliquées, comme en Corée du Sud ou en Chine, qui voient leur nombre de nouvelles contaminations baisser.

> De plus en plus de femmes renoncent à la chirurgie esthétique et utilisent cette pilule à la place.

Sources

Autopsy Findings and Venous Thromboembolism in Patients With COVID-19: A Prospective Cohort Study, Annals of Internal Medicine, 6 mai 2020. 

Coronavirus : des patients contagieux encore plusieurs jours après leur guérison, L'Express, 11 mars 2020.

Clinical course and risk factors for mortality of adult inpatients with COVID-19 in Wuhan, China: a retrospective cohort study, The Lancet, 9 mars 2020.

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