Le virus du Zika, la grippe tropicale (dengue) ou encore la malaria (paludisme) sont trois maladies qui ont un point commun : le moustique ! Et plus précisément, la piqûre du moustique du genre Aedes pour les deux premières et celle du genre Plasmodium pour la dernière. Mais pourquoi ces moustiques aiment particulièrement le sang des êtres humains ? Des scientifiques de l’Université de Princeton aux Etats-Unis ont mené l’enquête et répondent à la question !

Piqûre de moustiques : leur cerveau est capable d’encoder l’odeur des humains

Les moustiques ont des stratégies de ciblage très efficaces, à tel point que c’est l’animal qui tue le plus les humains au monde, avec en moyenne 750 000 décès liés à une piqûre de moustique chaque année. Si la guerre contre eux est loin d’être gagnée, des chercheurs ont fait une découverte qui pourrait être prometteuse.

“Nous avons cherché à comprendre comment ces moustiques distinguent les odeurs humaines et animales à la fois en ce qui concerne l’odeur humaine qu’ils repèrent et la partie de leur cerveau qui leur permet de détecter ces signaux”, explique l’experte Carolyn (Lindy) McBride, professeure adjointe d’écologie, de biologie évolutive et de neurosciences, dans l’étude publiée dans la revue Nature.

Après plusieurs années de recherches, la scientifique et son équipe ont trouvé les deux réponses à cette question. “Nous avons en quelque sorte plongé dans le cerveau du moustique pour demander : ‘Que pouvez-vous sentir Qu’est-ce qui active vos neurones ? Et comment votre cerveau est-il différemment activé lorsque vous sentez une odeur humaine par rapport à une odeur animale ?’”, détaille la chercheuse. Ils ont alors utilisé une nouvelle approche pour comprendre comment le moustique identifie sa prochaine victime à l’aide de l’imagerie de leur cerveau à très haute résolution. Mais pas si simple pour l’équipe de scientifiques, puisqu’ils ont d’abord dû concevoir génétiquement des moustiques dont le cerveau s’illuminait lorsqu’il était actif. Les expériences ont ensuite été menées en propulsant de l’air “à saveur humaine et animale”, afin d’analyser comment le moustique détectait ces deux odeurs.

Si les être humains possèdent tous des odeurs corporelles différentes, certains composés ne sont présents uniquement chez notre espèce. Ainsi, le cerveau du moustique s’est adapté au fil de l’évolution pour identifier et les encoder de façon à les reconnaître rapidement.

Moustiques : élaborer des pièges olfactifs pour tromper leur cerveau

Quand j’ai vu l’activité cérébrale pour la première fois, je ne pouvais pas y croire - seulement deux glomérules étaient impliqués”, a déclaré l’un des chercheurs. “Cela contredisait tout ce que nous attendions, alors j’ai répété l’expérience plusieurs fois, avec plus d’humains, plus d’animaux. Je ne pouvais tout simplement pas y croire. C’est si simple.”

Au départ, les scientifiques pensaient qu’un très grand nombre de glomérules (centres nerveux du cerveau) étaient impliqués dans ce processus, mais uniquement 2 sur 60 le sont. Le premier réagi à de nombreuses odeurs dont celle des humains, tandis que l'autre ne réagit qu’à l’odeur humaine. Ainsi, les moustiques peuvent facilement se concentrer sur leur cible. Ils ont constaté qu’ils détectaient deux produits chimiques enrichis dans l’odeur humaine : le décanal et l’undécanal.

Grâce à ces informations, ils ont breveté un mélange composé de décanal qui pourrait permettre de créer des appâts attirant les moustiques vers des pièges mortels, ou encore des répulsifs pour stopper les signaux de reconnaissance émis dans leur cerveau.

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Sources

https://www.nature.com/articles/s41586-022-04675-4 

https://www.princeton.edu/news/2022/05/04/how-mosquito-brains-encode-human-odor-so-they-can-seek-us-out 

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