Nez bouché : 5 décongestionnants déconseillés par Que Choisir

Publié par Edouard Korvaul
le 26/10/2026
femme qui utilise un décongestionnant nasal
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Photo d'illustration
Face aux risques cardiovasculaires, l'association Que Choisir-Ensemble (anciennement UFC-Que Choisir) recommande d'éliminer ces cinq décongestionnants de vos armoires à pharmacie. Lesquels et pourquoi ? On vous dit tout.
 

Le rhume banal guérit spontanément en une dizaine de jours sans nécessiter de traitement médical lourd. Pourtant, le réflexe d'acheter des comprimés ou des sprays pour déboucher le nez reste très ancré dans les habitudes des Français. Les autorités sanitaires et les associations de consommateurs rappellent régulièrement les dangers de cette surmédication face à des symptômes temporaires. Dans un article publié ce 22 octobre 2026, l'association de consommateurs Que Choisir pointe 5 produits qui posent problème.

Les 5 décongestionnants dans le viseur de l'UFC-Que Choisir

Dans son enquête, Que Choisir alerte sur l'inefficacité prouvée et la dangerosité de plusieurs spécialités contre le rhume. Les molécules à base de pseudoéphédrine, déjà retirées de la vente libre fin 2024, subissent un arrêt progressif de commercialisation en France en raison des données accumulées sur leurs risques cardiovasculaires. Mais ces produits peuvent encore se trouver dans les armoires à pharmacie.

L'association invite donc à la prudence concernant les boîtes conservées au domicile des particuliers. Même si la date de péremption reste valide, ne prenez aucun comprimé restant dans vos placards, car le profil de sécurité de ces produits demeure défavorable. De plus, ajoute l’article de Que Choisir, “d’autres décongestionnants restent sur marché, sur ordonnance. Ils ont les mêmes inconvénients que la pseudoéphédrine, mieux vaut donc s’en passer.”

Cinq spécialités sous le coup d'une mise en garde

L'enquête identifie précisément cinq produits qui peuvent avoir des effets indésirables potentiellement graves :

  • Actifed rhume jour et nuit associe un vasoconstricteur, du paracétamol et de la diphénhydramine, un antihistaminique à fort pouvoir sédatif.
  • Humex rhume combine pseudoéphédrine et chlorphénamine, cumulant des atteintes cardiovasculaires et des effets atropiniques indésirables comme la sécheresse buccale.
  • Rhinofluimucil rassemble un vasoconstricteur local, de l'acétylcystéine et du chlorure de benzalkonium, un antiseptique irritant pour les muqueuses.
  • Aturgyl, bien que soumis à une ordonnance, diffuse de l'oxymétazoline et expose aux mêmes accidents systémiques que les comprimés oraux.
  • Dérinox associe la naphazoline à un corticoïde local, la prednisolone, et présente une toxicité neurologique et cardiaque documentée.

Pourquoi ces formules présentent-elles un risque disproportionné ?

Le mode d'action de ces substances repose sur la vasoconstriction, un rétrécissement des vaisseaux sanguins destiné à réduire le gonflement de la muqueuse nasale. Ce mécanisme ne se limite pas au nez : il resserre l'ensemble des artères de l'organisme, ce qui augmente de facto la survenue d'infarctus du myocarde et d'AVC.

L'ajout d'antihistaminiques dans ces formules n'apporte aucun bénéfice démontré sur un virus classique. Selon une revue systématique de la collaboration Cochrane dirigée par le Dr An De Sutter, ces molécules n'ont aucune utilité clinique après quarante-huit heures d'infection, tout en provoquant une somnolence diurne dangereuse au volant.

Un autre réflexe consiste à utiliser des anti-inflammatoires non stéroïdiens comme l'ibuprofène. Les données de pharmacovigilance de l'ANSM ont pourtant recensé 162 cas d'infections bactériennes graves masquées par ces molécules entre 2019 et 2023.

Nez bouché : quelles sont les solutions ?

Pour nettoyer et déboucher le nez sans danger, le lavage au sérum physiologique ou au spray d'eau de mer isotonique est la seule piste recommandée. Cette méthode évacue mécaniquement le mucus et les agents pathogènes sans agresser la paroi nasale.

Pour une irrigation optimale, penchez la tête sur le côté au-dessus d'un lavabo, insérez l'embout dans la narine supérieure puis laissez couler le liquide par la narine opposée avant de vous moucher avec douceur, une narine après l'autre.

L'Assurance Maladie conseille également de boire beaucoup d'eau, de conserver une chambre à coucher tempérée entre 18 °C et 20 °C et de surélever la tête de lit pendant la nuit pour améliorer le flux respiratoire.

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